Moins de quatre mois après la naissance de leur bébé, Manon Caron et Anaïs Simoneau se sont rendues en finale de l’émission Épique (Télé-Québec), après avoir affronté une multitude de défis physiques et cognitifs à travers le Québec, aux côtés du papa d’Anaïs, Guillaume Simoneau.
Pourquoi vouliez-vous participer à la deuxième saison d’Épique?
Anaïs Simoneau : Ça fait des années que je regarde des émissions du genre. J’étais en congé de maternité. Un ami m’a parlé d’Épique, j’ai regardé le début d’un épisode et, après deux minutes, j’ai vérifié s’il y avait des inscriptions pour la saison 2 : ça se terminait la journée même! Je nous ai inscrits en famille. J’aime l’aventure, le dépassement de soi. Ce sont des choses qu’on ne peut pas vivre ailleurs que dans une téléréalité. En plus, on vivait les épreuves à travers le Québec.
Ça nous permettait de voir la province sous un autre angle.
À quel point était-ce une évidence de former un trio avec votre couple et le père d’Anaïs?
Manon Caron : Ce ne l’était pas. Anaïs et moi voulions le faire ensemble et il nous fallait une troisième personne. Guillaume était dans le coin. On lui a proposé.
Anaïs Simoneau : On n’a pas trop pensé à la logistique. Je travaille avec mon père, donc ça voulait dire qu’on quittait tous les deux l’équipe à chaque tournage. En même temps, on avait un bébé de presque quatre mois lors du premier bloc. On n’avait pas réfléchi à ce qu’on ferait avec lui quand ses deux mamans partaient. La famille de Manon est en France. Heureusement que ma mère était là.
Quelles aptitudes vous ont servies dans Épique?
Manon Caron : Je suis capable de m’adapter à n’importe quoi. Même si je n’ai jamais joué au hockey, je pourrais jouer demain matin aisément. On savait que je pourrais m’en tirer dans presque tout, mais les épreuves physiques étaient plus mon dada. Comme j’ai quitté la France et ma famille assez jeune, ça ne me faisait pas peur de foncer vers une aventure inconnue.
Anaïs Simoneau : Je venais juste d’accoucher, donc on savait que ce serait plus difficile dans le sport, mais de façon générale, je suis polyvalente. J’ai nagé toute ma grossesse. Je savais que la natation irait bien. Cette année, il y a eu beaucoup de nage à Épique. Au niveau cognitif, avec mon père, on aime les défis mentaux. On s’est beaucoup entraînés sur ce point. Entre les deux premiers blocs, on savait qu’il y aurait 6-8 semaines de pause, donc on voulait survivre au premier pour s’entraîner de façon conséquente par la suite.
À quoi ressemblaient les tournages?
Manon Caron : Épique veut montrer le Québec pendant toutes les saisons. On a commencé en juin et ça s’est terminé en décembre. Chaque bloc durait près d’une semaine. On est allés dans les Cantons-de-l’Est, aux Îles-de-la-Madeleine, au Bas-Saint-Laurent, dans la Capitale-Nationale, Lanaudière et les Laurentides.
Quels ont été les moments les plus difficiles?
Manon Caron : Le plus dur a été le froid. La finale a été tournée quand il faisait environ -35 degrés et on devait gravir une montagne dans 40 cm de neige.
Anaïs Simoneau : Depuis la finale, je fais des engelures facilement, car on jouait avec des cadenas à -32 degrés, en petits souliers et en leggings. Outre le froid, on a eu des épreuves assez corsées : dans le Bas-Saint-Laurent, on a affronté des vagues avec des creux de 1,5 mètre et on devait nager là-dedans. C’était ardu. Aussi, quand on a dû garder notre feu allumé durant toute une nuit, ça demandait beaucoup de concentration. Sur une période de 14 heures, c’était mentalement difficile.
Manon Caron : Chaque équipe a vécu un ballottage. Quand on le vit, c’est le moment le plus stressant de la saison, car tu es à deux doigts de quitter.
Et les plus beaux moments?
Anaïs Simoneau : Dans Lanaudière, on était dehors pendant 36 heures, il a fait moins zéro durant la nuit et c’était la première fois que je faisais du camping avec mon père. C’était magnifique. Et comme certains concurrents ont eu du mal à digérer certains aliments mangés durant la journée, c’était cocasse. On vivait tout ça en gang.
Comment était-ce de vivre l’inconfort, la fatigue, la douleur et le découragement avec son amoureuse et son père/son beau-père?
Anaïs Simoneau : Quand on vivait l’aventure et qu’on quittait bébé, je ne me voyais
plus dans un couple. On devenait des coéquipières. Notre seul but était de remporter les
60 000 $ pour l’équipe. Cela dit, on a vécu tout ça ensemble. Après coup, on en a parlé durant des semaines.
Manon Caron : Quand même, on a vécu des moments un peu moins l’fun. Guillaume était un peu la zone tampon entre nous deux. Je suis plus émotive qu’Anaïs. Parfois, je me sentais moins dans le mood. Il était toujours là pour nous remotiver.
Êtes-vous conscientes de l’impact subtil, mais réel, de voir un couple de femmes dans une émission de grands défis physiques et cognitifs?
Anaïs Simoneau : Comme la production a peu mis ça de l’avant, je pense que bien des téléspectateurs ont oublié qu’on était un couple. On était surtout un trio dans l’aventure. Cela dit, j’espérais que ça ait un impact positif. C’est quelque chose que j’aurais aimé voir à la télévision quand j’étais jeune.
Manon Caron : J’espérais qu’ils mettent l’accent sur le fait qu’on est un couple de femmes avec un enfant pour démontrer que tout est possible, autant avoir un bébé très jeune que de participer à cette aventure. Ils ont montré la photo de notre bébé quand on en a parlé et je trouvais ça l’fun qu’il y ait cette représentation.
Comment vous êtes-vous rencontrées?
Manon Caron : C’était en 2020. J’étais venue au Québec pour finir mes études. Je pensais rester six mois pour découvrir le pays. Je vivais à Québec. Anaïs vivait à Terrebonne et elle était à Québec pour un soir. On s’est croisées au bar Drague (à Québec). Ça a cliqué immédiatement.
Anaïs Simoneau : On ne s’est pas lâchées depuis!
INFOS | Pour voir ou revoir en rafale la série ÉPIQUE : https://telequebec.tv

