Samedi, 13 août 2022
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    Le président brésilien Bolsonaro, provocateur et homophobe, hospitalisé d’urgence

    En octobre 2018, Jair Bolsonaro avait séduit 55% des Brésiliens, en dépit de ses dérapages racistes, misogynes et homophobes. Il est donné largement battu pour la présidentielle d’octobre prochain. Le président brésilien Jair Bolsonaro, hospitalisé d’urgence lundi 3 janvier, s’est illustré au cours de son mandat finissant par de multiples provocations, niant aussi bien la gravité de la pandémie de Covid-19 que la déforestation en Amazonie.

    Le mandat du chef de l’État de 66 ans, en poste depuis janvier 2019, a été marqué par des problèmes de santé récurrents, conséquence de l’attaque à l’arme blanche en 2018 de la part d’une personne apparemment déséquilibrée, en pleine campagne électorale.

    Il a subi depuis quatre opérations chirurgicales liées à cet attentat. Lundi, il a été hospitalisé d’urgence à Sao Paulo pour une possible occlusion intestinale.

    Au-delà des problèmes de santé, Jair Bolsonaro aborde sa dernière année de mandat dans une position délicate : sa cote de popularité est au plus bas et il est donné largement battu par l’ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva pour la présidentielle d’octobre.

    Très critiqué pour avoir minimisé l’ampleur de la pandémie qui a fait plus de 619.000 morts au Brésil, il a refusé toute restrictions au niveau fédéral et violemment attaqué les gouverneurs pro-confinement. « Arrêtez de geindre ! (…) mais où va le Brésil si on arrête tout ? », avait-il lancé après un an de pandémie et des records de décès.

    Quatre ministres de la Santé se sont succédé, plusieurs scandales ont entouré l’achat de vaccins et le président lui-même a remis en cause leur efficacité, ironisant sur les effets secondaires qui peuvent vous « transformer en crocodile ». Il n’est toujours pas vacciné.

    En octobre, une commission parlementaire du Sénat a réclamé son inculpation pour neuf crimes, dont « crime contre l’Humanité », pour avoir « délibérément exposé les Brésiliens à une contamination de masse ».

    Plus de 140 demandes de destitution ont aussi été déposées au Parlement et plusieurs enquêtes ont été ouvertes contre le président.

    Arrivé au pouvoir pour « rétablir l’ordre », Bolsonaro a gouverné en multipliant les crises, à la tête d’un gouvernement que limogeages et démissions de ministres ont fait tanguer.

    Il a accumulé les bravades contre les institutions, s’attaquant régulièrement à la Cour suprême, tout en faisant l’éloge de la dictature militaire (1964-1985).

    La tension a été à son comble le 7 septembre dernier, jour de la Fête de l’Indépendance du Brésil.

    Des manifestations pro-Bolsonaro ont eu lieu dans tout le pays et il a scandé devant la foule que « seul Dieu » pourrait le chasser du pouvoir, alors que planait une menace voilée de coup d’État. Bolsonaro s’est finalement rétracté quelques jours plus tard, affirmant que ses attaques contre les institutions avaient été « prononcées dans le feu de l’action ».

    Le président brésilien a également été contraint de faire des alliances avec le « Centrao » – nébuleuse de partis qui monnaient leur soutien en fonction des avantages qu’ils peuvent en tirer – afin de consolider sa base parlementaire et éloigner le risque d’une destitution.

    A l’international, ses outrances sont devenues la norme. Il a offensé ou insulté des dirigeants de l’ONU, chinois ou européens. Une violente polémique l’a opposé au président français Emmanuel Macron sur la souveraineté de l’Amazonie en août 2019.

    En septembre 2020, il dénonçait une « campagne de désinformation brutale » sur l’Amazonie, tandis que les chiffres officiels montraient la progression inexorable de la déforestation et des incendies depuis son arrivée au pouvoir. Grand utilisateur des réseaux sociaux, suivi par des millions de personnes comme en son temps Donald Trump (2017-2021) dont il était un fervent admirateur, le président brésilien s’attaque régulièrement aux médias.

    En 2020, il menaçait un journaliste de lui « fermer la gueule à coups de poing » après une question gênante.

    En octobre 2018, Jair Bolsonaro avait séduit 55 % des Brésiliens, en dépit de ses dérapages racistes, misogynes et homophobes. Il avait promis de mater corruption, violence et crise économique et d’en finir avec la gauche « pourrie ».

    Loin d’être un grand tribun, cet homme à la syntaxe approximative et au regard bleu avait réussi à parler à son électorat avec des phrases simples faisant mouche.

    Surtout, il s’était assuré le soutien de puissants lobbys au Parlement, notamment ceux de l’agronégoce et des évangéliques, confession de sa jeune épouse Michelle. Ce catholique avait néanmoins été épinglé par certains sur le fait que ses cinq enfants sont le fruit de trois unions.

    Né en 1955 à Campinas, près de Sao Paulo, dans une famille d’origine italienne, Jair Bolsonaro a eu une carrière militaire émaillée d’épisodes d’insubordination.

    Élu député pour la première fois en 1991, il n’a fait approuver que deux projets de loi en 27 ans de mandat.

    Dans un entretien au magazine Playboy en 2011, il affirmait préférer avoir un fils « tué dans un accident »plutôt que gai.

    Rédaction avec L’AFP.

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