La prochaine fois que tu mordras la poussière

0
77

Comédien et humoriste bien connu en France, Panayotis Pascot explore la relation complexe qu’il entretient avec la masculinité, que ce soit au regard de son père ou de son orientation sexuelle, dans un roman autobiographique qui tient tout autant du règlement de compte que de l’introspection.

Le récit s’amorce alors qu’il ressasse l’allusion de plus en plus fréquente de son père indiquant qu’il va bientôt passer l’arme à gauche. Devant l’urgence de cette mort annoncée, il se décide enfin à coucher sur papier toute la rancœur, la détresse et l’incompréhension accumulées au fil des ans.

En effet, l’héritage de son patriarche se concentre avant tout autour d’une vision corsetée de la masculinité : un homme, un vrai, ne s’embarrasse pas de beaux discours, ne pleure surtout pas, demeure imperturbable devant l’adversité et, bien évidemment, aime les femmes. Une vision hétéronormative extrême qui marque profondément le jeune Pascot et l’accompagne jusque dans la vingtaine : « Un des trucs qui me faisait bander avec les filles quand j’étais ado, c’était m’imaginer les présenter à mes parents. Ça faisait même partie intégrante de mon rituel de masturbation. »

La prochaine fois que tu mordras la poussière tient donc tout autant du deuil d’une figure paternelle que d’une conception passéiste de la masculinité dont il cherche à s’affranchir pour se retrouver et se réinventer. Pour la petite histoire, c’est lors d’un séjour à Montréal qu’il se résout enfin à assumer son désir du corps masculin.

Loin de se bercer d’illusions, il demeure bien conscient que ses années formatrices marqueront sans doute longuement sa conception de l’amour et des sentiments et qu’il lui sera difficile de s’en arracher : « J’ai peur d’être un assisté de la jouissance. De toujours avoir besoin d’aide pour que jaillisse l’émotion. La vie. Les violons dans les films, imaginer d’autres scènes pendant le sexe, le rouge à lèvres sur les filles, les muscles sur les mecs. Ai besoin d’un emballage, d’une petite assistance pour me lâcher. »

Un récit à fleur de peau, à la fois tendre et âpre. Il faut par ailleurs souligner que le spectacle solo d’humour de Panayotis Pascot, Presque, est disponible sur Netflix .

INFOS | La prochaine fois que tu mordras la poussière / Panayotis Pascot. Paris : Stock, 2023, 233 p.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici