Jeudi, 12 février 2026
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    Redécouvrons, 90 ans plus tard, Magnus Hirschfeld, pionnier queer effacé par les nazis

    Médecin juif, homosexuel et militant social-démocrate, Magnus Hirschfeld (1868–1935) est l’un des pionniers du mouvement LGBTQ+. Près d’un siècle après sa mort, son œuvre scientifique et militante, longtemps occultée, est de plus en plus reconnue à sa juste valeur.

    Un visionnaire en avance sur son temps
    Né le 14 mai 1868 à Kolberg (aujourd’hui Kołobrzeg, en Pologne), Hirschfeld a consacré sa vie à la défense des minorités sexuelles et de genre. En 1897, il fonde le Comité scientifique-humanitaire, première organisation mondiale visant à décriminaliser l’homosexualité masculine, alors punie par le paragraphe 175 du Code pénal allemand. 

    En 1919, il ouvre à Berlin l’Institut de sexologie, un centre unique en son genre qui offrait des services médicaux et psychologiques aux personnes LGBTQ+, tout en menant des recherches novatrices sur la sexualité et le genre. L’institut a été le théâtre des premières opérations de réassignation sexuelle, notamment celles de Dora Richter et de Lili Elbe. 

    Magnus Hirschfeld (à droite , le seul portant des lunettes) lors d’un party à l,Institut qu’il dirigeait à Berlin (photo du domaine public).

    Un engagement politique et culturel
    Hirschfeld n’était pas seulement un scientifique ; il était aussi un activiste engagé. En 1919, il coécrit le film muet Différent des autres (Anders als die Andern) de Richard Oswald, considéré comme le premier film à aborder ouvertement l’homosexualité. Il y joue son propre rôle, plaidant pour la tolérance et l’égalité des droits. 

    Image tirée du film «Anders las die Andern», souvent considéré comme le premier film à aborder ouvertement l’homosexualité.

    Persécuté par le régime nazi
    Avec l’arrivée au pouvoir des nazis en 1933, Hirschfeld devient une cible en raison de son origine juive et de son homosexualité. Le 6 mai 1933, l’Institut de sexologie est saccagé par des étudiants nazis, et le 10 mai, plus de 20 000 ouvrages de sa bibliothèque sont brûlés lors d’un autodafé sur la Bebelplatz à Berlin.  

    Exilé en France, Hirschfeld tente sans succès de recréer son institut à Paris. Il s’installe ensuite à Nice, où il meurt le 14 mai 1935, le jour de son 67e anniversaire.  

    Magnus Hirschfeld (à droite) avec Li Shiu Tong (à gauche) qui a partagé sa vie pendant plusieurs années et qui a milité pour la diversité des genres. La photo a été prise en 1932, lors d’un rassemblement de la Ligue mondiale pour la réforme de la sexualité. (photo du domaine public).

    Un héritage redécouvert
    Malgré les tentatives des nazis pour effacer son œuvre, l’héritage de Hirschfeld a survécu. Ses travaux ont influencé des chercheurs comme Alfred Kinsey et Harry Benjamin. Aujourd’hui, des institutions comme la Magnus-Hirschfeld-Gesellschaft et la Bundesstiftung Magnus Hirschfeld perpétuent sa mémoire et soutiennent des projets en faveur des droits LGBTQ+.  

    En 2024, Berlin a instauré la Journée Magnus Hirschfeld, célébrée le 14 mai, pour honorer sa contribution majeure à la lutte pour l’égalité et la reconnaissance des diversités sexuelles et de genre.

    Magnus Hirschfeld demeure une figure emblématique dont les idées progressistes continuent d’inspirer les mouvements LGBTQ+ à travers le monde.

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