Samedi, 26 novembre 2022
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    Plus de 35 films queer pour les 35 ans d’image+nation 2022

    Joyland

    À Lahore, Haider et son épouse cohabitent avec la famille de son frère au grand complet. Dans cette maison où chacun vit sous le regard des autres, Haider porte l’espoir de perpétuer la lignée en donnant naissance à un garçon. Pourtant, il est cantonné aux tâches « féminines » de la maisonnée, repassage des chemises et jeux avec les nièces, alors que sa femme Nucchi s’épanouit au travail dans un salon de beauté. Le jour où il déniche un petit boulot dans un cabaret, Haider tombe sous le charme de Biba, une danseuse trans sensuelle et magnétique. Cette rencontre sera l’élément déclencheur d’une redistribution des rôles et des désirs, qui précipite la famille dans le drame. Haider se retrouve écartelé entre les injonctions qui pèsent sur lui et l’irrésistible appel de la liberté.

    Si Joyland  n’aspire pas au plus grand réalisme, les relations entre les êtres qu’il représente ne sombrent pourtant jamais dans la caricature. Le film, qui a remporté la Queer Palm à Cannes en 2022, est empreint de la même douceur que son protagoniste. Par ailleurs, la mise en scène minutieuse renforce la dénonciation des ravages du patriarcat au Pakistan.

    par Étienne Dutil

    INFOS | Ce film de Saim Sadiq sera présenté dans le cadre de la 35e édition du festival image+nation. PROJECTION en salle seulement au Cinéma MODERNE.
    19 NOVEMBRE 2022, à 21H

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    Trois nuits par semaine

    Présenté récemment en ouverture de la Semaine de la critique à Venise, Trois nuits par semaine est le premier long métrage du Français Florent Gouëlou. « J’ai pensé Trois nuits par semaine comme un film d’amour et d’aventures», explique réalisateur «fasciné par l’art de la drag avant de devenir drag queen moi-même, j’ai voulu écrire sur le frisson de la scène et la solidarité entre queens, mais aussi sur le sentiment amoureux : le début et la fin de l’amour… ou comment une rencontre peut changer le cours d’une vie.»

    Le cinéaste signe un film chaleureux qui trouve toujours le bon point de vue, à la fois populaire et galvanisant, d’une profonde générosité. Baptiste, en couple avec Samia, découvre un monde qui lui est inconnu : celui de la drag.

    Le jeune homme est armé de son appareil-photo et c’est là le point de départ du premier long métrage de Florent Gouëlou : le public est invité à pénétrer dans cet univers étranger en même temps que le héros. Avec finesse, le réalisateur pose intelligemment la question du point de vue. Certes, Baptiste emmène le public avec lui et sert d’initiateur, mais le film ne s’arrête pas là. Baptiste est autant regardé que regardant et c’est la précieuse dynamique sur laquelle fonctionne le film. Celui-ci peut s’adresser à un public qui ne connait rien à la drag, mais le cinéaste sait comment décentrer, faire en sorte que les queens prennent la place qui leur revient dans le film et par là il peut aussi s’adresser à un public queer averti pour lequel ce milieu n’est pas inconnu. « Ces gens-là », c’est nous. C’est une manière d’inviter chaque public, sans partir du principe que l’un appartient davantage à la marge que l’autre. Et c’est aussi ce qui se trame à l’écran, lorsque Gouëlou floute les frontières entre les différences, questionnant ce qui est considéré comme (hétéro)normé et ce qui ne l’est pas.

    Trois nuits par semaine n’est d’ailleurs jamais un film sur les difficultés de Baptiste à aimer un gars. Baptiste regarde Cookie, mais Cookie le regarde aussi et cet amour, comme un coup de foudre de comédie romantique, ne s’explique pas. Trois nuits par semaine constitue également un galvanisant récit d’empowerment queer. Le film est une émouvante lettre d’amour à cet art queer de la drag.

    Derrière les strass, derrière le fond de teint, Florent Gouëlou signe une romance très attachante, à la fois simple et ambitieuse.

    par Étienne Dutil

    INFOS | Ce film de Florent Gouëlou sera présenté dans le cadre de la 35e édition du festival image+nation. PROJECTION, en salle seulement, au Cinéma IMPÉRIAL, le 23 NOVEMBRE 2022, à 19H. En ligne, du 24 au 28 novembre 2022.

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    You Can Live Forever 

    Pour leur premier long métrage de fiction, les réalisateur.trice.s montréalais.e.s Sarah Watts et Mark Slutsky présentent un drame intimiste campé dans les années 1990, qui relate l’histoire d’un amour interdit entre deux jeunes femmes dont les parents sont membres des témoins de Jéhovah. Lorsque Jaime, adolescente lesbienne qui n’a pas encore fait son coming out, est envoyée vivre dans une communauté de témoins de Jéhovah, elle tombe follement amoureuse d’une fervente adepte de la communauté. De leur relation naitra une intense liaison qui modifiera le cours de leur existence. Leur relation secrète finit par éclater, faisant voler en éclats les valeurs strictes de leur petite communauté gaspésienne.

