Lundi, 28 novembre 2022
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    Olly Alexander, une icône queer en pleine ascension

    L’Anglais Olly Alexander alias Years & Years, sortait en janvier Night Call, un album qui ressuscite l’ambiance moite des boites de nuit (alors que les clubs étaient encore fermés pour cause de pandémie), mélangeant électro-pop d’inspiration 80 et house. Le disque confirme le potentiel d’un artiste aux multiples talents. Portrait d’un musicien, acteur et icône queer en pleine ascension.


    Euphorisant
    Years & Years a tout d’abord été un trio avant de ne plus compter qu’un seul membre : Olly Alexander. Créée en 2010, la formation s’est fait remarquer par des simples et des albums de pop synthétique efficaces. Leurs morceaux destinés aux pistes de danse — tels que l’épique King (261 millions de vues sur YouTube) —, se sont souvent hissés en tête des palmarès anglais, érigeant le chanteur à la voix unique en vedette à suivre. Sur Night Call, le nouvel album de Years & Years, Olly Alexander (qui compose depuis l’âge de 10 ans sur un Casio en plus d’être musicien), dévoile de multiples facettes, toutes plus impressionnantes les unes que les autres.


    Très inspiré par les années 80, celui qui a collaboré avec les Pet Shop Boys emprunte à Prince et George Michael, ainsi qu’à Justin Timberlake, The Weeknd et Michael Jackson. Sa musique est un melting-pop décomplexé et ludique de toutes les sonorités — disco, funk, house, électro-pop — donnant envie de se déhancher toute la nuit. Le moment le plus fort étant sans doute Starstruck, le duo irrésistible avec Kylie Minogue.


    Engagement
    Dans ses chansons, Olly Alexander parle sans tabou de sa sexualité et regrette que trop peu de chanteurs gais évoquent ouvertement leurs histoires d’amour dans la pop en utilisant le pronom « il ». Comme il le confiait en entrevue à Fugues, il y a 3 ans ; Il y a de plus en plus d’artistes gais et LGBTQ qui ont du succès, et c’est génial, mais à la radio par exemple, combien de chansons entends-tu où il y a des pronoms de même sexe, où il est explicitement question de relations sexuelles du même sexe, ou queer ? Presque aucune. En ce sens, les histoires hétérosexuelles restent prédominantes. Cela est en train de changer… mais ça va prendre du temps.

    Mais les combats de l’homme ne s’arrêtent pas aux textes de ses chansons. Régulièrement, l’artiste prend la parole pour sensibiliser ses fans à de nombreux sujets comme le dépistage du VIH, le harcèlement, le racisme, le sexisme, l’automutilation, les troubles alimentaires, l’anxiété. Il a lui-même fait face au harcèlement pendant son adolescence, ainsi qu’à la dépression et à la boulimie, comme il le raconte dans Growing Up Gay (2017), un documentaire poignant de la BBC. À travers de nombreux témoignages de jeunes gais, confrontés à leurs propres expériences, il montre que le chemin avant l’acceptation est souvent pavé d’une grande fragilité et de dangers pour la santé mentale. Et pour Olly Alexander, les cours de théâtre ont été une échappatoire salvatrice.


    Remarqué et remarquable
    Avec sa gueule mi-ange mi-mauvais-garçon et ses looks colorés, Olly Alexander dégage un charisme rare qui n’a clairement pas échappé aux réalisateurs (et pas les moindres) qui l’ont fait tourner dans plus d’une dizaine de films. On a ainsi aperçu le jeune homme dans Bright Star (2009) de Jane Campion, Enter the void (2009) de Gaspard Noé, The Dish and the Spoon (2011) avec Greta Gerwig, Great Expectations (2012) de Mike Newell ou The Riot Club (2014), ainsi que dans les excellentes séries Skins et Penny Dreadful (dans le rôle de Fenton).


    Mais c’est surtout à travers un rôle d’avant plan dans l‘incroyable It’s a Sin (offert sur Amazon Prime) que son talent a explosé en 2021. Acclamé par la critique, la série de l’auteur de Queer as Folk, Russell T. Davies (et dont on vous a parlé dans Fugues il y a quelques mois) met en scène un groupe de jeunes hommes qui apprennent à aimer (et à s’aimer) au début des années 80, alors que la menace du VIH se fait de plus en plus réelle et commence à se propager en Grande- Bretagne.

    En guise de bande-son, Olly Alexander a repris le succès des Pet Shop Boys (It’s a Sin) qui sert de titre à la série coup de poing et l’a interprété aux côtés d’Elton John aux plus réçents Brit Awards. Olly Alexander dit rêver d’incarner un superhéros gai au cinéma. Nous aussi on en rêve… Mais quel que soit le projet à venir, on sera au rendez-vous!


    INFOS | Vidéoclip Night Call (2022) de Years & Years, disponible sur toutes les plateformes.

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