Samedi, 1 octobre 2022
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    Un coup d’œil et je sais comment tu baises

    Des amis m’ont dit, avec un sourire en coin, que mon ex-copain mexicain devait être un chaud lapin. Quantité d’hommes sur les applications ont présumé de la taille de mon sexe en fonction de la pointure de mes souliers. D’autres sont persuadés que les hommes arabes sont tous des brutes au lit. Encore aujourd’hui, les clichés associés aux origines, à la taille et au poids sont aussi ridicules que dévastateurs.


    Les aprioris sont loin de se limiter aux exemples ci-haut. Combien de fois avez-vous entendu dire que les hommes noirs avaient des pénis de longueur et de largeur supérieures à la moyenne, ainsi que des fesses plus musclées ou plus rondes ? Si nos yeux et nos expériences peuvent attester que c’est parfois/souvent le cas, ce n’est certainement pas toujours ainsi. Donc, si vous rencontrez un homme noir qui possède un membre se situant dans la moyenne ou en deçà, et que vous exprimez une forme de déception ou de rejet pour cette raison, c’est d’une violence inouïe ! Pire encore : cela sous-entend que s’il ne respecte pas les stéréotypes associés à la couleur de sa peau, il vous intéresse moins ou pas du tout. Ce qui signifie également que vous le réduisez à sa queue, à son cul et à son corps. Bref, que vous le voyez comme un simple objet sexuel, sans considération pour sa personnalité et pour le reste de sa vie.

    Poursuivons sur notre lancée. À quoi associe-t-on les hommes asiatiques ? Un petit pénis, une tendance à la soumission sexuelle et un rôle prédéfini quand il y a pénétration (bottom). Encore des généralisations blessantes pour les personnes concernées. Que dit-on des hommes d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud ? Qu’ils sont des bêtes de sexe insatiables, qu’ils sont plus doués que les autres au lit et que sais-je encore ? Encore des clichés! En passant, même si vos quatre baises originaires de Colombie, du Mexique, du Guatemala et du Brésil confirment lesdits clichés, vous n’avez aucun droit de généraliser sur leurs populations et de vous attendre à des comportements automatiques de leur part. C’est la même chose avec les hommes arabes que bien des gens imaginent musclés, barbus, poilus et dominants. N’est-ce pas ironique que certains membres d’une société, qui prend de plus en plus conscience des ravages de la masculinité toxique, s’attendent encore à ce que le Moyen-Orient ne produise rien d’autre que l’idée castrante du mâle alpha ?

    Faisons ici une parenthèse pour parler des fameuses préférences associées aux origines. Il est de plus en plus répandu qu’un profil dans lequel on peut lire « No Blacks, no Arabs, No Asians » est une forme de racisme dégoulinant de fermeture et d’ignorance, quoiqu’en disent les usagers qui prétendent « simplement exprimer les types d’hommes qui ne les attirent pas pour gagner du temps », avec une bête innocence qui mérite qu’on leur lance un verre d’eau au visage pour les réveiller. En contrepartie, le fait d’afficher votre amour transi pour les personnes issues d’une culture en particulier n’est pas mieux. Sous le couvert de l’attrait et de l’ouverture se dissimule trop souvent une forme de fétichisme. Comme si vous étiez attirés par elles à cause de leurs origines et des idées préconçues sur leurs attributs physiques ou sur leurs comportements.


    Les hommes blancs sont sujets à moins de préjugés en lien avec leur sexualité. J’ai néanmoins été confronté des dizaines de fois aux idées préconçues associées à mes six pieds trois pouces et à ma carrure. Selon les clichés, j’ai assurément un sexe géant. Je ne peux être rien d’autre qu’un top dominant. Et quand vient le temps de se coller, je suis automatiquement la grande cuillère. Quel manque d’imagination! Sachant que j’aime autant réconforter qu’être réconforté et être la grande cuillère que la petite cuillère. Et jamais je n’imaginerais qu’un mec de cinq pieds onze pouces ou de cinq pieds, plus mince que moi, est inévitablement une petite cuillère avec un micropénis et une préférence à être bottom.

    Explorons maintenant une autre forme d’aprioris. J’ai récemment été flabbergasté de me faire draguer par un gars que je connais depuis des années. Le genre de mec que j’imaginais out of my league tellement il est beau. Lorsque je lui ai fait part de mon étonnement, il ne comprenait pas pourquoi. J’ai rétorqué qu’il se tenait uniquement avec des gars aux corps de dieux grecs abonnés à temps plein au gym. Il a répliqué qu’ils étaient ses amis et pas le type exclusif d’hommes qui l’attiraient. J’ai renchéri en précisant que je n’étais pas aussi mince que lui. Il a répondu que ça ne l’empêchait pas de me trouver beau et chaud. Pas plus compliqué que ça!

    Ce jour-là, j’ai compris que mes vieux réflexes d’adolescent complexé, qui s’imaginait ne jamais attirer les regards, avaient laissé des traces. Et surtout, j’ai réalisé que je devais cesser les aprioris sur qui peut s’intéresser à moi. Parce que voilà, tous les clichés sur les grands, les petits, les minces, les musclés, les dad bods, les grassouillets, les hommes noirs, latinos, blancs, asiatiques ou arabes, c’est de la foutaise.

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