Mercredi, 24 avril 2024
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    Star Trek, Strange New Worlds, saison 2 : Vers les étoiles, à travers les épreuves

    La franchise Star Trek a connu des hauts et des bas au fil des ans, mais s’est toujours fait un point d’honneur à présenter un univers profondément inclusif, à franchir certains interdits (le premier baiser interracial de la télévision américaine) ou à aborder des problématiques sociales. Strange New Worlds renoue résolument avec cette tradition épique !

    La première saison s’est révélée un tour de force qui a rallié les fans de science-fiction en renouant avec une structure épisodique, tout en maintenant un réel développement des personnages. Rappelons que, chronologiquement parlant, la série se déroule 10 ans avant la série originale de 1966. Chaque épisode de la saison 1 explore de nouvelles civilisations au cœur de thèmes qui trouvent écho dans notre propre réalité, articule des enjeux philosophiques fondamentaux ou plonge résolument dans l’action (épisode 9 qui pastiche allègrement la saga Alien).

    Ajoutons à cela un capitaine Pike (Anson Mount), dont le charisme et la chevelure argentée ont déjà conquis les plus difficiles, un Spock (Ethan Peck) qui apprivoise ses parts vulcaines et humaines, une combative infirmière Chapel (Jess Bush), une officière Uhura délurée (Celia Rose Gooding) et une pléiade d’autres personnages tous plus riches les uns que les autres. La seconde saison s’avère tout aussi fascinante et, dès son second épisode, présente un enjeu philosophique et moral qui se veut le miroir de nos propres luttes sociales.

    La lieutenante-commandeuse Una est mise aux arrêts à la suite d’une dénonciation anonyme indiquant qu’elle est issue d’une société qui pratique la modification génétique, avant même la naissance, afin d’adapter le corps à des planètes inhospitalières. Cette pratique est cependant proscrite et Una est accusée d’avoir menti lors de son entrée à Starfleet et risque 20 années de prison. L’épisode s’articule autour du procès de l’officière et présente un astucieux entrelacement de thèmes qui réfèrent clairement au Don’t ask, don’t tell  (« Ne demandez pas, n’en parlez pas ») qui a imposé un régime de terreur sur les membres LGBTQ de l’armée américaine entre 1994 et 2011, la purge homosexuelle de la fonction publique canadienne, entre 1950 et 1990, et les discriminations raciales et antisémites qui ont secoué l’histoire.

    Les arguments présentés par Starfleet disent que toute modification génétique est de facto contre nature et qu’il y a violation directe de la loi. L’avocate de la défense évoque avec adresse, de son côté, les multiples contradictions en place, tout en soulignant que l’existence d’une loi ne signifie pas nécessairement qu’elle soit juste. L’épisode évoque brillamment le drame vécu par les communautés LGBTQ au fil de l’histoire : l’obligation de vivre dans le mensonge, le sentiment que malgré l’excellence de leurs actions, les personnes LGBTQ demeurent avant tout des êtres contre nature qui présentent un réel danger pour leurs proches, puisque vectrices de corruption physique et morale.

    Mais qui donc a dénoncé Una et quels gains cette personne peut-elle tirer d’un tel acte ? Et comment Una peut-elle espérer échapper à une peine expressément prévue par la loi ? La réponse à ces questions est pour le moins surprenante et positionne déjà l’épisode au panthéon des grands moments de la franchise. Elle constitue même un excellent outil, pédagogique et ludique, pour aborder en classe les questions de discrimination et de justice sociale.

    À signaler un doublage français d’une qualité extrême. En fait, j’irais même jusqu’à affirmer que la voix française du capitaine Pike (doublée par Laurent Mantel) est supérieure à l’originale, de par la noblesse et la gravité que le doubleur y insuffle. La version française comporte par ailleurs un petit cadeau réservé au public francophone puisque, dans son premier épisode, l’infirmière Chapel qualifie l’équipage de l’Enterprise de « patrouille du cosmos », une référence directe au titre du doublage français québécois de 1966. Dans la même veine, la récitation du générique québécois de 1966 est reprise, mot pour mot, dans le doublage de la nouvelle série.

    La série est disponible, en anglais et en français, sur Crave et Bell Média.

    Lire aussi https://www.fugues.com

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