Imaginée par le designer Michael Schmidt, en collaboration avec Rainbow Wool, une ferme allemande à but non lucratif qui recueille et prend soin de béliers homosexuels, la collection « I Wool Survive » est présentée comme la toute première ligne de vêtements véritablement « gaie » au monde.
Si plusieurs espèces animales présentent des comportements homosexuels, les béliers gais, eux, sont souvent envoyés à l’abattoir parce qu’ils ne remplissent pas leur « rôle reproductif ». Rainbow Wool leur offre plutôt un refuge bienveillant. En moyenne, on estime qu’un mouton sur douze serait gai.
« On les sauve avant que ça arrive, pour leur offrir un endroit sécuritaire où ils peuvent vivre et aimer en paix. Chaque année, leur laine est transformée en vêtements, et les profits sont remis à l’organisme queer LSVD+ », a expliqué un·e porte-parole de la ferme.
La collection a été présentée au Altman Building, à New York. On y revisite plusieurs archétypes gais — des bretelles de pompier aux crop tops de marin — entièrement réinterprétés en laine. Clin d’œil au grand classique disco de Gloria Gaynor, “I Will Survive”, cette initiative met en lumière « la beauté des liens queer et la diversité naturelle qui existe au sein de toutes les espèces ».
« On peut enfin balayer l’idée toxique selon laquelle être gai serait un choix »
Schmidt, qui a déjà collaboré avec Beyoncé, Lady Gaga et Madonna, confie avoir travaillé un an sur le projet. « Ça a été un plaisir de créer une collection légère et ludique qui aborde en même temps un sujet très sérieux, dit-il. La maltraitance d’animaux qui manifestent une attirance pour le même sexe reste un rappel brutal des préjugés qui touchent encore les communautés LGBTQ+ partout dans le monde.
« En montrant que l’homosexualité existe dans le règne animal, on peut, je l’espère, contribuer à faire disparaître une bonne fois pour toutes cette idée fausse et dommageable voulant qu’être gai soit un choix. »
Grindr s’est engagé à soutenir la mission de Rainbow Wool jusqu’en 2026, et il est même possible d’« adopter » un bélier gai pour contribuer aux coûts de nourriture et de soins vétérinaires.
aroSelon une étude, environ 8 % des quelque 130 millions de béliers dans le monde auraient une préférence pour des partenaires du même sexe.

