Vendredi, 3 Décembre 2021
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    Kast l’ultra-conservateur face à Boric le millénial de gauche aux élections présidentielles du Chili

    Le candidat de l’extrême droite, José Antonio Kast, et celui de la gauche, Gabriel Boric, qui disputeront le deuxième tour de l’élection présidentielle au Chili en décembre, représentent deux modèles politiques aux antipodes. Et deux positions opposées face au mariage gai. 

    Selon des résultats quasi-définitifs (95,58% des bulletins), José Antonio Kast, ex-député et avocat de 55 ans, obtient 27,95% des voix, devant Gabriel Boric (photo), ancien leader étudiant et député de 35 ans, qui recueille 25,71 % des suffrages.

    José Antonio Kast, l’héritage de la dictature 
    José Antonio Kast, avocat de 55 ans, a refusé durant la campagne d’être catalogué d’extrême droite, malgré ses sympathies affichées pour le président brésilien Jair Bolsonaro, l’ex-président américain Donald Trump et le parti espagnol Vox. Il ne cache pas non plus son admiration pour la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990). Militant pendant 20 ans au sein du parti ultra-conservateur de l’Union démocratique indépendante (UDI) dont il fut député, il a créé en 2019 le Parti républicain sous l’étendard duquel il se présente pour la seconde fois à la présidentielle.

    En 2017, il était arrivé en quatrième position, avec 7,93% des suffrages. Marié et père de neuf enfants, il est un membre actif de Schoenstatt, un mouvement catholique conservateur. Sa famille d’immigrants allemands installée depuis 1951 dans la localité de Paine, dans la banlieue de Santiago, a fait fortune dans la production de saucisses et une chaîne de restaurants. Son programme économique ultra-libéral propose de réduire les dépenses publiques, diminuer les impôts et de supprimer plusieurs ministères, dont celui de la condition féminine.

    Il était le seul des sept candidats en lice au premier tour à souhaiter conserver le régime des retraites privées par capitalisation, très critiqué pendant la contestation de 2019. Il appelle également à la construction de «tranchées» aux frontières pour empêcher l’entrée d’immigrants illégaux et la suppression de l’Institut national des droits humains. «Kast représente les plus récalcitrants de la droite chilienne, qui continue (…) à être un noyau dur du pinochetisme, de l’autoritarisme et de la xénophobie», explique Claudia Heiss, professeure en sciences politiques à l’Université du Chili.

    Mais, à la différence de la droite chilienne traditionnelle, il surfe sur «la tendance du populisme de droite international» et «se nourrit de Bolsonaro, de Trump, il danse sur Tiktok et fait des choses ridicules que ses prédécesseurs n’auraient pas faites pour séduire un segment populaire qui veut de l’ordre», ajoute l’universitaire. L’ex-député défend la famille traditionnelle et rejette le mariage homosexuel ainsi que l’avortement.

    Gabriel Boric, le millénial de la nouvelle gauche 
    Député de 35 ans, Gabriel Boric a tout juste l’âge légal pour concourir à la présidence de son pays. L’ancien dirigeant de la Fédération des étudiants de l’Université du Chili, originaire de Punta Arenas, dans l’extrême sud du pays, aspire depuis les bancs de l’université à faire de son pays un «État-providence». En 2011, il avait pris la tête des manifestations lycéennes et étudiantes pour une «éducation gratuite» dans un des pays où la majorité de l’enseignement relève du secteur privé.

    A la tête de la coalition «Apruebo Dignidad», qui réunit le Frente Amplio (front large) et le Parti communiste, il répète la même critique élaborée dans les amphithéâtres de la faculté : la démocratie dans laquelle il a grandi a perpétué le modèle économique ultra-libéral établi sous la dictature. Avec pour conséquence, martèle-t-il, un pays extrêmement inégalitaire et une classe moyenne étranglée par les dettes pour payer les frais d’éducation, de santé et le système de retraite privé.

    En 2019, il a soutenu les manifestations pour plus de justice sociale et joué un rôle, en tant que député, dans la signature de l’accord historique au Parlement pour l’organisation d’un référendum sur un changement de Constitution, finalement plébiscité par 79% des Chiliens. Le jeune homme a abandonné son style d’étudiant en révolte, cheveux longs en bataille, pour une image plus consensuelle. Il n’a pas pour autant adopté la cravate et ne cache pas ses tatouages. Ses détracteurs reprochent au jeune député son inexpérience et sa proximité avec les communistes.

    S’il devient président, il entend asseoir les bases «de quelque chose qui, en Europe, paraît assez évident : garantir un État-providence afin que chacun ait les mêmes droits, quel que soit l’argent qu’il a dans son portefeuille». Gabriel Boric est célibataire. Il défend le mariage homosexuel et l’avortement.

    Rédaction avec AFP

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