Jeudi, 28 octobre 2021
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    La 17e édition de la biennale : Quand la nature ressent

    Avec les créations d’une cinquantaine d’artistes internationaux, MOMENTA 2021 invite à réfléchir sur les enjeux actuels entourant notre environnement. Cette ambitieuse 17e édition porte sur la nature et vise à honorer la terre, l’eau, l’air et la multitude de relations qu’ils alimentent. Les œuvres seront présentées dans 15 expositions, dont un jardin extérieur développé par des artistes autochtones et un parcours de réalité augmentée dans 11 lieux extérieurs de Montréal.

    Cette édition ouvre la porte à de multiples interprétations. D’un côté, elle s’intéresse à l’humain qui ressent la nature, éveillant ainsi les cinq sens : la vue, l’odorat, le gout, l’ouïe et le toucher. D’un autre côté, elle s’attache à la nature qui ressent en retour. Survol commenté des expositions proposées.

    L’exposition de groupe De la terre (Galerie de l’UQAM) porte sur les liens entre les humain.e.s et la terre. Les artistes (Kama La Mackerel, Carolina Caycedo, Taloi Havini, Tsema Igharas, Erin Siddall, Miriam Simun et Eve Tagny) se penchent sur nos rapports destructeurs avec l’environnement et sur la façon dont la mainmise du pouvoir colonial sur le territoire a bouleversé les relations avec celui-ci. Iels interrogent la notion de jardin comme refuge universel. Envisageant l’écologie par-delà le naturel, De la terre propose des façons aimantes et bienveillantes de tisser des liens.

    VOX


    Dans l’exposition de groupe Des tentacules façonnant le monde (Fonderie Darling), les savoirs technique, écologique et spirituel s’unissent pour forger toutes sortes d’avenirs possibles. Les artistes (Charlotte Brathwaite, Julien Creuzet, Sandra Mujinga, Tabita Rezaire, Jamilah Sabur, Tejal Shah) cristallisent des instants qui évoquent la renaissance du phénix, la nature jaillissant à l’extérieur des relations destructrices issues du colonialisme et du patriarcat, les corps transcendant les idées de race, de genre et de sexualité ainsi que les savoirs ancestraux se mariant aux techniques modernes.

    L’exposition de groupe Futurs ruisselants VOX (Centre de l’image contemporaine) est consacrée aux espaces qui connectent la terre aux océans. Les artistes (Jen Bervin, Carolina Caycedo, Maryse Goudreau, Ayesha Hameed, Hamedine Kane, Tsema Igharas, Erin Siddall, Susan Schuppli, Susanne M. Winterling), proposent des façons incarnées d’être avec la nature, se penchant ici sur la relation des humain.e.s avec des algues microscopiques ou d’immenses mammifères marins et prenant là l’eau et la glace à témoin des changements climatiques. Iels abordent les atrocités du commerce transatlantique des esclaves et les flots de migrant.e.s rejetés par les océans tout en célébrant l’obscurité enveloppante offerte par l’eau.

    Créé par T’uy’t’tanat-Cease Wyss, Silverbear et Joce TwoCrows Mashkikii Bimosewin Tremblay, TEIONHENKWEN Soutiens de la vie est un jardin urbain (situé sur le terrain extérieur nord de la Grande Bibliothèque) ancré dans le territoire, un lieu de rassemblement empruntant des trajectoires de réciprocité. Il comprend des plantes indigènes aux propriétés médicinales, utilitaires et cérémonielles. Les formes qui accueillent ces plantes sont inspirées de symboles culturels autochtones.

    Silk


    Le parcours interactif Cristaux liquides propose de déambuler à travers Montréal et d’expérimenter par la réalité augmentée les œuvres accessibles sous forme de filtres à l’aide de votre appareil mobile. Ce premier projet de MOMENTA avec la réalité augmentée propose des visions du territoire, de réalités autochtones dans l’espace numérique et des enjeux liés aux changements climatiques. Apparaissant en différents lieux, les œuvres de 11 artistes offrent des rencontres fortuites : ici avec un lion rugissant, à avec une marguerite souriante.

