Mercredi, 8 février 2023
• • •
    Publicité

    Rosie, film d’ouverture du festival image+nation

    Un vieil adage clame que « le sang est plus épais que l’eau », pour signifier que les liens familiaux sont plus forts que tout autre lien, mais pour plusieurs ce n’est pas vrai : les liens les plus forts sont avec ceux que nous aimons, qui peuvent ou non être des parents de sang.

    C’est la prémisse de base explorée dans Rosie, un film canadien indépendant sur les familles retrouvées, l’acceptation des identités queers et le dépassement des traumatismes.

    C’est un petit film tout à fait charmant et, bien qu’il présente de petits défauts, il est si sincère, si unique et si sympathique qu’on ne peut s’empêcher de l’aimer.

    Rosie est le premier long métrage de la scénariste, réalisatrice et actrice métisse Gail Maurice, qui s’identifie comme LGBTQ+. Bien que le film ne soit pas biographique, elle a choisi pour Rosie une bande sonore originale et un décor coïncidant à peu près avec la même période de son propre éveil queer. Le film traite de nombreux thèmes, mais certains résonnent davantage comme ceux de l’acceptation et de la famille retrouvée, liés aux personnages bispirituels de Flo (brillamment interprété.e par Constant Bernard) et de Mo (Alex Trahan).

    Le film raconte l’histoire de Rosie, une orpheline de 6 ans (Keris Hope Hill) qui part vivre à Montréal chez sa tante Frédérique (Mélanie Bray). Toutefois, « Fred », comme elle préfère être appelée, n’a pas eu de contact avec sa sœur depuis des années et ne se sent pas prête pour assumer la responsabilité d’une enfant. Fred et sa défunte sœur ont été enlevées à leur famille alors qu’elles étaient enfants, puis adoptées par une famille qui, d’après les déclarations de Fred, n’était pas vraiment accueillante. Rosie est de la deuxième génération de la rafle des années 1960 : elle sait qu’elle est autochtone, mais elle est déconnectée de ses racines et ne sait pas à quelle Première Nation sa mère a appartenu. Les dossiers d’adoption de celle-ci sont perdus et maintenant la seule personne vers qui elle peut se tourner est une tante qui ne sait pas trop comment prendre soin d’elle.

    La réalisatrice revisite la rafle des années 60 à travers les yeux d’une enfant et la direction photo le reflète parfaitement avec de nombreux gros plans, l’utilisation de la caméra à l’épaule et le choix d’angles de vue qui renvoient au regard de la fillette en train de découvrir le monde qui l’entoure.

    C’est grâce aux performances que le film est agréable à regarder. Bien que son jeu soit parfois inégal, la petite Keris Hope Hill est adorable. Mélanie Bray a le rôle le plus difficile — celui de Fred — et elle est très juste. Cela dit, les scènes avec Flo et Mo sont les plus mémorables. Avec ces deux-là, on a droit à des séquences tendres et déchirantes. Tout le monde se « débat » dans Rosie, mais Constant Bernard est l’acteur qui réussit le mieux à faire ressentir cette tristesse.

    Un film sans prétention qui aborde des sujets rarement exploités au cinéma et qui possède suffisamment de cœur et d’humour pour divertir et toucher un large public.

    INFOS | Ce film de Gail Maurice sera présenté en ouverture de la 35e édition du festival image+nation. PROJECTION au Cinéma IMPÉRIAL, le 18 NOVEMBRE 2022, à 19H. En ligne, du 19 au 23 novembre 2022.

    Du même auteur

    SUR LE MÊME SUJET

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    S'il vous plaît entrez votre commentaire!
    S'il vous plaît entrez votre nom ici

    Publicité

    Actualités

    Les plus consultés cette semaine

    Publicité