Jeudi, 28 octobre 2021
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    Lancement du balado Droits Positifs de la COCQ-SIDA

    La COCQ-SIDA lance ces jours-ci un balado sur les droits des personnes vivant avec le VIH. Animé par Hugues Lefebvre-Morin, lui-même séropositif, et Charlie Morin, bien connu pour l’animation du balado 2fxfslematin, le projet Droits Positifs se veut une série de conversations, aussi rigoureuses que détendues, durant lesquelles le tandem discutera avec un expert juridique et une personne vivant avec le VIH.


    En plus clair, le balado se veut utile et pertinent, sans être lourd comme une présentation magistrale. «Dans chaque épisode, les animateurs vont discuter en première partie avec un invité qui va nous parler de son vécu, explique Laurent Trépanier-Capistran, avocat et coordonnateur du Service VIH Info-Droits à la COCQ-SIDA. Un peu plus tard, un expert juridique se joindra à eux, toujours en présence de l’invité, qui pourra poser ses questions et partager son expérience. Puisque le droit n’est pas sexy, on tenait à garder le projet très humain.»


    Parmi les thématiques au programme : le dévoilement du statut sérologique dans un contexte de travail, dans une relation amoureuse, avant d’avoir une relation sexuelle, dans le cadre d’une demande d’immigration, etc. «En gros, le thème principal de la saison est le dévoilement, ses effets et les enjeux de droit qui s’y rattachent, dit Hugues Lefebvre-Morin. Par exemple, on veut expliquer si un employeur est obligé d’interroger un employé sur son statut. Quoi faire si on parle de notre statut à une personne et qu’elle le dévoile ensuite à d’autres? Quand sommes-nous obligés de le dévoiler? On veut creuser chacune de ces sphères.»


    La série d’épisodes (il y en aura entre huit et dix) de Droits Positifs deviendra une banque d’informations à laquelle pourront se référer les personnes vivant avec le VIH. «C’est une façon intéressante et légère d’en apprendre plus sur nos droits, affirme le coanimateur. Je pense aussi que nos invités de tous les horizons vont nous permettre d’humaniser cette réalité. La société a besoin de sortir de l’image de l’homme gai amaigri des années 1980 et 1990. En présentant huit à dix invités aux vécus très différents, je pense qu’on va réussir à intéresser le grand public.»
    Après que Charlie Morin ait été identifié comme un animateur potentiel, la COCQ-SIDA a trouvé Hugues pour se joindre à lui. «Nous n’avions pas l’idée d’un duo à la base, précise Laurent. Nous avons reçu plusieurs candidatures et celle de Charlie nous a beaucoup intéressée. Comme il est séronégatif, on trouvait important d’avoir également une personne séropositive au micro. Charlie nous a proposé la candidature de Hugues. Et comme on désirait créer un balado très conversationnel, plutôt qu’un exposé d’expert juridique, on trouvait que le duo était une très bonne idée.»


    Se disant rassuré par l’expertise d’animation de Charlie, Hugues trouve également que son partenaire de travail le complète bien. «En tant qu’homme gai impliqué dans sa communauté, sans être au courant de tout ce qui concerne les enjeux reliés au VIH, Charlie peut poser plusieurs questions que le public séronégatif se pose, en s’exprimant avec bienveillance.» Sa propre implication allait de soi. «Depuis que j’ai eu mon diagnostic au début 2016, j’ai toujours eu le désir d’être ouvert par rapport à mon statut, explique Hugues. En coanimant le balado et en m’impliquant comme pair aidant auprès de l’organisme communautaire Maison Plein Coeur, j’arrive à transformer quelque chose de négatif en positif – sans vouloir faire de mauvais jeu de mots. Ça me donne l’impression de prendre le contrôle sur un aspect de ma vie qu’on peut dire ‘‘négatif’’.»


    Il ne semble pas avoir d’appréhensions quant aux réactions potentiellement négatives d’une partie de l’auditoire qui découvrira son statut. «J’ai déjà été bashé publiquement, quand Radio X est tombé sur 2fxfslematin et que la station a diffusé l’extrait d’un épisode où j’étais invité. En fait, le premier épisode du balado Droits Positifs porte justement sur le dévoilement auprès du grand public.»


    En 2021, il a l’impression qu’avec la rareté des coming out publics de personnes vivant avec le VIH, leur santé relativement bien contrôlée et le stigma moins présent qu’avant, il y a une sorte de vide qui génère un manque de représentation. «Cette absence de représentation fait en sorte que les gens déjà peu au courant entretiennent encore certaines images très fortes associées au VIH. Ça fait longtemps que j’ai envie de montrer un nouveau visage du VIH.» 


    INFOS| droitspositifs.buzzsprout.com

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