    L’exposition Les derniers des Lémuriens (Centre Clark) de New Red Order (un collectif composé de Adam et Zack Khalil ainsi que de Kite et Jackson Polys) s’inspire de croyances lémuriennes nouvel âge pour faire éclater de façon à la fois critique et humoristique leurs théories racistes et leurs conceptions romancées. La fin est toujours le début d’autre chose (Diagonale) de l’artiste Léuli Eshraghi s’articule autour d’une cérémonie où s’entrelacent humain.e.s, animaux et nature, et ce afin de célébrer les affinités autochtones et la pluralit des genres, des sexualités et des plaisirs qu’elles portent. Eshraghi propose de nouvelles avenues sensibles pour aborder l’avenir des personnes queer, trans, non binaires et autres auxquelles on a violemment retiré les rôles-clés dans la vie intellectuelle et culturelle d’une multiplicité de systèmes de parenté autochtones.

    Avec l’exposition Les papillons écrasés rêvent aussi (Galerie B-312), Chloë Lum et Yannick Desranleau mettent en scène une correspondance chantée et dansée entre une interlocutrice contemporaine anonyme et l’écrivaine brésilienne Clarice Lispector. Dans cette comédie musicale se déroulant entre le monde des vivant.e.s et celui des mort.e.s, les mots, les corps et les objets enivrent par leur sensualité, tendre et sombre à la fois, comme la chaleur étouffante d’une cité tropicale.

    Avec Désordre poétique (Galerie Leonard & Bina Ellen), l’artiste Beatriz Santiago Muñoz met à l’épreuve le regard occidental posé sur des lieux dont l’Histoire est marquée par la colonisation, l’occupation militaire et la résistance. Elle rassemble quatre œuvres filmiques qui abordent et incarnent les complexités sous-jacentes à l’idée de «prendre soin».

    Avec l’exposition Intimité de l’inconnu (Musée des Beaux Arts de Montréal), l’artiste Anne Duk Hee Jordan dévoile quelques-unes des connexions planétaires entre les papillons monarques, les amphibiens, les bactéries, les champignons, les crabes et une multitude d’autres créatures. L’exposition aborde la diversité et la fluidité des existences sous l’angle de la communauté et de l’équité interespèces.

    Re(cul) naissance


    Partition exquise (Musée McCord) présente le fruit d’une correspondance entretenue à distance entre l’artiste Caroline Monnet (Montréal) et la musicienne Laura Ortman (New York) depuis leur demeure respective. À travers des échanges épistolaires, elles explorent de manière métaphorique et matérielle la topographie du territoire qui les sépare.

    Des rivières parcourant les corps (Occurrence) sonde les idées de pollution et de toxicité à travers l’œuvre cinématographique et photographique de Thao Nguyen Phan et l’installation de Candice Lin et P. Staff. À la fois distinctes et apparentées, les œuvres de Phan et de Lin et Staff dévoilent de multiples formes de contamination, autant de forces affectant le corps humain, les terres et les eaux de manière interreliée, matérielle et immatérielle.

    Avec l’exposition Diffraction. De la lumière et du territoire, BUSH Gallery présente des œuvres qui examinent les processus photographiques alternatifs et les implications politiques de la création. Les œuvres de Gabrielle L’Hirondelle Hill, Peter Morin et Tania Willard témoignent de l’influence de la lumière sur les matières organiques, qu’elle altère indubitablement sur son passage. Avec l’exposition Spill (Fondation PHI pour l’art contemporain), l’artiste Abbas Akhavan brouille les frontières entre l’intérieur et l’extérieur, le naturel et l’artificiel. Spill se joue de notre envie irrépressible d’interpréter la nature, de cette volonté humaine d’accoler des significations et d’imposer un cadre qui nie aux éléments qui l’habitent la possibilité d’exister hors de nos désirs.


    INFOS | MOMENTA BIENNALE DE L’IMAGE

    DU 8 SEPTEMBRE AU 24 OCTOBRE 2021
    WWW.MOMENTABIENNALE.COM

    POUR LE PARCOURS INTERACTIF :

    MOMENTABIENNALE.COM/CRISTAUXLIQUIDES

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