Mercredi, 17 avril 2024
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    40 ans de visibilité LGBTQ+ au grand écran (1984)

    Chaque jour du mois d’avril, dans le cadre du 40e de Fugues, le rédacteur en chef  du magazine propose sur le site web quelques films LGBTQ+ qui ont marqué à leur façon le 7e art.  Et on débute avec 1984…

    ANOTHER COUNTRY 
    de Marek Kanievska (1984)

    Une journaliste rencontre, à Moscou, Guy Bennet, un espion britannique passé à l’Est qui lui explique les raisons de son choix. Dans les années 30, alors qu’il était dans un collège anglais très strict, il vécut une relation homosexuelle avec un de ses camarades; l’affaire fit grand bruit au collège et il fut humilié publiquement. Par vengeance, il décida quelques années plus tard de trahir son pays. Ce film à l’instar de MAURICE, apporte un témoignage véridique sur le mode de vie des écoles anglaises du début du siècle, leur sectarisme, leur autoritarisme et leur hypocrisie. ANOTHER COUNTRY remporta en 1984 au festival de Cannes le prix pour la meilleure contribution artistique. C’est ce rôle de Guy Bennett qui révéla au public le comédien anglais Rupert Everett, bien avant que ce dernier fasse sa sortie du placard.


    THE ADVENTURES OF PRISCILLA, QUEEN OF THE DESERT
    de Stephan Elliott (1984)

    Prenant pour prétexte le voyage de deux drag-queens flanqués de leur amie transsexuelle pour rejoindre l’épouse de l’un deux à l’autre bout de l’Australie, le film est un road-movie qui s’amuse à perdre ses personnages dans le «bush» australien pour mieux les amener à se révéler tels qu’ils sont vraiment. Ainsi, nos héros/héroïnes croiseront sur leur chemin le rejet, l’amusement, l’amitié et même l’amour sans jamais tomber dans le pathos ou la critique facile. Bernadette, Mitzi et Felicia ne sont pas du genre à se laisser aller à pleurnicher sur leur condition, elles ont appris à encaisser et à se relever avec humour et panache de chaque chutes. Le film parvient à rendre attachant dès les premières minutes ces personnes pas comme les autres et qui, malgré les vacheries qu’elles se lancent à la figure à longueur de temps, font toujours preuve de solidarité et d’un grand amour les unes pour les autres. La partie dans le bush australien permet de mettre en valeur ce magnifique paysage presque fantastique et offre des scènes improbables mais très belles à l’image du bœuf improvisé entre nos drag-queens et des aborigènes réunis autour d’un feu de camp. L’interprétation est dominé par un Terence Stamp visiblement content d’aller à contre sens de son image de sex-symbol du Swinging London et qui compose une Bernadette délicieusement cynique et pince sans-rire, adepte de la phrase qui tue. À ses côtés, les débutants Hugo Weaving et Guy Pearce démontrent qu’ils étaient déjà d’excellents acteurs, pour preuve : on oublie complètement leurs rôles postérieurs qui ont fait leur réputation. Avec son exubérance et sur surdose de musique disco, le pari était loin d’être gagné, de même qu’avec son sujet qui aurait facilement pu laisser place à un film larmoyant. Le cinéaste parvient à éviter tous les pièges qui jalonnent son chemin et livre une comédie pleine de charme, d’amour et d’humour, qu’on a envie de revoir, de temps en temps, histoire de prendre une bouffée d’air revigorante.


    THE TIMES OF HARVEY MILK 
    de Rob Epstein (1984)

    Film documentant la carrière d’Harvey Milk, premier conseiller politique ouvertement homosexuel de San Francisco. De son rôle d’activiste gai à son ascension comme figure emblématique du mouvement en faveur de la reconnaissance de sa communauté, Epstein dépeint avec une brillance et une documentation impeccable ce personnage complexe.


    LE ROI DES ROSES
    de Werner Schroeter (1984)

    Avec des images d’une beauté saisissante et une richesse symbolique et romantique exceptionnelle, Werner Schroeter a créé un chef-d’œuvre cinématographique évoquant l’opéra. Dans ce film difficile à trouver, Anna, une Allemande installée au Portugal avec son fils, Albert, passe tout son temps à la station balnéaire ou ils résident, nourrissant son obsession pour son fils, qui lui rappelle son amoureux, qui était Arabe. De son coté, Albert a deux obsessions : le jardin de roses de sa mère, dans lequel il veut cultiver la rose idéale, et Fernando, un Italien dont il tombe amoureux et qu’il garde ligote dans une grange. Moitie opéra et moitié conte de fée, cette histoire enivrante sur l’homosexualité et le complexe d’Œdipe se déroule sur un fond de roses et de tout ce que cette fleur évoque…

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