Lundi, 22 avril 2024
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    Good Omens (De bons présages) : Amours interdites chez les anges et les démons!

    Après une première saison diffusée en 2019, il aura fallu quatre longues années avant que Prime Video présente la suite de cette série qui met en scène une amitié improbable entre un ange et un démon tout en mordant à pleines dents dans la mythologie religieuse. Le résultat est délicieusement absurde et iconoclaste tout en demeurant un brin émouvant.

    Basé sur le roman éponyme des auteurs Neil Gaiman (Sandman, Coraline, American Gods) et Terry Pratchett (les Annales du Disque-monde), Good Omens s’articule autour de deux personnages que tout semble séparer : le démon Crowley (David Tennant, baveux à souhait) et l’ange Aziraphale (Michael Sheen, divinement naïf).

    En bon représentant des puissances célestes, Aziraphale a une vision extrêmement manichéenne de la réalité. On est soit bon ou mauvais : aucune zone grise n’est envisageable. De son côté, même s’il est un représentant du mal, Crowley est conscient d’une infinie palette de nuances de gris et se fait un malin plaisir d’y confronter son adversaire. Une amitié improbable nait progressivement entre les deux hommes qui verse éventuellement vers quelque chose de bien plus fort.

    Dans la première saison, ils décident de contrecarrer un projet d’Armageddon annoncé avec enthousiasme par leur centre administratif respectif : le Ciel et l’Enfer. Pour ce faire, ils devront affronter le fils de Satan, une sorcière, un inquisiteur/technicien en informatique et les quatre cavaliers de l’Apocalypse. Dans la seconde saison, ils sont confrontés à l’archange Gabriel (Jon Hamm) qui se présente à eux, nu comme un ver et complètement amnésique. Seule certitude : sa vie est en péril et ils doivent à tout prix le cacher aux puissances célestes et infernales.

    Good Omens (De bons présages)

    Qu’est-ce qui peut expliquer cette alliance d’un ange et d’un démon? C’est avec beaucoup d’humour que chacune des saisons consacre un épisode entier à en tracer le développement. C’est ainsi qu’on passe du big bang, à la Révolution française en passant par le Jardin d’Éden, l’arche de Noé, la crucifixion, la première de Macbeth, de même que le pari absurde, entre Dieu et Satan, pour mettre à l’épreuve la foi de Job. À noter que les amateurs de Doctor Who seront ravis d’apprendre que non seulement la série y est mentionnée, mais que David Tennant, qui l’a interprété de 2005 à 2010, y coiffe un fez, chapeau iconique dudit Docteur.

    Dans chacune des saisons, un événement fondamental revient : le bombardement de Londres, en 1941, où Crowley effectue un geste en apparence anodin, mais qui touche profondément son compagnon et change à jamais sa perception du démon. C’est à partir de ce moment qu’Aziraphale commence à lui jeter des regards énamourés même si Crowley nie ressentir le moindre ersatz d’émotion. Une affirmation dont personne n’est dupe puisqu’il ne cesse de le surnommer « angel » (« mon ange » en français). En saison 2, cet arc émotionnel trouve son reflet dans le cheminement de plusieurs autres protagonistes, dont deux personnages féminins, Nina (Nina Sosanya) et Maggie (Maggie Service), sur lesquelles nos deux compères expérimentent plusieurs théories fumeuses et absurdes sur la naissance du sentiment amoureux.

    La série porte un regard percutant sur les poncifs des récits bibliques, les rouages absurdes de l’administration publique (ici incarné par le Ciel et l’Enfer) et la nature alambiquée des relations interpersonnelles, sans jamais se départir d’un humour incisif et profondément jubilatoire. À noter que la première saison prend un certain temps avant de prendre son envol : il faut donc persévérer au-delà du second épisode avant de pouvoir l’apprécier à sa juste valeur.

    La conclusion de la seconde saison laisse le spectateur en haleine quant au destin des deux anges, mais une suite est déjà annoncée puisqu’un scénario fut complété par les deux auteurs, juste avant le décès de Terry Pratchett : 668 : The Neighbor of the Beast (668 : Le voisin de la Bête).

    La série est disponible en anglais et en français. À signaler la prodigieuse qualité du doublage réalisé au Québec, dans lequel Patrice Dubois livre une performance époustouflante dans le rôle de Crowley. Un second doublage, réalisé en France, est également disponible.

    Les six épisodes de chacune des saisons de Good Omens (De bons présages) sont disponibles sur Prime TV.

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