Auréolé du grand prix du public décerné lors du Festival Séries Mania de Lille, la série Empathie navigue avec adresse entre le drame et l’humour et s’est déjà taillé une place de choix dans le cœur du public. Agrémentée d’une mise en scène inventive et d’une sélection musicale accrocheuse, elle propose un bouquet d’images bouleversantes.
Écrite par Florence Longpré (Le temps des framboises, M’entends-tu ?), la série nous entraîne dans le quotidien de l’institut psychiatrique Mont-Royal, spécialisé dans le traitement et la réhabilitation de patients violents atteints de maladies mentales. Nulle surprise que de se retrouver devant une faune hétéroclite et instable, tant du côté des patients que du personnel soignant.
Les dialogues finement ciselés offrent un matériel de choix à une distribution qui livre des performances à couper le souffle. Florence Longpré incarne avec sensibilité la psychiatre Suzanne Bien-Aimé, nouvellement arrivée après un retrait de deux ans à la suite du décès de son épouse. Révélateur de la dangerosité du milieu, Mortimer (Thomas Ngijol), un agent d’intervention, doit l’accompagner dans chacun de ses déplacements. Une sympathie naturelle en découle, même si chacun ménage une certaine réserve et son lot de secrets.
Plusieurs de leurs collègues présentent des personnalités qui sont aux antipodes : Émilien (Adrien Bletton) est un médecin psychorigide ; Claude (Lyraël Dauphin), un.e infirmier.ère bienveillant.e non binaire, et Diane (Josée Deschênes), une réceptionniste beaucoup trop naïve. Du côté de la clientèle, on assiste à des performances spectaculaires de Benoit Brière, dans le rôle d’un homme qui semble confiné à un monde intérieur, et de Brigitte Lafleur dans celui d’une femme pétrie de colère, qui a découpé sa sœur en petits morceaux.
De son côté, Jean-François Nadeau interprète un homme en apparence charmant, mais qui cache un redoutable manipulateur ancré dans la fausse bienveillance. La grande force du récit se situe dans l’extrême nuance portée dans la représentation des personnages.
Ainsi, malgré le côté plus noir de certain.e.s, on ne peut qu’être touché par leur passé ou leur destin. Qu’on se le dise, plusieurs scènes vous feront verser des larmes, alors que d’autres, tout au contraire, généreront des éclats de rire contagieux.
Cette habileté à déchaîner des émotions est inhérente à la réalisation soignée et inventive de Guillaume Lonergan, qui amène à l’écran des images fortes. On peut notamment songer à ce corps de ballet, habillé de tutus noirs, associé à la mort de l’âme (la folie) ou du corps, qui prend immédiatement à la gorge. Même son de cloche du côté de la musique, puisant à tous les registres et réservant certaines surprises iconiques, comme « Je déteste ma vie », de Pierre Lapointe, ou l’utilisation du thème musical de la série Capitaine Flam, ainsi qu’une apparition fugace de son personnage titulaire.
Une série d’exception dont on ne peut déjà que souhaiter une seconde saison !
INFOS | Les dix épisodes de la série Empathie sont disponibles, en français, sur Crave.
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