Mercredi, 20 mai 2026
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    Un peu d’initiatives ensoleillées

    Parce que l’hiver a été rude, en neige et en actualités sociopolitiques déprimantes, j’avais envie de vous offrir un peu de soleil, en ce début d’été, grâce à des initiatives inspirantes. À l’international, le mois de juin est celui de la « Pride », bien qu’ici nos célébrations de la Fierté se déroulent en août, à Montréal.

    En ce sens, j’avais envie de débuter ma chronique en mettant de l’avant la communauté LGBTQ+ pour ce qu’elle est, ouverte et innovante. En Angleterre, le Posh Club promet de divertir une clientèle aînée, en moyenne de 75 ans, où majoritairement des femmes, surtout hétéros, viennent manger des petits sandwichs sans croûtes, des scones, boire de l’alcool et danser sur des airs de disco, en après-midi, pendant que des stripteaseurs et des drag queens animent l’endroit. Présenté les derniers mercredis de chaque mois, pour la modique somme de 10 livres (environ 20 $ CAN), grâce à l’aide financière du Conseil des arts d’Angleterre, cet évènement digne du Cabaret Mado qui rencontre le Campus et le Unity, où beaucoup de bénévoles sont ouvertement queers et où règne une ambiance LGBTQ+ à souhait, est un success story (1).

    L’aventure du Posh Club, maintenant active à cinq endroits à Londres, ainsi que dans plusieurs localités du sud de l’Angleterre, a pris naissance à Crawley, une ville du West Sussex, alors que Simon Casson et sa sœur Annie voulaient désennuyer leur mère de 80 ans, qui se sentait un peu seule après son déménagement. Ce qui a commencé par un salon de thé des plus british est rapidement devenu la boîte de nuit de l’après-midi la plus hot en ville pour aînés dès 2014 !

    Étonnant, non ? « Ça fonctionne parce que, nous, les queers, on sait comment ça marche, le glamour et le showbiz ! », explique justement le fondateur Simon Casson, également propriétaire du Duckies, une boîte de nuit et un collectif LGBTQ+ londonien, réputé depuis plus de 30 ans pour ses performances queers d’avant-garde. « Je n’ai fait qu’appliquer le concept de Duckies à des
    générations plus vieilles », confia-t-il à La Presse (2). À quand les Posh Club au Québec ? J’ai failli ajouter les Posh Club pour lesbiennes, mais je dois avouer que lorsqu’on parle de communauté lesbienne, celle-ci est si peu dense qu’elle peinerait à faire vivre un tel évènement. Cela dit, la particularité de la communauté lesbienne est la suivante : lorsqu’il y a un évènement d’envergure, les lesbiennes de toutes les générations se retrouvent en un seul évènement.

    Dans ma jeune vingtaine, je me souviens avoir été marquée par la chose : j’étais sortie au Drugstore, pour un évènement. À l’époque, on m’avait dit que c’était LE bar lesbien en ville ! Pourquoi alors, dans le bar le plus cool, y avait-il des femmes de l’âge de ma mère et de ma grand-mère ? J’ai compris plus tard que le milieu était si petit, que les femmes avaient peu d’endroits pour se rencontrer et, en ce sens, qu’elles se retrouvaient toutes à la même enseigne, peu importe leur âge, classe sociale, ethnicité, conviction politique, etc. Vous ne verrez que très rarement quelque chose de la sorte dans le monde hétéro, car les offres de bars et d’endroits où sortir sont nombreuses. Mais ce n’était pas le cas pour la communauté lesbienne de l’époque (et si, aujourd’hui, les offres sont plus variées, dire qu’elles sont nombreuses serait une hyperbole).

    On peut d’ailleurs constater ce phénomène lors des Journées de la visibilité lesbienne, lors desquelles jeunes et moins jeunes se retrouvent au même endroit pour célébrer. C’était le cas, le 2 mai dernier, au Ausgang Plaza, sur la rue Saint-Hubert à Montréal, alors que le RLQ organisait son annuelle JVL et y présentait son annuaire lesbo-queer, « un projet de recension, construit à partir de soumissions volontaires, et de mise en lumière des collectifs et groupes lesbo-queers du Québec, afin de visibiliser leurs initiatives » (4). C’est sous le thème « Lezbi Uni.e.s » que s’y sont croisé une myriade d’invitées et de panellistes, afin de fouler la scène et de prendre le micro pour diverses initiatives et remises de prix. Mentionnons, parmi les prix Hommage et Militantisme dignement mérités, des initiatives pérennes qui se démarquent pour leur longévité, soit les Archives lesbiennes du Québec, le Centre de solidarité lesbienne et Lesbos-sons, animé par Nathalie Di Palma. Et puisque l’on discute d’initiatives pérennes pour les lesbiennes aînées, on ne peut passer sous silence le prix Visibilité octroyé à la Maison des RebElles, un collectif de 10 lesbiennes aînées ayant créé, après 10 ans de travail acharné, la première communauté autogérée pour lesbiennes vieillissantes au Québec, comptant 22 logements, habités depuis 2024 (3).

    Enfin, parce qu’une lectrice lesbienne aînée a commenté une de mes chroniques hivernales, en disant que c’était « déprimant » (mais je dois ajouter, à ma défense, que, malheureusement, l’actualité des derniers mois est plutôt déprimante, surtout concernant la place des femmes en société et qu’il ne faut pas faire la sourde oreille si on aspire à changer les choses), elle m’a proposé un évènement qui, selon elle, ferait « un bien moral immense à meslectrices lesbiennes », soit de vous informer de la 9e édition du Congrès international des recherches féministes dans la francophonie (CIRFF), qui se tiendra du 17 au 21 août 2026 à Québec. C’est sous le thème « (Ré)Imaginer : francophonie, luttes et savoirs féministes » et 30 ans après sa première édition, en 1996, que le CIRFF revient à son point d’origine pour célébrer les avancées des recherches féministes francophones et réfléchir collectivement aux enjeux contemporains. L’évènement 30e anniversaire, qui réunira des chercheuses, militant.es, artistes, etc., de divers horizons « sera à la fois une occasion de célébrer les avancées et de réfléchir aux défis actuels, marqués par la montée du populisme, des discours haineux et le recul des droits des femmes et des personnes de la diversité sexuelle et de genre. Depuis plus de trente ans, les recherches féministes francophones interrogent et transforment les structures de pouvoir, tout en tissant des solidarités locales et internationales. Cette édition entend conjuguer mémoire, interdisciplinarité et transmission intergénérationnelle »  (4). Bref, cet été, que vous restiez à la maison, que vous déménagiez dans une maison (RebElles), ou que vous visitiez Québec ou l’Angleterre, les initiatives lesbiennes, féministes et GBTQ+ y seront. Bons rayons de soleil !

    1.Site Web du Posh Club : https://theposhclub.co.uk

    2.Jean-Christophe LAURENCE. « Au Posh Club, il n’y a pas d’âge pour faire la fête », La Presse, 4 mai 2026. https://www.lapresse.ca

    3.Maison des RebElles : https://www.facebook.com

    Annuaire Lesbo-Queer du RLQ : https://rlq-qln.ca

    Pour en savoir plus sur la programmation et l’inscription au Congrès international des recherches féministes dans la francophonie (CIRFF) : https://www.chaireclairebonenfant.ca

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