Mardi, 21 septembre 2021
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    Le Bolchoï s’attaque à Orlando de Virginia Woolf, hymne à la fluidité de genre

    Le théâtre russe du Bolchoï a présenté mercredi soir le nouveau ballet «Orlando» basé sur le roman éponyme de Virginia Woolf, dont le héros se transforme en femme, quatre ans après la controverse qui avait entouré le ballet «Noureev» de Kirill Serebrennikov.

    Dans cette première mondiale, mise en scène par le chorégraphe allemand Christian Spuck, le jeune homme Orlando est dansé par une femme, donnant lieu à un pas de deux amoureux entre deux danseuses. La reine Elizabeth I est, elle, dansée par un homme, des choix audacieux pour le Bolchoï, réputé conservateur.

    Avant que les questions de genre n’arrivent sur le devant de la scène, Virginia Woolf a publié en 1928 un roman fantastique sur la fluidité des identités: d’abord poète à l’époque élisabéthaine, le noble Orlando se métamorphose en femme, traverse les époques et atterrit dans les années 1920.

    L’œuvre, que Woolf à dédiée à son amante Vita Sackville-West, a été interprétée comme une rébellion contre les rôles sociaux assignés aux femmes et aux hommes, montrant les frontières floues entre masculin et féminin.

    «Cette personne change de sexe et continue d’être la même personne. C’est une belle pensée de Virginia Woolf: cela n’a pas d’importance quel sexe l’on a, si l’on est homme ou femme, la seule chose qui compte est la personnalité», a déclaré lors d’une conférence de presse mardi Christian Spuck, directeur du ballet de Zürich.

    Interrogé par les journalistes russes et étrangers sur la mise en scène de cette oeuvre pionnière dans une société russe conservatrice, il a répliqué: «Ni le livre ni le ballet ne sont politiques». «Je n’ai eu aucune difficulté ici au Bolchoï, mais c’est aussi parce qu’Orlando n’a rien à voir avec l’homosexualité ou le changement de genre», a-t-il précisé, «cela ne veut rien dire d’autre que les hommes et les femmes sont absolument égaux et que cette égalité est parfois mise à mal par la société».

    Doté d’une mise en scène minimaliste et contemporaine, le ballet est accompagné de musiques de Philipp Glass, Edward Elgar, Lera Auerbach et Eleha Kats-Chernin.

    En 2017, au Bolchoï, le ballet Noureev mis en scène par Kirill Serebrennikov avait été pris dans une controverse sur des danseurs nus et l’évocation de l’homosexualité du danseur étoile soviétique Roudolf Noureev, retardant la première de six mois.

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