Mercredi, 20 mai 2026
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    La Chine sur nos routes

    Entre bouleversements de l’industrie automobile, arrivée annoncée des véhicules chinois sur nos routes et montée constante du marché électrique, le monde de l’auto traverse une importante période de transition. Dans cette chronique, on s’intéresse autant aux grands enjeux économiques qu’aux nouveaux modèles qui attireront bientôt le regard des automobilistes québécois·es.

    L’usine de Brampton, en Ontario, pourrait accueillir l’assemblage de véhicules chinois, donnant ainsi du travail aux 3 000 employé·es en chômage technique. L’usine devait construire le Jeep Compass, mais les tarifs douaniers imposés par l’administration Trump ont forcé l’abandon du projet. L’usine, propriété de la marque italo-américaine Stellantis, serait en pourparlers avec le constructeur chinois Leapmotor pour l’assemblage de deux utilitaires, les C10 et B10, qui proposent des variantes électriques. Une bonne nouvelle suivie, quelques jours plus tard, d’une mauvaise : Honda met sur la glace trois projets d’usines en Ontario, dont une devant construire des batteries.

    Avec l’arrivée de 49 000 véhicules chinois par an sur notre territoire, il faudra s’habituer aux noms des marques chinoises BYD, MG Motor (groupe SAIC), Geely, XPeng, NIO, Chery, Lynk & Co, qui circuleront sur nos routes comme c’est déjà le cas en Europe.

    L’année dernière, en France, j’ai roulé au volant d’un VUS pleine grandeur de MG Motor. La petite berline réservée n’étant plus disponible à mon arrivée, le loueur m’a proposé le MG pour le même prix. Le VUS était full équipé et, autant son comportement sur route que la qualité des matériaux utilisés, n’avaient rien à envier à des marques plus luxueuses.

    Une Tesla d’entrée de gamme
    Une des premières voitures chinoises à faire son entrée sur le marché canadien n’est autre qu’une Tesla, le modèle 3, qui sera vendue sous la barre des 40 000 $. Bien évidemment, comme elle n’est pas produite dans un pays avec lequel le Canada a une entente de libre-échange, elle ne peut bénéficier de la subvention fédérale de 5 000 $, uniquement de celle de 2 000 $.

    Lotus : premier VUS électrique
    Autre véhicule marquant et emblème du savoir-faire à la chinoise : le Lotus Eletre, un VUS
    entièrement électrique. La marque Lotus était associée aux petites voitures sportives anglaises. Elle est passée sous le contrôle du groupe chinois Geely (qui détient aussi Volvo et Polestar). Avec le Lotus Eletre, la compagnie chinoise espère sortir de l’ombre une marque qui a connu des jours meilleurs. Qui connaît le coupé sportif Emira, pourtant distribué ici, et dont la conduite et les qualités s’apparentent sans rougir à celles d’une Porsche Cayman 718 ?

    Avec le Eletre, Lotus devient une vitrine de la technologie chinoise et pourra se retrouver au Canada grâce aux nouveaux accords passés entre la Chine et le Canada. Le design très réussi du Eletre se démarque de la concurrence par l’harmonie de ses lignes, ni trop ostentatoires ni trop banales. En fait, cet utilitaire se donne un petit air aristocratique discret. Il est vrai que Lotus cherche à compétitionner avec des marques plus luxueuses tout en affichant un prix raisonnable. Il faut toutefois débourser entre 119 000 $ et 139 000 $ pour afficher sa différence. On peut dès aujourd’hui passer commande, en sachant que les premiers modèles seront disponibles sur le territoire dès septembre prochain.

    Équipé de deux batteries développant 603 chevaux, le Eletre peut s’avérer fougueux sur route et, au volant, on peut choisir trois modes de conduite, dont le mode sport. Bien évidemment, la direction et la suspension sont plus sèches, mais les sièges, eux aussi, se raffermissent pour mieux vous envelopper. La planche de bord est un modèle du genre et, comme c’est aujourd’hui la tendance, les boutons disparaissent, le grand écran central regroupant les fonctions habituelles. Petit bémol pour ce petit joyau : l’autonomie n’est pas extraordinaire puisqu’on atteint 400 km, ce qui demeure décevant pour un véhicule de ce prix.

    Ne pas se décourager
    Les temps sont durs pour les automobilistes québécois·es. Entre l’état des routes et des rues, la multiplication des chantiers et le prix de l’essence qui ne cesse d’augmenter, on réfléchit à deux fois aujourd’hui avant de prendre son auto. Sauf pour celles et ceux qui en ont absolument besoin pour se rendre quotidiennement sur leur lieu de travail. Mais l’espoir est encore permis, entre autres que le détroit d’Ormuz soit enfin rouvert et que le prix du carburant baisse à la pompe. Quant à l’état des routes et au nombre de chantiers, c’est vers les élu·es qu’il faut se tourner.

    La vente des véhicules électriques a augmenté au Canada. Il a suffi d’un retour des subventions pour que les ventes soient au rendez-vous. On a constaté, en février dernier, une hausse de 47 % des ventes comparativement à février 2025. Les inquiétudes autour du prix de l’essence risquent d’amener une nouvelle clientèle vers le tout électrique.

    La plupart des marques multiplient les déclinaisons de leur gamme en véhicules zéro émission. Le choix est donc grand et peut satisfaire tous les goûts et toutes les bourses. Cependant, au Canada, GM est le grand vainqueur puisque 1 véhicule électrique vendu sur 5 provient des usines du géant américain.

    Appel …
    Et vous, chèr·es lecteurices de Fugues, seriez-vous tenté·es par l’achat d’un véhicule électrique pour remplacer votre véhicule actuel ? Si oui, vers quelle marque et quel modèle pencherait votre cœur ?

    Et si non, pourquoi ? Nous sommes curieux de connaître votre opinion, vos choix et vos impressions. Et de les publier sur le site de Fugues. Écrivez-moi en indiquant dans le sujet «Au volant».

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