Avec l’entrée en fonction de Bhumika Shrestha, devenue le 16 mars la première personne transgenre à siéger au Parlement du Népal, la communauté LGBTQ+ du pays célèbre cette avancée historique.
La Commission électorale népalaise a confirmé sa nomination comme députée, issue du système de représentation proportionnelle, pour le Rastriya Swatantra Party, à la suite de la victoire de cette formation aux élections parlementaires la semaine dernière.
Bhumika Shrestha s’identifie comme appartenant au « troisième genre », une identité reconnue légalement au Népal depuis une décision de la Cour suprême en 2007, fondée sur le principe de l’autodétermination.
Une avancée symbolique dans un pays pionnier… mais imparfait
Le Népal est souvent considéré comme un chef de file en matière de droits LGBTQ+ en Asie du Sud, avec certaines des lois les plus progressistes de la région. Malgré ces avancées juridiques, la réalité demeure contrastée, et les personnes LGBTQ+ continuent de faire face à des discriminations importantes au quotidien.
Consciente de cet écart entre les principes et leur application, Bhumika Shrestha mesure l’ampleur du mandat qui lui est confié.
« Je suis très heureuse, mais je ressens aussi le poids des responsabilités, a-t-elle déclaré. Notre Constitution prévoit des protections pour notre communauté, mais elles ne se traduisent pas toujours en lois ou en politiques concrètes. On s’attend à ce que je porte ces enjeux au Parlement. »
Une nomination saluée par la communauté
L’annonce de sa nomination a suscité un élan de soutien au sein de la communauté LGBTQ+ népalaise. Des rassemblements spontanés ont notamment eu lieu au siège de la Blue Diamond Society, une organisation phare de défense des droits LGBTQ+ avec laquelle Shrestha a déjà collaboré.
Des membres de la communauté et des alliés se sont réunis pour souligner cette percée politique, offrant à la nouvelle députée fleurs, écharpes et cadeaux symboliques afin de marquer l’importance de cet événement.
Au-delà de sa portée symbolique, l’arrivée de Bhumika Shrestha au Parlement pourrait ouvrir une nouvelle étape pour les droits LGBTQ+ au Népal — celle du passage des principes constitutionnels à des mesures concrètes.

