Vendredi, 19 août 2022
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    Boy Boy Montreal : le docu de la porno gaie montréalaise

    Selon l’acteur porno Skyy Knox, il se tourne entre 15 à 20 scènes de porno gaie à Montréal… chaque mois. Aux yeux du producteur Martin Henri, la métropole québécoise est presque nez à nez avec Los Angeles dans le domaine. Fugues leur a parlé pour souligner la sortie de la série documentaire Boy Boy Montreal, diffusée sur OUTtv au Canada, aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Irlande et en Nouvelle-Zélande.

    Difficile de faire comme si Montréal n’occupait pas une place centrale dans la porno homosexuelle. En effet, nombreux sont les consommateurs qui ont déjà croisé dans la rue certains des acteurs qu’ils ont l’habitude d’admirer peu habillés. Dans la série documentaire, les acteurs, réalisateurs et producteurs interviewés s’entendent pour dire que la beauté des garçons montréalais, l’aisance avec laquelle les Québécois parlent de sexualité et même les couts peu élevés de l’immobilier à Montréal ont permis à la scène porno gaie de devenir une plaque tournante.

    Il allait donc de soi pour les réalisateurs Isabelle Hamond et Raphaël Massicotte de penser à une série documentaire donnant accès aux coulisses de l’industrie très bien installée à Montréal. Ils se sont alors tournés vers le producteur Martin Henri, qui a un peu hésité avant d’embarquer dans le projet. «D’entrée de jeu, je me suis questionné à savoir s’il y avait assez de contenu pour en faire une série. Et j’étais aussi très surpris de voir qu’ils me proposaient un ton d’émission pop bonbon à la RuPaul avec des entrevues en confessionnal. J’étais habitué à du contenu ultradramatique sur la porno, avec des acteurs qui sombrent dansl’alcool et la drogue.»

    Les deux créateurs ont vite fait de corriger le tir. «Ils m’ont expliqué à quel point c’était souvent drôle et léger sur les plateaux. Par exemple, ça leur arrive de devoir passer le temps en textant avec leur chum ou leur blonde pendant des heures, parce que leur acteur n’arrive pas à… jouir. Ils m’ont présenté la porno gaie sous un tout autre jour.» Ils lui ont également ouvert leur carnet de contacts. «Ils ont trouvé tous les intervenants. On n’aurait pas pu faire un show pareil sans leurs accès. Ils les connaissaient déjà tous.» Peu à peu, le producteur a poursuivi sa découverte de l’industrie. «J’ai fait connaissance avec des personnes affirmées et assumées dans ce qu’elles faisaient.»


    L’une d’elles est la superstar Skyy Knox, qui s’est prêté au jeu du documentaire pour déconstruire les nombreux stéréotypes associés à son milieu et pour mettre en lumière la montée en puissance de la métropole dans la porno gaie. «Même si je travaille surtout aux États-Unis, je tiens à aider Montréal à prospérer dans la communauté de la porno. Je voulais aussi parler de tous les acteurs et réalisateurs merveilleux que nous avons ici.»Des réalisateurs qui ne se gênent pas pour dire à la caméra que certains acteurs agissent comme des divas insupportables, bien qu’ils soient impossibles à renvoyer en raison de leur statut de vedettes. «Moi-même, je me sens comme une diva, mais je suis un de leurs préférés sur les plateaux, répond Skyy Knox avec un air enjôleur. Je suis toujoursprofessionnel. J’arrive prêt à travailler. Je collabore avec eux pour créer les scènes.

    Malheureusement, plusieurs de mes collègues pensent qu’en raison de leur popularité, ils peuvent s’en tirer avec n’importe quel comportement. Ils ne devraient carrément pas travailler.» Dans les dix épisodes de la série, on voit plusieurs acteurs porno réunis pour discuter de leur métier avec sincérité. «Le fait de pouvoir les rencontrer et discuter avec eux m’a fait réaliser qu’on se sentait tous de la même façon dans notre industrie, peu importe qu’on soit le bear poilu kinky, l’acteur plus artiste et original ou le gars musclé. On a tous les mêmes réalités et les mêmes problèmes.»

    Durant ces discussions, Skyy Knox s’exprime avec générosité, intelligence et désinvolture. «Ma participation au documentaire m’a inspiré à considérer davantage mes habiletés d’animation. J’adore ça! Si l’occasion se présentait, je pourrais animer une émission ou un évènement. Pour moi, une caméra reste une caméra, que ce soit pour de la porno, en entrevue avec vous ou en direct sur une scène. Je suis né pour faire ça.» Il affirme même que la porno, c’est sa vie. Rien de moins. «J’ai toujours été fasciné par la porno. Je suis un homme gai, alors j’en regarde depuis longtemps. J’ai grandi en regardant les vidéos du studio Falcon et je suis désormais un acteur exclusif de cette maison. Quand on a conclu cette entente, j’ai senti que j’avais trouvé ma place, ma maison. Je m’épanouis dans la porno et je fais tout pour transmettre ce que je connais à ceux qui sont prêts à apprendre, que ce soient les nouveaux venus ou ceux qui ont de la difficulté à se faire un nom.»

    Il souhaite d’ailleurs maintenir son propre nom très longtemps dans l’industrie. «Je prévois demeurer dans la porno pour le reste de ma vie. J’ai présentement 35 ans et je me vois bientôt transiter du côté des daddys. J’ai très hâte de vivre ça!» Pour ce faire, il devra s’astreindre à un régime de vie presque spartiate. «Il y a une pression indéniable à rester en grande forme physique si je veux conserver ma marque de commerce. Je considère qu’aller au gym fait partie de mon travail.

    Quand certains proches m’invitent à une activité, que je refuse pour aller m’entrainer et qu’ils me suggèrent de manquer une session, je vois qu’ils ne comprennent pas à quel point c’est important pour mon travail. Moi, je sais que si je n’ai pas l’air de ce dont j’ai l’air, je ne serai pas engagé dans les films qui m’intéressent et je ne pourrai pas garder ma carrière en vie.»

    INFOS | BOY BOY MONTREAL DISPONIBLE SUR OUTTV.CA

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