Depuis des décennies, les républicains font les manchettes chaque fois qu’un élu, pourtant défenseur autoproclamé des « valeurs familiales », est pris dans une liaison homosexuelle. Mais aujourd’hui, une nouvelle réalité s’impose : malgré les politiques de plus en plus transphobes et homophobes des hommes gais, riches et influents, font désormais partie du cercle rapproché de Donald Trump et de la liste sélecte des alliés LGBTQ+ du mouvement MAGA à Washington.
Surnommés les « A-Gays » de Trump, ces conservateurs bien nantis sont décrits par le New York Times comme « la nouvelle tribu de pouvoir de la capitale ». Ils manœuvrent au Congrès, occupent des postes au sein de l’administration Trump et, selon leurs critiques, tournent le dos à leur propre communauté pour rester proches du pouvoir.
Qui sont les « A-Gays »?
Il s’agit principalement d’hommes gais blancs et fortunés, acquis à l’agenda républicain de Trump. Ils ont notamment pris le contrôle des Log Cabin Republicans, l’organisation historique des républicains gais, qu’ils ont orientée encore davantage vers la droite trumpiste.
Dans un récent article publié sur le site web du magazine The Advocate, John Casey les décrit comme « une démonstration grotesque d’hypocrisie, d’aveuglement et d’égocentrisme ». Selon lui, ils ont choisi de « s’incliner devant l’administration même qui taille en pièces les droits de la communauté LGBTQ+ ».
Plutôt que de mettre leur influence au service de changements positifs, ces hommes utilisent leurs privilèges pour renforcer le programme MAGA.
« J’adore avoir cette communauté comme ressource. Avant, ces groupes devaient rester cachés. Aujourd’hui, on les utilise comme un outil », a confié Charles Moran, un haut responsable trumpiste, au New York Times.
Les contradictions assumées
Les « A-Gays » mettent de l’avant les rares gestes de Trump en faveur des gais : avoir accepté des membres homosexuels à Mar-a-Lago, avoir accueilli favorablement un candidat gai dans The Apprentice, ou encore avoir déclaré qu’il aimait « les gais » parce qu’« ils paient le plus pour les mariages ».
Mais dans les faits, ces hommes ferment les yeux — ou appuient directement — pendant que Trump coupe les budgets des programmes de prévention du VIH, défait les droits des personnes trans, bannit les militaires transgenres et efface l’histoire LGBTQ+ des communications officielles de la Maison-Blanche.
« Ils soutiennent que la bataille pour les droits des gais est pratiquement gagnée et qu’il n’y a jamais eu de républicain aussi favorable aux gais que Donald Trump », résume le journaliste Shawn McCreesh du NYT.
Portrait de quelques « A-Gays »
- Charles Moran – Ex-président des Log Cabin Republicans, il a aligné le groupe sur le mouvement MAGA. Depuis janvier, il occupe un poste de haut niveau à l’Administration nationale de la sécurité nucléaire.
- Peter Thiel – Milliardaire de la tech et investisseur, il a financé la campagne de Trump en 2016 et reste un acteur central de la droite républicaine, ayant versé plus de 50 millions $ à divers candidats de la droite.
- Tony Fabrizio – Stratège politique et sondeur de longue date de Trump, actif dans la politique républicaine depuis les années 1990.
- Trent Morse – Ancien adjoint du président, il vient de rejoindre l’un des plus grands cabinets de lobbying de Washington comme conseiller stratégique.
- Richard Grenell – Diplomate et ex-consultant en relations publiques, il est devenu en 2020 le premier haut responsable fédéral ouvertement gai à diriger, par intérim, le renseignement national.
- Jacob Helberg – Donateur d’un million $ à la campagne de 2024, il a été nommé sous-secrétaire d’État à la Croissance économique, à l’Énergie et à l’Environnement.
- Scott Bessent – Ancien gestionnaire de fonds spéculatifs, aujourd’hui haut fonctionnaire au département du Trésor.

