Vendredi, 3 Décembre 2021
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    Selon la famille de Zacharias Kostopoulos sa mort est la conséquence d’un crime de haine

    La mort de Zacharias Kostopoulos, icône du mouvement LGBTQ en Grèce, roué de coups il y a trois ans à Athènes, est un « crime de haine », a accusé sa famille mercredi, devant la cour d’assises d’Athènes.

    Six hommes, dont quatre policiers, encourent une peine maximale de 10 ans pour blessures ayant entraîné la mort, infligées le 21 septembre 2018 dans une rue piétonne du centre d’Athènes.

    Leur procès, très attendu de la communauté LGBTQ en Grèce, avait été interrompu à cause de la pandémie en octobre 2020, après avoir à peine commencé.

    Les audiences ont repris mercredi, notamment avec le témoignage du frère de la victime, Nikos Kostopoulos, qui a qualifié le drame de «crime de haine». Son père Efthymios Kostopoulos a également estimé que son fils, militant connu de la cause gaie, avait péri dans une attaque «punitive» car il était «différent» des autres, a rapporté une source judiciaire.

    Le 21 septembre 2018, comme le montre une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, le trentenaire, homosexuel et toxicomane connu dans le quartier, a été violemment battu par deux hommes, dont le propriétaire d’une bijouterie que, selon les accusés, il tentait de cambrioler. Il était parvenu à s’extraire de la boutique par la vitrine brisée mais dans la rue, des passants lui avaient à leur tour porté des coups.

    Des policiers arrivés sur place l’avaient ensuite frappé et menotté alors qu’il saignait sur le trottoir, selon cette vidéo. Sa mort à l’âge de 33 ans avait été constatée quelques heures plus tard à l’hôpital où il avait été transféré.

    L’autopsie avait montré qu’il avait subi « un infarctus du myocarde ischémique à la suite de blessures graves », a déclaré à l’AFP l’avocate de la famille, Me Anna Paparoussou. « Ce jour-là, il n’avait pas pris (de drogue) selon l’autopsie », a précisé son père au procès. 

    Stigmatisation ? 
    Alors que les intentions des coups ne sont pas réellement connues et que les accusés n’ont pas été poursuivis pour des motifs haineux, la communauté LGBTQ grecque avait immédiatement fait de la mort de Kostopoulos un cas d’école.

    Le Gréco-Américain Zacharias Kostopoulos, connu sous son nom d’artiste drag queen « Zak/Zackie Oh », était un ardent défenseur des droits des LGBTQ et des séropositifs, comme lui-même.

    A l’audience mercredi, les accusés se sont déclarés « catégoriquement innocents », selon une source judiciaire. Une avocate des policiers a assuré que Kostopoulos brandissait un morceau de verre brisé et menaçait un secouriste qui venait de lui bander la tête. « Qu’étions nous censés faire? ne pas lui passer les menottes? Où est l’intention de tuer en tentant de désarmer » quelqu’un?, a soutenu Me Evita Varela devant les trois juges et les quatre jurés.

    L’un des accusés, le bijoutier, était absent de l’audience mercredi. Devant la cour d’assises, où plus de 40 témoins de l’accusation doivent être entendus, des manifestants s’étaient rassemblés mercredi en soutien à la victime en brandissant une banderole où on pouvait lire « Jusctice pour Jackie Oh ».

    Des observateurs d’Amnesty International et un représentant de la communauté grecque LGBTQ étaient présents dans la salle d’audience, selon l’agence de presse grecque ANA. Amnesty International, qui avait qualifié sa mort de « lynchage » et d' »assassinat », a indiqué mardi que « la communauté internationale a été mobilisée pour mettre fin à la stigmatisation, aux préjugés et à la rhétorique haineuse auxquels Zak Kostopoulos et sa famille ont souvent été confrontés ».

    Les audiences ont été à nouveau suspendues jusqu’au 9 novembre alors que le verdict n’est pas attendu avant la fin d’année, selon une source judiciaire.

    Rédaction avec AFP

    L’accès aux soins de santé demeure difficile pour les jeunes trans, révèle une étude

    Une étude unique en son genre a suivi 174 jeunes transgenres à travers le Canada sur une période de deux ans. On y révèle l’importance du soutien parental, mais aussi le manque d’accès aux soins, notamment en ce qui a trait à la santé mentale.

    L’étude, publiée ce mois-ci dans la revue scientifique Pediatrics, a suivi des jeunes trans de moins de 16 ans qui ont été recommandés à l’un des 10 hôpitaux pour enfants du pays sur une période de deux ans entre 2017 et 2019. C’est également l’une des premières études de ce type à inclure le point de vue des familles de jeunes trans et non binaires.

    Même si 62 % des jeunes ont rapporté avoir un fort soutien parental, beaucoup d’entre eux souffrent tout de même d’anxiété et/ou de dépression.

    «Ces jeunes, lorsqu’ils sont tout simplement eux-mêmes, ils deviennent heureux. Ils recommencent à parler à leur famille et sentent qu’ils sont acceptés pour ce qu’ils sont», explique la Dre Margaret Lawson, endocrinologue au Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO), qui est également la co-chercheuse principale de l’étude.

    Près de 35 % ont eu des pensées suicidaires au moins une fois dans leur vie, tandis que près de 17 % avaient tenté de se suicider l’année précédente, selon l’étude.

    La Dre Lawson estime que les camarades de classe, les enseignants, la famille élargie ou la société dans son ensemble pourraient ne pas être aussi compréhensifs par rapport à ces jeunes que les parents qui les soutiennent, ce qui ajoute à leur détresse psychologique.

    Santé mentale : plus de détresse chez les jeunes hommes trans
    La dysphorie de genre est l’un des plus grands défis de santé mentale pour les jeunes trans et non binaires. Il s’agit d’un diagnostic clinique décrivant l’inconfort ou la détresse lié au sexe attribué à une personne à la naissance par rapport au genre auquel elle s’identifie. Les jeunes se sentent également jugés et non acceptés pour ce qu’ils sont, explique la Dre Lawson.

    Bien que près des deux tiers des jeunes de l’étude soient conscients du genre auquel il s’identifie avant leur 12e anniversaire, Dre Lawson estime qu’ils attendent en moyenne près de quatre ans avant de consulter. Certains peuvent même voir jusqu’à huit médecins, avant de se retrouver dans un hôpital pour enfants où ils seront pris en charge.

    En attendant, ces jeunes développent de plus en plus de détresse, conclut Dre Lawson.

    Avec les informations de CBC

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