Lundi, 1 juin 2026
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    Bridgerton, saison 4 : un soufflé ferme ou au ventre mou ?

    La quatrième saison de Bridgerton (La Chronique des Bridgerton) est centrée sur le second fils de la famille, à travers une relecture d’un grand classique des contes de fées. Saison après saison, la série avait timidement introduit la bisexualité de Benedict et son désir d’affranchissement des conventions sociales. Va-t-elle assumer pleinement ces thèmes ?

    Dans la continuité des saisons précédentes, celle-ci s’ouvre sur un coup de foudre lors d’un bal masqué orchestré par Lady Bridgerton (Ruth Gemmell), dont la raison de vivre semble se limiter à trouver un époux ou une épouse à chacun de ses enfants. C’est alors que Benedict (Luke Thompson) — présenté comme un débauché, puisqu’il n’est pas en relation monogame — croise le regard de Sophie Baek (Yerin Ha). Ignorant l’identité de la jeune femme, sagement dissimulée derrière un masque de soie, il ne se doute pas qu’elle est en fait une domestique et qu’elle cache ainsi à la fois son visage, mais également sa condition sociale.

    Le lien avec Cendrillon est inséré avec toute la délicatesse d’un pied-de-biche, mais n’est pas sans un certain charme. Après tout, on adore détester les vilenies de la belle-mère et de sa fille aînée, alors que la cadette, fidèle à l’Anastasie du dessin animé de Disney, est présentée comme une ingénue. Il faut cependant noter que Sophie n’est pas véritablement une roturière : elle est en réalité la fille illégitime de Lord Penwood. Bref, la transgression annoncée ne l’est qu’en apparence, puisqu’elle possède du sang bleu : un cliché particulièrement agaçant, par lequel le droit au bonheur ne semble tenir qu’à un arbre généalogique de haut rang. Mais passons.

    On peut également regretter que la représentation à l’écran du coup de foudre de Benedict soit tout sauf transcendante. Malgré tous les jeux d’ombre et de lumière déployés pour renforcer cette illusion, il faut des torrents d’imagination pour accepter cette fiction. Heureusement, la quête de la mystérieuse inconnue se révèle, elle, nettement plus captivante et les épisodes qui suivent développent avec adresse la chimie et les tensions entre les deux jouvenceaux, de même que le désir à fleur de peau qui les habite.

    Maîtres et valets
    Là où la saison innove véritablement, c’est en présentant une vision intérieure de la domesticité qui a enfin droit à la parole, ce dont certains ne se privent d’ailleurs pas en décochant des flèches assez fines à l’endroit de leurs maîtres. C’est notamment le cas du trop peu présent Alfie (David Moorst), valet de pied sarcastique et meilleur ami de Sophie, qui affiche les codes télévisuels classiques d’un personnage gai (notamment, sa maîtrise de la couture). En toute franchise, il aurait fait un prétendant plus qu’intéressant pour le fougueux Benedict.

    Bisexuel(le) de service ?
    La sexualité fluide de Benedict a été timidement touchée en saison 1, puis plus affirmée dans la troisième, alors qu’il se joignait à un trouple. Le premier épisode de la nouvelle saison réitère son appétit pour les hommes à travers une (trop) brève embrassade masculine. Bien que présent, ce désir demeure cependant marginal à l’écran ; paradoxalement, la fougue dont il y fait preuve relègue au second plan les regards énamourés qu’il jette tout d’abord à Sophie et qui paraissent bien sages en comparaison. Heureusement, les hormones de chacun reprennent éventuellement le dessus.

    Il faut également noter une autre piste intéressante. Dans la saison 3, Francesca Bridgerton (Hannah Dodd) s’était révélée émoustillée par Michaela Stirling (Masali Baduza), la cousine de son époux. Dans la présente, elle réalise qu’entre les bras de son époux, elle ne ressent pas le « grand frisson » dont parlent toutes les femmes. Se pourrait-il que sa quête du plaisir trouve une résolution dans le duo combiné de Michaela et de son mari ? Mystère ! Finalement, impossible de clore le chapitre de la libido sans évoquer le personnage de Marcus Anderson (Daniel Francis), prétendant de Lady Bridgerton, dont la virilité tranquille est telle qu’elle lui vaut immédiatement une place dans notre cœur, au panthéon des hot daddy.

    Le soufflé de cette histoire d’amour sera-t-il bien ferme ou doté d’un ventre mou ? Difficile de trancher pour le moment, puisque le bloc des quatre derniers épisodes sera diffusé le 26 février. Ce n’est qu’à ce moment qu’on pourra constater si la sexualité de Benedict demeurera aussi fluide qu’annoncée ou bien un souvenir du passé. On peut cependant craindre que Benedict subisse le destin de la très grande majorité des hommes bisexuels au petit écran, soit celui de ne trouver la rédemption que dans les bras d’une femme.

    INFOS | Les huit derniers épisodes de la saison 4 de Bridgerton (La chronique des Bridgerton) sont disponibles, en anglais et en français, sur Netflix.


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