    Production anglo-québécoise, You Can Live Forever se présente comme un drame sur le passage à l’âge adulte, dans lequel il est question d’amours adolescentes, d’amitié et de découverte. Parmi les comédien.ne.s de la distribution, on retrouve entre autres Anwen O’Driscoll, June Laporte, Liane Balaban et Hasani Freeman.

    par Chantal Cyr

    INFOS | Ce film de Sarah Watts Mark Slutsky sera présenté dans le cadre de la 35e édition du festival image+nation. Pour connaître la date et le lieu de la projection et pour les billets visitez le www.image-nation.org

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    Sirens

    Faisant fi de la victimisation des femmes au Moyen-Orient, Sirens est un portrait surprenant et magnifiquement construit du premier et unique groupe de thrash féminin du Liban, Slave to Sirens. Plutôt que de suivre le groupe dans ses hauts et ses bas, avec les répétitions et les concerts, Sirens se concentre sur les dynamiques subtiles du groupe et s’intéresse de près aux motivations et aux démons intérieurs des musiciennes, plus particulièrement à la relation entre Lilas et Shery.

    Dans un pays comme le Liban, où les prises de position pro-LGBTQA+ sont très peu appréciées et où les groupes de heavy, metal trouvent difficilement un lieu où se produire, Sirens exprime avec force la complexité des amitiés, l’anticonformisme et la lutte des femmes pour se faire une place dans la culture de leur pays.

    par Chantal Cyr

    INFOS | Ce film de Rita Baghdadi sera présenté dans le cadre de la 35e édition du festival image+nation. Pour connaître la date et le lieu de la projection et pour les billets visitez le www.image-nation.org

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    El Houb (The Love)

    Karim, un homme d’affaires maroco-néerlandais prospère, est tellement pris de panique à l’idée de faire son coming out à ses parents musulmans traditionnels qu’il se barricade (littéralement) dans leur placard. Alors qu’il revisite fiévreusement ses souvenirs d’enfance, négocie la romance naissante qu’il développe avec son nouveau petit ami ghanéen et mène une bataille royale longtemps retardée pour déraciner les attitudes conservatrices de sa famille, il doit également faire face aux préjugés de sa communauté (ainsi que les siens) qui l’ont amené au bord du gouffre.

    Basé vaguement sur les expériences de la vie et de l’œuvre théâtrale de Fahd Larhzaoui (l’acteur jouant Karim), El Houb (The Love) est une comédie mélodramatique sur l’insécurité et le courage, l’amour familial et le désir de s’épanouir. Le film, au style visuel inventif, offre en outre d’excellentes performances d’acteurs, notamment celle de Lubna Azabal dans le rôle de la mère traditionaliste intransigeante de Karim, qui insiste pour lui donner des friandises marocaines alors même qu’elle menace de le renier.

    par Yves Lafontaine

    INFOS | Ce film de Shariff Nasr sera présenté dans le cadre de la 35e édition du festival image+nation. Pour connaître la date et le lieu de la projection et pour les billets visitez le www.image-nation.org

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    Deserto Particular (Private Desert)

    Dans le nouveau long métrage du réalisateur brésilien Aly Muritiba, Deserto Particular, on voyage du sud au nord du Brésil, deux espaces géographiques et émotionnels très différents. Drame sentimental sous forme de road movie, ce film amène son personnage principal à la découverte d’un côté inconfessable de lui-même et, grâce à une bonne dose de suspense, réussit tout au long à capter l’attention du spectateur.

    Au centre des pensées de Daniel, il y a toujours Sara, une femme qu’il a connue sur Internet et qu’il n’a encore jamais rencontrée, puisqu’elle habite à l’autre extrémité du pays. Et pourtant notre homme, un agent de police suspendu pour avoir agressé une nouvelle recrue, aurait bien d’autres choses à se préoccuper : le procès qui l’attend, par exemple (et dont parlent même les journaux télévisés), ou la nécessité de s’occuper de son père malade (un père ancien militaire qui ne parle plus et qui a besoin de soins constants). La première partie du film suit Daniel dans son terne quotidien, tandis qu’il cherche un emploi de nuit et se dispute avec sa sœur (qui voudrait bien placer leur père dans un établissement médicalisé), car il désapprouve catégoriquement son amour pour une autre femme.

    La seule personne qui réussit à faire sourire Daniel, c’est Sara, avec laquelle il échange des messages et des photos par téléphone portable. Un jour, cependant, à l’improviste, elle cesse de répondre au téléphone et disparait. Daniel décide tout de go de prendre sa voiture et de partir dans le nord, laissant tout tomber, y compris son père, pour aller la rechercher à 3000 km de chez lui. Arrivé à destination dans la ville où vit Sara, Daniel affiche partout sa photo, espérant que quelqu’un la reconnaitra et lui indiquera où la trouver.

    Deserto Particular est l’histoire d’une rencontre inattendue qui remet en question les certitudes d’un homme, provoquant pour lui des désillusions et de la colère, allant jusqu’à exacerber son agressivité, pour ensuite, progressivement, l’amener à se reconnecter avec ses sentiments.

