Samedi, 18 avril 2026
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    Entre politique et désir

    Un partisan gai de Donald Trump fait présentement réagir les réseaux sociaux après s’être plaint publiquement de ne pas réussir à trouver de partenaires sexuels — au point d’évoquer une poursuite collective. Une sortie qui a suscité une vague de moqueries en ligne, plusieurs internautes dénonçant un « manque total de conscience de soi ».

    Depuis son assermentation à titre de 47e président des États-Unis, Donald Trump a multiplié les décrets et prises de position jugés hostiles aux droits LGBTQ+. Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que certains hommes gais hésitent à fréquenter — ou à passer la nuit avec — des partisans affichés du mouvement MAGA.

    Or, la rhétorique anti-LGBTQ+ associée au trumpisme semble ne pas avoir découragé tous ses partisans gais. L’un d’eux, dont l’identité n’a pas été rendue publique, a récemment laissé entendre qu’il pourrait poursuivre le Parti démocrate… parce qu’il « ne réussit pas à baiser avec d’autres gais ».

    L’affaire a pris de l’ampleur lorsqu’un utilisateur de Threads, Steve Jones, a partagé une capture d’écran provenant d’un groupe Facebook intitulé «Conservative Gay Singles Group». Le groupe semble servir d’espace de rencontres pour hommes gais conservateurs et fervents partisans de Trump.

    En relayant la publication, Jones a ironisé : « Un gai pro-Trump est maintenant fâché que d’autres hommes gais ne veuillent pas coucher avec lui… quelqu’un veut se joindre à son recours collectif? »

    Bien que Jones ait anonymisé l’auteur du message original, il en a reproduit le contenu.

    «Liberté d’expression»
    Dans sa publication, l’homme en question s’indigne de lire, dans des annonces personnelles, des mentions telles que «Pas de Trumpistes» ou «Si tu es républicain, ne m’écris pas». «Est-ce que certains d’entre vous ont l’impression qu’on pourrait poursuivre les Démocrates pour division au sein de la communauté gaie?» écrit-il. «Je pense qu’on pourrait avoir un recours collectif ou quelque chose du genre, mais je ne suis pas avocat!»

    Il poursuit en affirmant avoir « perdu de la famille et des amis » en raison de «la haine et des attaques constantes contre Trump». Selon lui, la situation constituerait même une atteinte à la liberté d’expression. «Ça affecte notre liberté d’expression, et plus encore! Si on mentionne nos opinions politiques, on est immédiatement rejetés et traités de traîtres! On devrait faire quelque chose pour empêcher que les points de vue démocrates anti-Trump soient les seuls acceptés parmi les nôtres! Quelqu’un est d’accord?»

    Sans surprise, la publication partagée sur Threads a rapidement généré une avalanche de commentaires sarcastiques.

    « Tu as fait ton lit, maintenant couche-toi dedans », a lancé un internaute.
    « Mon Dieu. Zéro conscience de soi », a écrit un autre.
    « C’est une violation de ma liberté d’expression si tu ne veux pas coucher avec moi », a ironisé un utilisateur.
    « Je suis surpris qu’il ne soit pas avocat », a ajouté quelqu’un d’autre.

    Plusieurs se sont même demandé si le message original n’était pas satirique. «Ça doit être une blague. Le manque de lucidité est trop intense», a commenté un utilisateur. Mais il ne s’agit pas là du premier commentaire du genre à être poster sur les réseaux sociaux par des hommes gais épousant des idéologies très conservatrices ou de droite ou d’extrême droite.

    Au-delà de l’anecdote, l’histoire met en lumière une fracture réelle au sein des communautés LGBTQ+ américaines (mais pas uniquement, comme on aurait vu ce type d’échanges publics en Autriche et en Allemagne récemment).

    Si l’orientation sexuelle ne dicte pas l’allégeance politique, les politiques publiques, elles, ont des conséquences concrètes sur la vie des personnes queers — qu’il s’agisse de droits parentaux, de soins de santé pour les personnes trans ou de protections contre la discrimination.

    Dans un tel climat, les préférences politiques deviennent pour plusieurs un critère relationnel légitime, au même titre que les valeurs personnelles.

    Quant au recours collectif évoqué par le principal intéressé, il semble pour l’instant relever davantage de la frustration que d’une réelle stratégie juridique. Une chose est claire : sur les réseaux sociaux, la saga continue d’alimenter les débats… et les éclats de rire.

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