Jeudi, 29 septembre 2022
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    Des barrières qui s’opposent à l’utilisation de la PrEP sont révélées par l’étude Engage

    En 2016, Santé Canada a approuvé l’utilisation d’un médicament hautement efficace pour prévenir la transmission du VIH. Les études cliniques ont démontré que la prophylaxie préexposition (PrEP) réduit l’infection par le VIH de personnes séronégatives de 86 %. Malgré cela, le nombre de nouveaux cas de VIH diagnostiqués au Canada reste stable depuis une décennie.

    Les résultats de l’étude Engage — une étude centrée sur la santé sexuelle des hommes gais, bisexuels et autres hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes — démontrent que d’autres actions doivent être entreprises pour rendre la PrEP accessible aux personnes en ayant le plus besoin.

    Les données de l’étude Engage, recueillies du mois de février 2017 au mois de mars 2020, démontrent une augmentation de l’utilisation de la PrEP dans les trois villes où l’étude a été menée (Toronto, Montréal et Vancouver), avec une hausse marquée à Vancouver. Durant la durée de l’étude, l’utilisation du médicament est passée de 14,2 % pour s’établir à 39,3 % à Montréal ; de 21,4 % pour s’établir à 31,4 % à Toronto ; et de 21,7 % pour se chiffrer à 59,5 % à Vancouver. Pourtant, les données recueillies en 2020 démontrent que seulement la moitié (52,1 %) des personnes qui remplissent les critères de prescription de la PrEP ont utilisé le médicament dans les six derniers mois.

    « Nous disposons d’une foule de données qui corroborent l’efficacité de la PrEP comme stratégie de prévention du VIH », affirme le médecin de santé publique David Moore, l’un des chercheurs principaux dirigeant l’étude Engage. « Désormais, la priorité est la réduction des barrières concernant l’accès à la PrEP, il faut s’assurer que le médicament se retrouve dans les mains des personnes qui sont le plus à risque de contracter le VIH. »

    Le cout de la PrEP, qui varie d’une province à l’autre, est l’un des obstacles majeurs. En Colombie-Britannique, la PrEP est entièrement défrayée par le régime public d’assurance maladie et médicaments, les personnes qui utilisent le médicament n’ont rien à débourser depuis janvier 2018. Le programme de gratuité de la Colombie-Britannique, une première au Canada, a été accompagné d’une importante campagne de sensibilisation au VIH et de promotion du dépistage, ainsi que de la formation des professionnel.le.s de la santé qui travaillent avec les hommes gais, bisexuels et autres hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. À ce jour, on recense plus de 5000 nouveaux utilisateurs de la PrEP, dont 99 % se situent dans cette portion de la population.

    Dans les autres provinces, les couts du médicament varient. Par exemple, au Québec, le régime public d’assurance médicaments couvre une partie des couts, mais les patient.e.s doivent payer une somme de 95 $ par mois pour prendre la PrEP en continu. En Ontario, les personnes âgées de 25 ans et plus qui n’ont pas d’assurance privée doivent débourser 250 $ par mois. Le nombre beaucoup plus élevé d’utilisateurs de PrEP en Colombie-Britannique suggère que la couverture complète par le régime public d’assurance médicaments, combinée à la sensibilisation et à la formation des professionnel.le.s de la santé, assureraient un plus grand recours à la PrEP, réduisant ainsi le nombre de nouveaux diagnostics du VIH.

    À cet effet, le gouvernement fédéral doit jouer son rôle, qui est de financer les organismes communautaires. Ces organismes sont souvent le premier point de contact pour les hommes gais, bisexuels et autres hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes qui désirent mettre en place une stratégie de prévention du VIH.

    « Nous avons les outils pour prévenir la transmission du VIH au Canada », affirme Daniel Grace, professeur à l’École de santé publique Dalla Lana de l’Université de Toronto. « Nous devons désormais travailler à réduire les multiples obstacles, comme les barrières financières, sociales et structurelles, pour que toutes les communautés au Canada aient accès de façon équitable aux stratégies de prévention et au traitement du VIH. Nous avons donc besoin d’un engagement ferme du gouvernement fédéral et des provinces à financer les organismes communautaires et à rendre la PrEP gratuite pour les personnes qui en ont le plus besoin. »

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