    C’est l’histoire d’un enchantement qui se rompt, d’une relation impossible entre deux âmes suspendues entre amour et haine, de la rencontre entre deux mondes distincts : le sud du Brésil, froid et conservateur, et le nord, ensoleillé et progressiste. Le tout est traité avec beaucoup de délicatesse et bien soutenu par des interprètes intenses (Antonio Sabola, mais aussi Pedro Fasanaro). Le résultat est un film très juste, qui questionne le concept de liberté personnelle et le poids des prisons mentales que l’on se construit.

    par Yves Lafontaine

    INFOS | Ce film d’Ali Muritiba sera présenté dans le cadre de la 35e édition du festival image+nation. PROJECTION au Cinéma IMPÉRIAL, le 20 NOVEMBRE 2022, à 16H. En ligne, du 21 au 25 novembre 2022.

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    Breaking the Ice

    Avec ce premier long métrage, Clara Stern montre, notamment à travers l’histoire d’amour naissant entre deux joueuses de hockey sur glace féminin, à quel point il est difficile d’évoluer dans le circuit compétitif.

    Dans ce film, le hockey sur glace est intégré au récit d’apprentissage queer comme un élément suggestif. Le personnage principal, Mira (Alina Schaller), dirige avec entrain les joueuses des Dragons qui, bien qu’elles soient en première division dans leur pays, ne sont pas assez populaires pour vivre de leur sport. Mira, qui travaille pendant ses temps libres dans l’exploitation viticole familiale, est prise entre deux relations clés qui seront fondamentales dans le processus de maturation que Stern dépeint patiemment. Il y a d’abord Theresa (Judith Altenberger), une talentueuse attaquante venue d’une équipe de Salzbourg et qui a le potentiel d’être choisie pour jouer en ligue américaine. Une attirance s’installe entre elles. L’autre relation en jeu est celle que Mira entretient avec son frère Paul, qu’elle ne voit plus depuis longtemps et qui entre et sort du récit comme une figure fantastique.

    En développant les thèmes transgenres qu’elle avait abordés dans son court métrage Mathias, Stern parvient à créer une tension productive (en s’amusant à tester les rôles de genre avant de les balancer par la fenêtre) et un habile effet de double personnalité.

    par Chantal Cyr

    INFOS | Ce film de Clara Stern sera présenté dans le cadre de la 35e édition du festival image+nation. Pour connaître la date et le lieu de la projection et pour les billets
    visitez le www.image-nation.org

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    Petit Mal


    Petit Mal est centré sur trois jeunes femmes, Martina, Laia et Anto, qui sont dans une relation passionnée et ludique à trois, dont la dynamique se transforme lorsqu’intervient un projet à long terme qui implique que l’une d’elles doive partir provisoirement de la maison.

    Troisième long métrage de Ruth Caudeli, Petit Mal fait suite à l’exploration de thèmes similaires à ceux que l’on retrouve dans son film Eva + Candela (2017), où une cinéaste tombe amoureuse de son actrice principale, et dans Second Star on the Right (2019), à propos d’une femme bisexuelle d’une trentaine d’années qui refuse de grandir. L’équilibre vacille quand l’entente de départ se transforme.

    par Chantal Cyr

    INFOS | Ce film de Ruth Cauldeli sera présenté dans le cadre de la 35e édition du festival image+nation. Pour connaître la date et le lieu de la projection et pour les billets visitez le www.image-nation.org

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    In from the Side

    Quand deux joueurs de rugby s’éprennent l’un de l’autre — ce qui est, à coup sûr, le fantasme de bon nombre d’hommes gais —, cela donne In from the Side.

    Projeté dans une multitude de festivals de cinéma LGBTQI+, où il a été particulièrement bien accueilli, ce long métrage apparait comme une romance complexe et torride sur fond de parties de ballon ovale. Le film met l’eau à la bouche et pas seulement pour ses scènes dans les vestiaires… Réalisé par Matt Carter qui signe ici son premier long métrage, In from the Side s’intéresse à Mark (joué par Alexander Lincoln de la série Everything I Know About Love), nouvelle recrue d’une équipe de rugby britannique. À la suite d’une soirée trop arrosée, il couche avec Warren, un de ses coéquipiers les plus populaires. Le hic, c’est qu’ils sont tous les deux déjà en couple. Alors quand des sentiments se développent entre eux, ce sont non seulement leurs relations qui sont mises en péril, mais aussi leur équipe de rugby.

    In from the Side réunit tous les ingrédients d’un bon drame gai à la fois émouvant et sexy.

    par Logan Cartier

    INFOS | Ce film de Matt Carter sera présenté dans le cadre de la 35e édition du festival image+nation. PROJECTION au Cinéma J.A. deSève, le 19 NOVEMBRE 2022, à 15H. En ligne, du 20 au 24 novembre 2022.

