Mardi, 9 août 2022
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    Ma relation amour-haine avec les réseaux sociaux

    À une époque pandémique où voir des gens en personne est devenu une rareté et presque un danger, la primauté des réseaux sociaux est indéniable. Facebook, Twitter, YouTube, Instagram, TikTok, Snapchat, LinkedIn, nommez-les. Ils prennent une place incommensurable dans nos vies. Notre rapport aux réseaux est parfois comme une relation de couple : il faut leur donner de l’amour, même si parfois nous les haïssons. Ils peuvent créer de la dépendance. Beaucoup. Il faut montrer vos plus beaux atouts, faire preuve d’originalité, mais également de constance. Que vous soyez vigilant ou non, les réseaux sociaux peuvent vous détruire. Vous intimider. Vous voler de l’argent. Un peu comme un couple (non monogame), il faut entretenir toutes vos relations.


    Et séduire. Néanmoins, sur une plateforme, c’est l’algorithme qui a le contrôle, pas vous. Puisqu’on a récemment désactivé mon compte Facebook, sans justification, cette suppression a généré en moi une réflexion sur ma relation amour-haine avec les réseaux sociaux. D’abord, si vous croyez que Facebook est la plus belle chose qui soit arrivée dans votre vie, attendez qu’on vous l’enlève, qu’on vous supprime. Question de continuer avec la métaphore du couple, c’est un peu comme un coup de foudre ; au début c’est le fun, euphorique. Après ça stagne, mais on y reste, car la vie parait terne sans cette « présence ». Y’en a même qui
    « prennent un break » et qui reviennent, davantage accros. Puis y’en a qui se font « tromper », hameçonner. Y’en a d’autres qui se font carrément « larguer », supprimer. J’ai vécu tous les cas de figure dans ma relation amour-haine avec Facebook.

    Début décembre, je recevais un message de Facebook me disant que « mon compte a été désactivé parce que mon compte, ou encore l’activité sur mon compte ne respecte pas les normes de la communauté ». Le message stipulait que si je croyais que « ça avait été désactivé par erreur, j’avais 30 jours pour demander un examen » en cliquant sur le lien fourni. J’étais estomaquée. J’ai demandé un examen. Bien sûr qu’il y avait erreur : ma dernière publication présentait la chanson que j’avais composée pour Maison Plein Cœur, qui invitait les gens à exprimer leur générosité en cette Journée mondiale de lutte contre le sida… Deux jours plus tard, deux transactions totalisant 700 $ sont facturées sur mon compte PayPal pour des soi-disant Facebook Ads que j’aurais achetés…

    D’abord, je n’aurais jamais dépensé une telle somme en publicité Facebook et, secundo, même si j’avais voulu le faire, je n’avais plus accès à mon compte ! PayPal a rejeté ma requête de remboursement, car ma page business y était associée (jadis, quand j’avais accès à mon compte !). Près d’un mois plus tard, avec 700 $ et 700 « ami.e.s » en moins, sans accès à ma page business et avec ma page perso supprimée, je n’ai reçu aucun retour de leur prétendu examen et mon compte a été désactivé. Étant sur Facebook depuis 2007, si quelque chose m’avait échappé dans les « règles de la communauté », j’aurais été recalée de la classe bien avant ! J’ai toujours été prudente en lien avec ce que je publiais sur Facebook, utilisant la plateforme davantage comme une vitrine pour mon travail ou pour mes projets artistiques. De toute évidence, respecter les règles n’est pas très payant et quelqu’un, quelque part, s’est mis près de 700 $ dans les poches en les enfreignant. D’ailleurs, pendant que la majorité s’efforce de respecter les règles, vous avez des soi-disant influenceurs (de mauvaise influence) qui s’envolent sur Sunwing et y commettent tous les interdits en se filmant pour s’en vanter sur les réseaux sociaux… Non seulement on ne désactive pas les comptes de ces imbéciles, mais ils sont suivis par des milliers…

    Sinon, je me suis dit que l’algorithme de Facebook était peut-être sérophobe ou homophobe ? Je me souviens que jadis, la page du Fugues avait « disparu » subitement… Tsé, un beau gars au torse nu sur un cover de magazine LGBT, maudit que ça contrevient aux règles ! Le problème c’est que l’algorithme n’est pas « intelligent » au-delà de son appellation et qu’il contrôle une plateforme. C’est dangereux. Sans oublier que le service à la clientèle de Facebook est inexistant, bien que le consortium Meta possède également les plateformes Instagram et WhatsApp. Flashs news : je me suis également fait supprimer d’Instagram, de Messenger et de WhatsApp. Cette convergence médiatique des GAFAM est dangereuse. S’ils peuvent décider de supprimer une petite personne comme moi de toutes leurs plateformes, sans justification, ils peuvent également le faire pour diverses informations et différents enjeux sociaux et, insidieusement, prendre le contrôle, voire parfois faire de la propagande médiatique.

    Il ne faut pas oublier que ces compagnies veulent avant tout faire de l’argent. D’ailleurs, comment font-elles leur argent ? Le savons-nous vraiment ? La publicité a le dos large… Disons qu’elles ne présentent pas leurs états de compte au grand jour… Bref, c’est « gratuit », mais il y a un prix à payer, car vous le savez comme moi, il n’y a jamais vraiment rien de gratuit dans la vie… Sans conteste, les réseaux sociaux sont pratiques dans nos vies effrénées, étant des moyens de communication rapides et efficaces. Jusqu’à ce qu’ils disparaissent, qu’ils boguent, qu’ils vous désactivent ou que vos données y soient piratées, vous faisant prendre conscience de leurs failles et de votre dépendance. Étant donné leur omniprésence, plusieurs utilisateurs en sont carrément accros.

    Ceux qui y sont absents se dissipent pratiquement de nos vies. D’autres se suicident, à cause de la cyberintimidation générée sur les réseaux sociaux. Certes, les réseaux sociaux nous permettent de créer des liens, mais ces liens sont-ils vraiment tangibles ? Je n’ai pas les réponses à toutes ces questions. Comme je n’aurai probablement jamais d’explications sur la fermeture de mon compte ou le retrait de mon argent. Malgré tout, je me suis créé un nouveau compte Facebook, ne serait-ce que pour l’outil de travail qu’il est devenu, d’autant plus dans le domaine des médias. Certes, je suis certaine d’une chose : l’algorithme à la base de tout réseau social et les mentions « J’aime » ne remplaceront jamais la chaleur d’un proche qui vous prend dans ses bras. La voix d’une amie qui vous appelle pour votre anniversaire. L’amour inconditionnel de votre animal de compagnie. Le regard d’un parent posant fièrement les yeux sur son enfant. L’algorithme ne remplacera jamais un cœur qui bat. Jamais. Et ne me parlez pas des plateformes de rencontres amoureuses…

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