Mercredi, 20 mai 2026
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    Lulu Shade et l’importance de soutenir la relève drag

    Le concours MX Mado approche de sa grande finale, prévue le 3 juin prochain au Cabaret Mado. Anciennement connu sous le nom de Miss Mado, ce concours revisité au goût du jour continue de mettre en lumière une nouvelle génération d’artistes drag. Pour plusieurs, il représente bien plus qu’une simple compétition : il devient un véritable tremplin artistique et communautaire. À seulement 28 ans, Lulu Shade fait déjà figure de modèle pour cette relève. Après huit années passées dans le milieu, plusieurs productions à son actif et la création de sa propre « famille drag », l’artiste connaît bien l’importance de ces espaces qui permettent aux jeunes talents de se développer.

    Le célèbre cabaret du Village célébrait en mai ses 24 ans d’existence, une longévité qui impressionne encore Lulu Shade. « C’est un exploit de voir ça, et c’est surtout un cabaret ouvert à tout le monde, commente-t-elle. Mado est quelqu’un d’important. Les drags du Mado sont des personnages marquants qui ont ouvert la voie, un peu comme Guilda auparavant, qui avait elle aussi pavé le chemin pour les générations suivantes. » Pour l’artiste, l’importance du cabaret dépasse largement le simple spectacle. « Cet établissement est essentiel pour la communauté et pour les drags. On découvre toujours des surprises au Mado. Il y a aussi toute l’ambiance, le décor. C’est un endroit très touristique, reconnu à
    l’international, et j’espère sincèrement que ça pourra continuer encore très longtemps. »

    MX Mado
    Le concours MX Mado fonctionne sur un principe d’éliminations inspiré d’émissions comme RuPaul’s Drag Race. Les participantes et participants doivent relever différentes épreuves : performances, couture, maquillage, costumes et créations thématiques. « C’est très intéressant parce que ça crée des liens, peu importe qu’on gagne ou non, explique Lulu Shade. Ça donne confiance en soi et ça encourage les jeunes artistes. » Selon elle, ces concours permettent également de mieux faire connaître la diversité actuelle de la scène drag.

    « Je n’aurais jamais pensé qu’il existait autant de styles différents : les drag kings, les clowns, les créatures… Souvent, ce sont des artistes débutants, mais ça leur donne l’occasion de se faire connaître auprès du public. Ensuite, ça devient plus facile d’obtenir des contrats. »

    Lulu Shade connaît bien cette réalité puisqu’elle a elle-même participé à plusieurs compétitions avant de lancer ses propres productions. L’an dernier, elle animait d’ailleurs un concours de relève dans le cadre du Tracy Show afin d’encourager les jeunes artistes à développer leur identité artistique. « Le but était de leur demander : pourquoi devrais-tu être là? Quel est ton style? Qu’est-ce qui te distingue? Ça leur permet de découvrir leurs forces. J’aime beaucoup animer ce genre de concours. »

    Le phénomène RuPaul’s Drag Race
    L’influence des émissions comme RuPaul’s Drag Race ou Canada’s Drag Race demeure importante auprès de cette nouvelle génération d’artistes drag. « Les Drag Race ont permis au grand public de comprendre que la drag est un véritable métier artistique, explique Lulu Shade. Ça m’a encouragée moi-même à faire de la drag. Beaucoup de jeunes participent aujourd’hui à des concours parce qu’ils ont découvert cet univers grâce à ces émissions. » Mais pour Lulu Shade, les compétitions locales demeurent essentielles puisqu’elles favorisent un véritable esprit de communauté. « Les concours encouragent les gens à continuer parce qu’on échange des conseils, des idées de maquillage ou de costumes. Plusieurs drags s’encouragent entre elles. Pour les plus jeunes, c’est un peu comme Drag Race, mais en version locale. » Même sans avoir remporté les concours auxquels elle a participé à ses débuts, l’artiste estime que ces expériences ont été déterminantes. « Je n’ai jamais gagné, mais je suis restée dans le métier. Aujourd’hui, j’ai mes propres productions et ma propre famille drag. »

    Sa « famille drag »
    Cette « famille drag » réunit notamment Lady MonRose, Sarah Winters, Diva On A Dime, Woody Fungi, Drag Monkey, Natachatte et Iserina. D’origine égyptienne et québécoise, Lulu Shade explique que son intérêt pour la drag provient d’abord du cosplay et de la culture populaire. « J’allais dans les Comiccon et les Otakuthon. J’aimais les costumes, les accessoires, les personnages de jeux vidéo, de Disney et de bandes dessinées. Puis j’ai vu des personnes faire de la drag, et ça m’a donné envie d’essayer moi aussi. » Au fil des années, son art s’est professionnalisé. « Maintenant, je produis mes propres spectacles et l’approche des gens est différente. Ça facilite l’obtention de contrats. Même mes parents ont fini par comprendre que c’était un vrai métier et que je pouvais gagner ma vie avec ça. »

    Une saison estivale bien remplie
    Le calendrier estival s’annonce chargé pour Lulu Shade, qui multipliera les spectacles au Cabaret Mado et ailleurs à Montréal. Elle participera notamment au spectacle 100 % Drag, présenté dans le cadre de Fierté Montréal en août prochain. À travers son parcours, Lulu Shade rappelle surtout l’importance de soutenir les artistes émergents et les lieux qui leur permettent d’exister. Derrière les paillettes et les performances, la scène drag montréalaise continue avant tout de se construire grâce au partage, à la transmission et à la solidarité entre les générations.

    INFOS | MX Mado, les 20, 27 mai et 3 juin (pour la finale).
    Cabaret Mado 1115, rue Sainte-Catherine Est, Montréal. T. 514 525-7566 www.mado.qc.ca

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