En 50 ans, les Trocks ont joué dans plus de 660 villes à travers le monde – du Bolchoï à Moscou au Théâtre du Châtelet à Paris, jusqu’à la Place des Arts à Montréal, où elle se produit presque tous les deux ans depuis 1996. Leur virtuosité et leur humour leur ont permis de bâtir un public fidèle, tout en restant de véritables ambassadeurs de la culture (et du camp), de la sensibilisation et de l’acceptation LGBTQ+. Cette fois, la visite est spéciale : les célèbres « Trocks » célèbrent leur 50e anniversaire avec un programme flambant neuf.
Aux origines : du loft new-yorkais à la scène mondiale
Fondée en 1974, dans la foulée des émeutes de Stonewall, la troupe avait une idée radicale : faire danser tous les rôles de ballets classiques par des hommes, en pointes et en tutus, tout en parodiant avec tendresse et précision les conventions du répertoire. Les premiers spectacles avaient lieu dans un loft du Meatpacking District, au siège du Westside Discussion Group, un groupe issu de la Mattachine Society, importante organisation pour les droits des gais. Les cofondateurs – Peter Anastos, Anthony Bassae et Natch Taylor – mêlaient humour, technique et drag pour créer quelque chose d’unique. Les débuts étaient modestes : représentations à minuit, participation de comédiens et danseurs non professionnels, public souvent peu familier avec le drag. Mais la formule séduisait : une danse de haut niveau, exécutée avec un sens comique irrésistible.
L’art du burlesque en pointes
« Nous sommes une compagnie de ballet comique entièrement masculine qui utilise le drag pour révéler l’humour », rappelait le directeur artistique Tory Dobrin, danseur des Trocks dès 1980, quand nous l’avions interviewé il y a 2 ans. « Nous jouons avec les conventions de genre et exposons l’absurdité de certaines traditions du ballet. Cela permet au public de reconnaître l’absurdité dans ses propres pensées, et, avec un peu de recul, de les regarder avec moins de jugement… et plus de plaisir. » Sous la direction administrative d’Eugene McDougle, les directeurs artistiques ont eu la liberté d’affiner à la fois la comédie et la technique au fil des ans. Résultat : une troupe capable de déclencher les éclats de rire tout en impressionnant les puristes par la qualité de ses fouettés et de ses grands jetés.
Souvenirs de tournées… et de contextes politiques
Dobrin se souvient encore de sa première tournée en 1980, en Amérique du Sud, alors que plusieurs pays vivaient sous des dictatures militaires. « Les gouvernements n’avaient probablement pas réalisé que nous étions une compagnie de ballet comique en drag ; sinon, ils ne nous auraient jamais laissé entrer au Brésil, en Argentine ou au Chili », raconte-t-il. Dans ces contextes répressifs, la liberté joyeuse des Trocks offrait au public un souffle d’air frais.Si à l’époque, aucun enfant n’assistait aux spectacles, aujourd’hui, la salle accueille aussi des adolescents et des familles. Ce n’est pas un spectacle pour enfants à proprement parler, mais c’est une excellente introduction à la danse pour eux… et aux adultes qui ne s’y connaissent pas non plus : c’est à la fois drôle et techniquement impeccable.
Un programme anniversaire éblouissant
Pour cette saison spéciale, les Trocks présentent un programme qui résume leur ADN. Des classiques revisités avec panache tels que Le Lac des cygnes, La Mort du cygne et Paquita. Pour cette occasion spéciale, les Trocks présenteront également la pièce contemporaine Metal Garden chorégraphiée par Sean Curran. On nous promet deux heures de danse et une avalanche de fous rires.
INFOS | Ballets du Trockadero de Monte Carlo, Tournée du 50e anniversaire,
le 16 octobre 2025 au Théâtre Maisonneuve de la Place-des-Arts.
Billets : https://showoneproductions.ca/fr/event/trockadero-canada-2025/

