Conclusion d’une minisérie en cinq numéros, la bande dessinée suit Billy Kaplan (Wiccan) et son mari Teddy Altman (Hulkling), projetés sur une Terre méconnaissable où ils doivent affronter la sorcière Baba Yaga sous peine de mort.
Dès le point de départ, la série joue sur une inversion de la dynamique du couple : Hulkling, généralement une figure de force brute, est grièvement blessé et réduit à l’état de pantin, tandis que Billy, privé de sa magie, se voit contraint de protéger l’homme qu’il aime alors qu’il ne peut plus rien résoudre à l’aide de simples sortilèges.
Dans les trois derniers volets, la quête de Billy atteint un point de rupture qui met de l’avant un conflit intérieur majeur : sa destinée cosmique en tant que Démiurge, un pouvoir colossal qu’il n’a jamais désiré, alors qu’il aspire de mener une vie « ordinaire » auprès de Teddy.
Le récit met également au jour une faille dans leur relation alors que Teddy lui reproche de ne pas avoir usé de ses pouvoirs pour empêcher morts et destructions. Billy se refuse cependant de remodeler la réalité selon son bon vouloir : posséder un pouvoir absolu n’implique pas l’obligation morale de l’exercer à tout prix.
L’affrontement final conduit le jeune magicien à une forme de réconciliation alors qu’il réalise que le pouvoir ne doit ni être conquis, ni refoulé, mais simplement reconnu comme une part de soi. La force de l’identité de Billy — à la fois héros, mari et homme gai — ne constitue pas un obstacle à son rôle cosmique, mais en est au contraire la clé morale, celle qui l’empêche de sombrer dans la tyrannie.
À la fois ludique et émotive, la minisérie propose une lecture passionnante qui explore l’univers des sorcières tout en approfondissant la relation de Billy et Teddy, l’un des couples gais les plus attachants et convaincants de Marvel — même si Midnighter et Apollo restent, à mes yeux, indétrônables, mais du côté de DC Comics
INFOS | Wiccan Witches’ Road / Wyatt Kennedy, Andry Pereira & Jim Campbell. New York : Marvel, 202-2026. Numéros 1-5.