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    Nichole

    Nichole (prononcé à l’anglaise) est une série web de fiction en six (6) épisodes d’une durée de dix (10) minutes chacun mettant en vedette Nichole. Originaire de la région du Saguenay, habitant désormais à Montréal, l’auto proclamée « star montante », avide de gloire et de reconnaissance tente de percer la scène musicale internationale.
    Par le biais d’un projet documentaire, au cours d’une semaine, Nichole ouvre les portes de son quotidien rempli de dévotion, de travail acharné, de courage et d’insouciance à une équipe réduite de tournage. Par conséquent, l’artiste nous amène à la rencontre des gens vaillants qui l’entourent et l’appuient à travers la quête de son rêve : celui de devenir une icône de la chanson.

    par Logan Cartier

    INFOS | Cette série de Gabriel Savignac et de Guenièvre Sandré sera présentée lors de la 35e édition du festival image+nation. Pour connaître la date et le lieu de la projection et pour les billets visitez le www.image-nation.org

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    Heartbeast

    Heartbeast, c’est l’histoire d’une jeune rappeuse finlandaise, Elina, au look très androgyne (Elsi Sloan), qui suit sa mère qui vient vivre dans le sud de la France avec son nouveau compagnon. Elle rencontre la fille de ce dernier, Sofia, danseuse classique (Carmen Kassovitz) et se découvre une fascination pour la jeune femme… qui deviendra un amour de plus en plus obsessionnel et possessif. Elina veut être celle qui protégera Sofia contre tout ce qui l’entoure, quitte à devenir dangereuse, à user de manipulations diverses, de revenge porn et de fascination morbide.

    Malgré la violence inouïe du personnage d’Elina, la réalisatrice Aino Suni réussit à susciter une forme d’empathie envers cette jeune rappeuse qui ne maitrise pas ce qui lui arrive, dans ce film qui mélange romantisme et cauchemar.

    par Chantal Cyr

    INFOS | Ce film de Aino Suni sera présenté dans le cadre de la 35e édition du festival image+nation. Pour connaître la date et le lieu de la projection et pour les billets visitez le www.image-nation.org

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    Słoń (Elephant)

    Ce premier long métrage charmant et modeste par Kamil Krawczycki est aussi la première production du distributeur polonais Tongariro, qui se spécialise dans les films LGBTQ+. Elephant raconte l’histoire d’amour entre deux jeunes hommes qui ont grandi dans des circonstances similaires, dans de petits villages des montagnes polonaises.

    Dawid a quitté la maison dès qu’il a pu, tandis que Bartek est resté, prenant soin de sa mère alcoolique et de son cheval bien-aimé. Il n’a d’ailleurs pas l’intention de partir : il souhaite monter une écurie et vivre de sa passion équestre. Bartek mène une petite vie tranquille, travaille dans un bar et s’est lié d’amitié avec sa voisine de 60 ans, qui est une sorte de figure maternelle pour lui. Tout change lorsque Bartek rencontre Dawid, qui retourne dans un village pour les funérailles de son père et se lie rapidement d’amitié avec Bartek. Celui-ci tombe alors amoureux pour la première fois. Leurs vies sont comme les deux faces d’une même médaille : ils ont tous deux été élevés par des parents célibataires alcooliques, mais l’un est resté et s’est adapté, tandis que l’autre s’est échappé.

    Le réalisateur Kamil Krawczycki ne prend parti pour aucun de ces choix, se concentrant plutôt sur le fait de montrer une romance naissante dans la première moitié du film et les conséquences auxquelles Bartek et Dawid doivent faire face dans la seconde. Et de telles conséquences, dans un petit village polonais, signifient de subir la colère des voisins conservateurs.

    Alors que de nombreux films polonais ont déjà mis en scène une hostilité envers les minorités, soit de façon explicite (All Our Fears, Operation Hyacinth) ou implicite (Silent Love), Elephant prend une voie différente. La confrontation se présente surtout comme un obstacle pour Bartek, qui doit décider s’il veut rester silencieux ou non.

    Avec une ambiance chaleureuse, subtile et romantique, rehaussée par des plans de nature bucolique et une lumière chaude, il se dégage du film une humeur optimiste. Elephant devrait bien résonner auprès du public qui a soif d’histoires d’amours chaleureuses.

    par Étienne Dutil

    INFOS | Ce film de Kamil Krawczycki sera présenté dans le cadre de la 35e édition du festival image+nation. Pour connaître la date et le lieu de la projection et pour les billets visitez le www.image-nation.org

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    Girl Picture (Tytöt tytöt tytöt)

    Alors que Rönkkö se questionne sur la recherche du plaisir, son amie Mimmi est bousculée par l’intensité de ses sentiments pour Emma, patineuse idéaliste et concentrée. Trois jeunes femmes qui cherchent à se sentir vivantes en arrachant leurs rêves à la réalité. Des thèmes universels abordés sans cliché pour un film d’initiation finlandais sensible, magnifiquement interprété et débordant d’humour.

