Samedi, 18 avril 2026
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    Kent Monkman : L’Histoire est dépeinte par les vainqueurs 

    À compter du 27 septembre 2025 et jusqu’au 8 mars 2026, le Musée des beaux-arts de Montréal accueillera en première canadienne l’exposition « Kent Monkman : L’Histoire est dépeinte par les vainqueurs », une retentissante invitation à repenser la narration artistique dominante. Membre de la Nation crie de Fisher River (ocêkwi sîpiy), Monkman propose une relecture subversive de la peinture d’histoire classique pour déconstruire les récits coloniaux et insuffler une vision radicalement nouvelle du passé et du présent.

    L’exposition rassemble plus de quarante œuvres majeures – des peintures souvent monumentales – qui revisitent les codes académiques de la peinture d’histoire, un genre hérité du XVIIe siècle célébrant scènes mythologiques, historiques ou religieuses. Les grandes toiles, aux compositions inspirées des maîtres européens, deviennent des contre-espaces où l’artiste replace les Premières Nations au centre tout en interrogeant l’héritage des récits européens. Au cœur de l’œuvre de Monkman se trouve la figure flamboyante, provocatrice et subversive de Miss Chief Eagle Testickle, son alter ego two-spirit. Ce personnage, tour à tour trickster, drag queen mythologique, et voyageur temporel, incarne la fluidité des genres, renverse les polarités imposées par le colonialisme et réaffirme l’existence de réalités queer profondément enracinées dans les traditions autochtones.

    En proposant une perspective bispirituelle et queer autochtone, Monkman rend visibles des identités longtemps réprimées ou effacées, et rétablissant le lien à des savoirs précoloniaux fondés sur l’acceptation de la diversité des genres et des sexualités. Kent Monkman use de l’imagerie coloniale pour la subvertir, renversant le regard occidental souvent exempt de son regard critique. Dans ses peintures, il inverse le rapport du regardeur et du regardé, convoquant humour, ironie et esthétisme pour arracher la narration historique à sa complaisance.

    Monkman en détourne les codes visuels, détournant l’imagerie coloniale pour exposer la résistance, l’identité et les violences préhistoriques invisibilisées. Son travail interroge les récits officiels du Canada – célébrant souvent les mythes fondateurs tout en effaçant la violence et l’impact des politiques coloniales. Monkman y répond avec lucidité : ses tableaux imposent une mémoire vivante, émancipatrice, qui reconnaît les traumatismes intergénérationnels, les violences policières et l’effacement systémique des cultures autochtones. Curatée par Léuli Eshaghi, curatrice des pratiques autochtones au MBAM, et John Lukavic du Denver Art Museum, l’exposition promet un dialogue critique, visuel et émotionnel puissant avec les publics montréalais. À tous les visiteur.es, l’exposition propose une esthétique splendide et incendiaire : chaque toile est une histoire à déconstruire, à ressentir, à questionner.

    Monkman redonne à l’image colonisée sa puissance contestataire. Mais, aux communautés queer, Monkman offre également un miroir puissant où se reflètent la fierté de l’amour, la complexité identitaire, la fluidité des corps et des histoires – dans un monde où ce savoir a souvent été nié. Et pour les personnes autochtones, ses œuvres incarnent une mémoire vivante et une réappropriation esthétique, historique et spirituelle, invitant à repenser l’espace muséal comme lieu de réconciliation et de transformation.

    « Kent Monkman : L’Histoire est dépeinte par les vainqueurs » est à plusieurs niveaux plus qu’une exposition : c’est un acte esthétique et politique, un pont entre des réalités invisibles et la mémoire collective. C’est l’art comme geste de résistance, de beauté queer et de décolonisation.

    INFOS | Kent Monkman : L’Histoire est dépeinte par les vainqueurs,
    du 27 septembre 2025 et jusqu’au 8 mars 2026, au Musée des beaux-arts de Montréal
    https://www.mbam.qc.ca/


    La victoire selon Miss Chief en courts métrages
    Pour marquer l’ouverture de l’exposition Kent Monkman : L’Histoire est dépeinte par les vainqueurs, le Cinéma du Musée et le MBAM, en collaboration avec le Festival International du Film sur l’Art (FIFA), vous présentent une série de six courts-métrages réalisés par l’artiste : Groupe of Seven Inches, Mary, Dance to Miss Chief, Casualties of Modernity, Robin’s Hood et Shooting Geronimo. La projection-discussion sera animée par Léuli Eshraghi conservateurice des pratiques autochtones au MBAM et cocommissaire de l’exposition Kent Monkman : L’Histoire est dépeinte par les vainqueurs avec John P. Lukavic, conservateur Andrew W. Mellon des arts autochtones au Denver Art Museum.

    INFOS | Le dimanche 28 septembre à 13h, au Cinéma du Musée

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    Extraits de l’opéra à venir The Miss Chief Cycle
    En lien avec l’exposition Kent Monkman : L’Histoire est dépeinte par les vainqueurs, l’artiste Kent Monkman présentera le mardi 30 septembre 2025 en avant-première, des extraits de The Miss Chief Cycle, une création lyrique composée de trois scènes basées sur Les Mémoires de Miss Chief Eagle Testickle de Kent Monkman et Gisèle Gordon. Interprétée par de grandes voix canadiennes qui seront accompagnées par des musicien.ne.s de l’OSM, cette œuvre unique transposera sur scène des toiles de Kent Monkman, soulevant la division entre la vision du monde du peuple cri et celle des colonialistes européens. Un fabuleux spectacle à ne pas manquer et présenté en première mondiale à la salle Bourgie.

    INFOS | Le mardi 30 septembre à 19h30, à la salle Bourgie

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