MMMXEST, with love

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Est-il possible de résumer les rencontres d’un soir et les passions durables d’une vie en quelques pages ? C’est à cet exercice, à la fois périlleux et exaltant, que s’est livré Didier Seynave à travers une série de textes qui évoquent les hommes qui l’ont marqué, chacun à leur manière.

À travers 25 instantanés, constitués de nouvelles et de textes poétiques, l’auteur rend notamment hommage aux baises rapides, un regard échangé à la sauvette, l’impact des poppers dans l’art de la masturbation, le sexe insatiable comme la romance apaisante, le temps qui passe trop vite, la fulgurance des ruptures ou la dépendance au corps de l’autre.

« Ta peau, tes cheveux, tes yeux, ton sourire, ton sexe ! / C’est ma vie, c’est mon royaume et vous n’y pouvez rien ! / Quel que soit votre prétexte… / Vous n’y pouvez rien, jusqu’à notre probable désamour. / Qui vous prouvera simplement que nous sommes pareils à vous… / Fragiles et imparfaits ! »

L’auteur prend également un malin plaisir à insuffler certaines touches d’humour à ses récits. On peut ainsi se demander si la nouvelle « Les problèmes de Nicolas » ne cache pas une vision déjantée du « Petit Nicolas » de Sempé et Goscinny où, maintenant adulte, celui-ci s’affaire « de backroom en backroom, de tasse en tasse, de parc en parc, de parking en parking, il butinait du printemps à l’automne et au-delà. Il collectionnait des ombres comme d’autres collectionnaient des timbres ».

Qu’importe si mon hypothèse est fausse puisque le résultat demeure à la fois amusant et attendrissant. Né en Belgique ; biologiste, cinéaste et photographe, Didier Seynave découvre son imaginaire, ses souvenirs et ses fantasmes à travers un ouvrage dédié aux hommes qu’il a aimés.

INFOS | MMMXEST, with love / Didier Seynave. Lyon : Éditions Baudelaire, 2024, 133 p.

1 COMMENTAIRE

  1. Un tout grand merci pour votre superbe article sur mon livre « MMMXEST, with love ». J’ai adoré votre allusion au Petit Nicolas qui a bercé mon enfance et qui a peut-être bien refait surface, par mon inconscient, dans ce récit… Et donc longue vie à Fugues que je connais depuis l’éternité (1996 à mon premier voyage à Montréal !)…

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