    La réalisatrice Alli Haapasalo nous propose une photographie plutôt juste d’une génération émancipée (et ici privilégiée) qui semble très à l’aise avec sa sexualité et revendique plaisir et consentement. Sélectionné à la Berlinale, le film a également remporté le Prix du public à Sundance.

    par Chantal Cyr

    INFOS | Ce film d’Alli Haapasalo sera présenté dans le cadre de la 35e édition du festival image+nation. Pour connaître la date et le lieu de la projection et pour les billets visitez le www.image-nation.org

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    Horseplay (Los Agitadores)

    Pour les vacances de fin d’année, Andy quitte la ville afin de passer du temps dans une villa avec ses meilleurs amis, tous de superbes jeunes hommes aux corps athlétiques. L’intemporalité des vacances incite au repos, à la détente et aux taquineries occasionnelles, mais leur chahut consensuel initial révèle qu’ils ont chacun des limites personnelles différentes.

    Marco Berger est une personnalité forte du cinéma indépendant argentin, qui a réalisé et produit depuis une décennie une série de films (Plan B, Absent, Hawaï, Butterfly, The Blonde One et El Cazador) tournant autour de la thématique des amours masculines, avec une dose de complexité psychologique toujours très subtile. Le cinéaste accorde une attention toute particulière tant à l’écriture de son scénario pour raconter l’histoire lancinante d’une attraction naturelle des corps masculins (que l’échange verbal ne s’autorise pas nécessairement), qu’au rythme du film qui est assuré grâce à une parfaite maitrise de son montage. Il s’ensuit alors les enjeux implicites de l’expression des corps, dont il faut sans cesse décoder les messages. Berger s’est toujours intéressé aux récits queers et à la représentation des fantasmes érotiques, de la sexualité et du genre. Horseplay ne fait pas exception.

    Comme dans son film le Colocataire (Un rubio / The Blonde One), on se demande : y a-t-il de l’amour ou seulement de l’attraction physique entre les protagonistes ? Difficile à dire et toute l’interrogation est là au cœur du film, autour de personnages masculins qui ne se permettent pas d’exprimer leurs émotions relativement à l’attraction homosexuelle présente de façon manifeste.

    Le cinéaste argentin excelle pour mettre en scène la mécanique du désir et propose un conte politique subversif, centré cette fois sur la masculinité sous sa forme dangereusement toxique.

    par Yves Lafontaine

    INFOS | Ce film de Marco Berger sera présenté dans le cadre de la 35e édition du festival image+nation. PROJECTION au Cinéma IMPÉRIAL, le 22 NOVEMBRE 2022, à 19H. En ligne, du 23 au 27 novembre 2022.

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    Compulsus

    Ce premier long métrage indépendant de la journaliste Tara Thorn se nourrit du fantasme de vengeance axé sur la colère des femmes. Et l’histoire de Compulsus, met en avant-plan le manque de conséquences pour les hommes qui utilisent la violence contre les femmes.

    Wally (Lesley Smith), poète de spoken word, est une femme queer qui compatit avec ses amies hétéros dans leur quête désespérée de trouver un homme non-violent sur lequel elles peuvent compter. Des nouvelles d’agressions commises par un chef populaire du quartier donnent l’envie aux femmes de se venger des hommes violents. Lorsqu’elle fait appel à son amoureuse Lou à titre de renfort et qu’elle soupçonne sa sœur d’être dans une relation abusive, le besoin intense de pouvoir et de vengeance de Wally risque de tout mettre en péril. Dans ce monde, Wally prend les mêmes libertés que les agresseurs en les matraquant et les mutilant sans crainte de se faire prendre.

    Le portrait que fait Smith de la femme frustrée et contrainte de secouer le système «un gars à la fois» est sérieux et dynamique, et s’oppose à l’apathie de la société et du système qui l’entoure.

    Compulsus, qui signifie «frapper ensemble; hostile» fera assurément parler les gens du pouvoir des femmes, du consentement et de la fin de la violence contre les femmes. 

    par Chantal Cyr

    INFOS | Ce film de Tara Thorne sera présenté dans le cadre de la 35e édition du festival image+nation. Pour connaître la date et le lieu de la projection et pour les billets visitez le www.image-nation.org

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    Erin’s Guide to Kissing Girls

    Alors que le secondaire se termine, Erin, la seule personne de sa classe à avoir fait sa sortie du placard, et Liz, son amie adepte de bande dessinée, voient leur amitié mise à l’épreuve lorsque Liz est acceptée dans une école privée et qu’Erin tombe amoureuse de Sydni, la dernière étudiante arrivée à l’école et ex-enfant vedette. Erin pense que la seule façon d’assurer son avenir est d’inviter Sydni au bal de fin d’année et d’intégrer par association le club des jeunes les plus populaires de l’école, mais son plan tourne mal quand elle commence à perdre Liz en cours de route.

