Perchée au sommet d’un promontoire rocheux, sur une île du Parc régional du Poisson Blanc, l’œuvre d’art public Faire le vide s’impose dans l’immensité du paysage. Situé dans la municipalité de Notre-Dame-du-Laus, dans les Laurentides, le site devient le théâtre d’une première intervention artistique insulaire, amorçant une série d’initiatives qui feront du réservoir un lieu de rencontre entre plein air et culture.
Un cube énigmatique au cœur de la nature
Lauréate d’un concours de design, l’œuvre prend la forme d’un cube de bois : extérieur sobre, presque monolithique, qui dissimule un univers intérieur sculpté, tout en courbes et en textures. Elle est signée par l’artiste et architecte Luca Fortin, en collaboration avec l’atelier mock/up.

Accessible uniquement par l’eau — en canot ou en kayak —, Faire le vide se dévoile comme un secret, perceptible d’abord depuis le réservoir, puis au détour des sentiers de l’île no 22. Sa silhouette, à la fois discrète et singulière, agit comme un repère poétique, invitant les aventuriers à pousser leur exploration
Construire avec légèreté
Les contraintes logistiques du site ont stimulé l’innovation. L’œuvre a été entièrement préfabriquée en atelier, avant d’être transportée par bateau, puis assemblée à la main, planche après planche, sans recourir à de la machinerie lourde. Posée avec une empreinte minimale sur le roc, elle respecte le caractère naturel du lieu.
Le matériau principal, le cèdre, a été raboté, laminé et usiné par fraisage numérique CNC. De cette précision technique est née une dualité formelle : un volume orthogonal à l’extérieur et une chambre intérieure aux lignes organiques. Le lambris vertical des façades extérieures dialogue avec la verticalité des arbres, tandis que les parois intérieures, striées par les traces de l’outil, évoquent les ondulations du vent sur l’eau. Cette texture sensible illustre comment la technologie peut être détournée pour créer une expérience sensorielle et poétique.

Entre visible et invisible
Faire le vide est bien plus qu’une installation : c’est une rencontre entre lieu et savoir-faire, entre matière et geste. Elle se situe à la frontière du visible et de l’invisible, célébrant la poésie du temps et du paysage. À travers elle, le Poisson Blanc rappelle que l’art peut surgir là où on ne l’attend pas : au détour d’un sentier, sur une île isolée, dans la simplicité d’un instant suspendu.
Joyau naturel des Laurentides, le Parc régional du Poisson Blanc propose des expériences de plein air uniques toute l’année : camping sauvage sur les îles, microrefuges au bord de l’eau, escalade sur parois naturelles, pêche, randonnée et, désormais, découverte d’œuvres d’art en pleine nature. En hiver, le site se transforme pour accueillir ski de fond, raquette et ski hok. Avec ses plages de sable, ses panoramas et son archipel, le parc est un lieu d’évasion incomparable. Ici, on est vraiment ailleurs.
Fiche technique
Lieu : Île no 22, Parc régional du Poisson Blanc
Architectes/designers : Luca Fortin + atelier mock/up
Équipe de réalisation : Luca Fortin, Hugo Thibaudeau, Véronique Côté, Thierry Thibaudeau, Daphée Cantin, Raphaël Pellerin, Tom Hallett
Photographie : Maryse Béland, Karma Photographie, Behind Création, Maika Nadon, Irvin Burel, Luca Fortin