    Cette histoire d’amitié, de premiers amours et de premières décisions importantes est née de la frustration que la réalisatrice a ressentie face au manque d’histoires positives de passage à l’âge adulte. « Je voulais regarder au-delà du récit de coming out qui, bien que central, ne devrait pas être le seul récit pour les jeunes homosexuel.le.s», explique la réalisatrice Julianna Notten. «Mon objectif est de montrer une fille queer confiante dans son identité, sans que son homosexualité ne soit sensationnalisée. Une fille dont les problèmes ne commencent et ne finissent pas avec son attirance pour les autres filles. ».

    par Chantal Cyr

    INFOS | Ce film de Julianna Notten sera présenté dans le cadre de la 35e édition du festival image+nation. Pour connaître la date et le lieu de la projection et pour les billets visitez le www.image-nation.org

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    Golden Delicious

    Golden Delicious est une histoire de passage à l’âge adulte, fraiche et engageante, qui raconte le parcours d’un adolescent canadien d’origine asiatique, déchiré entre les rêves d’avenir de sa petite amie et l’ambition de son père, tout en menant sa propre lutte pour se trouver et suivre ses propres désirs.

    Dans ce premier long métrage, le réalisateur Jason Karman donne vie aux joies et aux complications d’un jeune homme qui découvre soudain des sentiments pour le garçon d’à côté.

    Quand Aleks, un beau gosse gai épris de basket-ball et sans vergogne, emménage de l’autre côté de la rue, le monde de Jake bascule, l’envoyant tête première dans les affres du jockdom.

    Tourné et se déroulant à East Vancouver, ce film est une entrée rare et importante dans un genre traditionnellement représenté par des récits blancs, hétérosexuels et traditionnels. Divertissant, touchant et finalement réconfortant, Golden Delicious est une histoire somptueuse et culturellement spécifique, qui se déroule à l’ère des médias sociaux. Ce film est fait pour être vu et raconté.

    D’une main sensible, le réalisateur Jason Karman explore l’innocence et les inquiétudes de tomber amoureux pour la première fois. À une époque où les films de passage à l’âge adulte font enfin partie de la conversation, Golden Delicious se démarque par son caractère tout à fait spécial.

    par Karl Mayer

    INFOS | Ce film de Jason Karman sera présenté dans le cadre de la 35e édition du festival image+nation. Pour connaître la date et le lieu de la projection et pour les billets visitez le www.image-nation.org

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    Mi vacio y yo (My Emptiness and I)

    Peut-on être soi-même, en toute liberté, sans aucune pression sociale ? Voici la question que pose Mi vacío y yo d’Adrián Silvestre. Le réalisateur valencien s’introduit ici dans la communauté trans de Barcelone, cette fois sous l’angle de la fiction et autour d’une seule héroïne : Raphaëlle Perez, une jeune Française qui expose dans le film une partie des expériences qu’elle a vécues et qu’elle vit, surtout celles ayant trait à la quête de son identité.

    Parce que… qu’est-ce que ça veut dire, être une femme, une personne trans ou un homme ? Chacun a son avis personnel sur la question. Et jusqu’à quel point doit-on s’adapter aux schémas sociaux existants pour être accepté.e, quitte à en venir à modifier son physique (avec les risques pour la santé, l’irréversibilité et les dangers psychologiques que cela implique) ?

    Raphi nage dans un océan de doutes dès les premiers instants de Mi vacío y yo. Elle travaille, rencontre des garçons et fréquente des amies qui la soutiennent, mais son entourage l’oblige continuellement à se définir, à entrer dans une case précise, à correspondre à un modèle accepté. Or, ce n’est pas facile de décider, surtout quand on sent le poids de ce que les autres attendent de vous. Silvestre, qui a co-écrit le scénario de ce long métrage avec sa comédienne principale et Carlos Marqués-Marcet, permet au spectateur d’accompagner Raphi à ses consultations chez le psychologue, à ses réunions avec le groupe trans I-Vaginarium et à ses rendez-vous avec différents hommes.

    Lors de ses rencontres sexuelles, notre héroïne se retrouve également à devoir incarner des rôles obligés, dont elle ne décide pas toujours librement. Le monde des applications de rencontres constitue un élément capital du propos du film, qui remet en cause les catégories, les stéréotypes et les étiquettes pouvant entraver le parcours d’un individu vers son épanouissement total. Peut-être serait-il plus pertinent d’éduquer le regard des autres, de le rendre plus tolérant pour qu’il accepte la différence et écarte les clichés ? Car enfin, comme s’exclame Raphi à un moment du film en voyant qu’elle ne cadre avec aucune catégorie sociale préétablie : « Je ne suis pas un extraterrestre ! ».

    Effectivement, elle est elle-même, avec ses désirs, ses rêves et ses carences. Peu importe le vêtement qu’elle porte ce jour-là ou la couleur de ses cheveux, derrière cette apparence se trouve une personne unique, avec sa manière d’être, de ressentir et de vivre… que cela plaise aux autres ou non.

    par Chantal Cyr

    INFOS | Ce film d’Adrian Silvestre sera présenté dans le cadre de la 35e édition du festival image+nation. PROJECTION au Cinéma J.A. deSève, le 19 NOVEMBRE 2022, à 15H. En ligne, du 20 au 24 novembre 2022.

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    Baladan

    Deux filles, une orpheline et l’autre issue de l’élite kazakhstane, forment un lien unique et développent un amour profond. Alors qu’elles essaient toutes les deux de quitter le pays, les circonstances
    continuent de les faire revenir. Ce drame sur le passage à l’âge adulte s’inspire de faits réels survenus en 2006, lorsque 160 nourrissons ont été infectés par le VIH à cause de transfusions de sang contaminé administrées dans quatre hôpitaux publics. L’histoire se concentre sur deux adolescentes kazakhes qui élaborent un plan pour voler un précieux faucon Balaban afin de financer leur rêve de déménager à Paris.

    par Chantal Cyr

    INFOS | Ce film de Aysulu Onaran sera présenté dans le cadre de la 35e édition du festival image+nation. Pour connaître la date et le lieu de la projection et pour les billets visitez le www.image-nation.org

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    Nelly & Nadine

    Un beau jour, Sylvie ouvre les mystérieux cartons qui contiennent les archives de sa grand-mère, Nelly. Elle découvre alors un secret : Nelly a entretenu pendant 30 ans une relation passionnée avec Nadine. Elles sont tombées amoureuses la veille de Noël 1944, dans le camp de concentration de Ravensbrück.

    Nelly & Nadine est un documentaire saisissant, esquissant les contours d’une histoire d’amour née dans le camp de concentration réservé aux femmes de Ravensbrück et jamais vraiment racontée depuis. Comme l’indique sa petite fille Sylvie, Nelly Mousset-Vos ne parlait jamais de cette époque-là ni de ses années au Venezuela passées auprès de Nadine, avant de revenir en Belgique pour vivre une autre partie de sa vie. Pourtant, Nadine a laissé de nombreuses photos, des vidéos super 8, des enregistrements audios et surtout un journal intime, que Sylvie n’a jamais été capable, depuis 20 ans, de lire, tout au moins au-delà des premières pages.

    En cela, Magnus Gertten, documentariste suédois, va servir de médiateur en lui permettant de se lancer enfin dans le récit de cette vie hors normes, l’emmenant jusque dans des lieux dédiés à la mémoire.

    On découvre ainsi le passé de chanteuse de Nelly, arrêtée à Paris pour espionnage, et quelques disques qui permettent d’entendre sa voix hors normes qui étonnait sa petite fille étant enfant. Entre les photos des camps, les extraits lus du journal pour tenter de rendre compte de l’horreur vécue dans les wagons de trains bondés ou au sein du « tombeau » — surnom effroyable du camp de Mauthausen, dont la carrière semblait une prison profonde de 186 marches, rajoutant encore à la souffrance quotidienne — et les vidéos de moments de bonheur au Venezuela, entre ami.e.s, c’est un grand écart émotionnel qui attend le spectateur.

    Prix du meilleur documentaire au Teddy Award 2022, Nelly & Nadine rappelle que « rien n’est jamais vrai socialement, si ce n’est pas exprimé », qu’il s’agisse d’un amour homosexuel ou d’une déportation.

    par Yves Lafontaine

    INFOS | Ce film de Magnus Gertten sera présenté dans le cadre de la 35e édition du festival image+nation. Pour connaître la date et le lieu de la projection et pour les billets visitez le www.image-nation.org

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    Loving Highsmith

    Enfant, Eva Vitija avait l’habitude de passer ses vacances avec ses parents dans un village au sud de la Suisse. Dans ce lieu à l’écart du tumulte de la civilisation résidait également une romancière américaine recluse dans sa maison, qui ne dialoguait qu’avec son alcoolisme, ses chats et sa dépression. Des décennies plus tard, Eva Litja, devenue cinéaste et hantée par ses lointains souvenirs, consacre un documentaire à l’écrivaine exilée Patricia Highsmith, la « reine » du thriller psychologique, décédée à Locarno en 1995 à l’âge de 74 ans.

    Fruit d’une longue et minutieuse enquête en vue de tisser des liens subtils entre l’œuvre de la romancière et sa vie personnelle, Loving Highsmith évoque avec un même bonheur les thèmes récurrents des livres (la schizophrénie, la culpabilité), les amours plurielles dans le New York des années 1950 et les exils successifs en Europe (Angleterre, Italie, France, Suisse) d’une femme qui ne jurait que par sa liberté.

    Un désir obsessionnel de ne pas se soumettre aux diktats de son époque et aux « bonnes mœurs », comme le soulignent les amies, amantes et complices de Patricia Highsmith, qui témoignent avec pudeur face à la caméra d’Eva Vitija. Parmi elles : la romancière Marijane Meaker, une figure de la contre-culture littéraire américaine, ou la Française Monique Buffet, une intime de Patricia Highsmith des années 1970 jusqu’à la mort de cette dernière.

    Ce précieux documentaire décrit par la cinéaste comme une « biographie amoureuse » s’impose également, explique-t-elle, comme « un plaidoyer pour les femmes de la génération Highsmith qui ont combattu pour le droit de vivre et d’aimer conformément à leur véritable identité ».

    par Yves Lafontaine

    INFOS | Ce film de Eva Vitija sera présenté dans le cadre de la 35e édition du festival image+nation. Pour connaître la date et le lieu de la projection et pour les billets visitez le www.image-nation.org

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    Tramps !

    Renaissant des cendres nihilistes du mouvement punk de la fin des années 1970, une nouvelle vague commence à se constituer dans les rues de l’est de Londres avec les fashionistas flamboyantes, qui seront plus tard baptisées les New Romantics. Les témoignages de plusieurs générations transmettent un message d’espoir pour les artistes justement au moment où ils en ont le plus besoin, attestant ainsi de l’histoire de la résistance artistique.

    par Logan Cartier

    INFOS | Ce film de Kevin Hegge sera présenté dans le cadre de la 35e édition du festival image+nation. Pour connaître la date et le lieu de la projection et pour les billets visitez le www.image-nation.org

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    Proyecto Fantasma (Phantom Project)

    Une fois que son colocataire Hector a déménagé de manière inattendue, Pablo se retrouve dans une situation familière à tous ceux qui ont déjà eu du mal à réussir en tant qu’artiste.

    Fatigué de son rôle dans une école de médecine locale et désireux de gagner leur vie en tant qu’interprète de films, Pablo et sa chienne se retrouvent à un chèque de paie près d’être expulsés de leur appartement de Santiago, au Chili, et dans les rues.

    Mais lorsque des pas et des coups se font entendre, que des tasses et des assiettes commencent à se briser et que des ecchymoses apparaissent mystérieusement sur son dos, Pablo découvre bientôt qu’il a un autre problème : un cardigan vintage surdimensionné à motif de losanges laissé par Hector est habité par un esprit espiègle.

    Bientôt, il reçoit les conseils de son groupe coloré de collègues, dont un YouTuber Francisco, un herboriste spatial Tere et la belle collègue actrice Antonia, et tombe dans une rencontre inattendue chargée avec un mystérieux chanteur Sofia Del Valle (Violeta Castillo), Pablo apprend rapidement à naviguer dans les tenants et les aboutissants de la vie en tant qu’esprit créatif, menant à une rencontre sexuelle surprenante et chargée spirituellement.

    Une comédie délicieusement décalée et rafaîchissante.

    par Logan Cartier

    INFOS | Ce film de Roberto Doveris sera présenté dans le cadre de la 35e édition du festival image+nation. Pour connaître la date et le lieu de la projection et pour les billets visitez le www.image-nation.org

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    Sexfluencing

    Sexfluencing est une websérie d’auteur dans le genre de la comédie romantique, abordant les rencontres de Milan, un vloggeur bisexuel basé à Londres.

    Les cinq épisodes, à la fois exagérés et solidement ancrés dans la culture queer, sont très sexy et divertissants.

    par Logan Cartier

    INFOS | Cette websérie de Matus Krajnak sera présentée lors de la 35e édition du festival image+nation. Pour connaître la date et le lieu de la projection et pour les billets visitez le www.image-nation.org

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    Camila saldrá esta noche (Camila Comes Out Tonight)

    Camila, une adolescente de 17 ans au caractère bien trempé, vient vivre à Buenos Aires avec sa mère et sa sœur dans l’appartement de sa grand-mère. Elle intègre une école privée très traditionaliste où elle doit, dans ce milieu hostile, se faire une place auprès de nouveaux et nouvelles camarades.

    Avec beaucoup de fluidité et de sensibilité, Inés María Barrionuevo aborde les thématiques propres au passage à l’âge adulte : révolte générationnelle, refus du compromis, rejet des institutions, découvertes amoureuses conflictuelles. Plaçant son récit au centre d’enjeux très actuels comme l’avortement, le harcèlement, les pressions paternalistes et celles de l’Église, ou encore la corruption, elle prend avec finesse le parti d’une jeunesse qui s’émancipe.

    par Chantal Cyr

    INFOS | Ce film de Inés Barrionuevo sera présenté dans le cadre de la 35e édition du festival image+nation. Pour connaître la date et le lieu de la projection et pour les billets visitez le www.image-nation.org

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    Três tigres tristes (Three Tidy Tigers Tied a Tie Tighter)

    Un trio queer dérive dans une ville, São Paulo, asséchée par la pandémie et le capitalisme rampant, se souvenant de leurs défunt.e.s amant.e.s, partageant leurs expériences avec le VIH, cherchant des conseils de maquillage pour leurs visages à moitié dissimulés par des masques. Finalement, iels se retrouvent avec d’autres oublié.e.s de la société dans le salon d’une mystérieuse chanteuse nommée Mirta, pour s’amuser, boire, baiser et créer une sorte de revue de cabaret antique.

    Œuvre haute en couleur, queer autant par son contenu que par sa forme, Três tigres tristes fait scintiller les marges de la société, négligées par la pandémie.

    par Logan Cartier

    INFOS | Ce film de Gustavo Vingre sera présenté lors de la 35e édition du festival image+nation. Pour connaître la date et le lieu de la projection et pour les billets visitez le www.image-nation.org

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    Marion Desseigne-Ravel / Les meilleures
    David Wagner / Eismayer

    Maryam Touzani / Le Bleu du Caftan

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