Vendredi, 22 mai 2026
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    Extérieur/Nuit : errances nocturnes

    Créée au Festival TransAmériques 2025, Extérieur/Nuit s’installe au théâtre Prospero. Une œuvre chorale du jeune Théâtre Indépendant, qui plonge dans les recoins de nos angoisses existentielles dans un monde qui nous échappe. Une nuit, trois jeunes en mal d’être se rencontrent, sans grand espoir d’échapper à leur destin. 

    Une errance nocturne qui amène les personnages à se croiser, tout en nous conduisant à découvrir les fils qui les relient. Pour ce voyage au bout de la nuit, les créateurs et les créatrices revendiquent dès le début de l’entrevue leur choix de la création collective et le désir d’être au carrefour des arts vivants. La scénographie, la lumière, la musique, les images sont aussi importantes que le texte. Tout doit entrer en résonance et porter une expérience sensorielle qui surprendra le public. 

    Tout naît au départ de rencontres et du désir partagé d’explorer de nouvelles formes théâtrales. « Nous sommes comme une famille aujourd’hui, et on a développé un esprit de troupe et c’est né aussi parce que nous portions le même constat sur le théâtre, avance l’autrice du texte, JJ, entre autres, de travailler sur l’écriture scénique, de sortir des cadres auxquels on est habitué au théâtre. » 

    Ainsi, le collectif veut s’inspirer de l’expérience personnelle et des réalités de chacun.e pour constituer le matériel de création. Une façon pour elle et eux d’être au plus près des spectateurices. Et si la compagnie se définit comme queer, ce n’est pas une revendication politique, mais plutôt, comme l’avance Charles Voyer, le metteur en scène : « Un simple constat. Nous sommes toustes issues des minorités de la diversité, et cela s’est imposé. Comme un fait. Bien évidemment, on peut en faire une lecture politique, bien sûr, mais nous voulions être cash avec le public, car ce que nous présentons sur scène s’inspire de nos vies et donc de nos vies queers, de ce qui est naturel pour nous, tout en sachant que c’est peut-être difficile à entendre pour un public hétéro cisgenre. »

    Impossible alors d’échapper à la difficulté d’exister dans la marge sans entrer en conflit avec la normalité. La violence est souvent omniprésente, mais comment la montrer sur scène, ou simplement l’évoquer ? « Le théâtre est souvent vu comme un divertissement, la violence peut y trouver sa place, mais on veut aussi que les gens s’amusent, rigolent, continue Charles Voyer. Ce n’est pas notre démarche, qui est fondée sur quelque chose de plus sensoriel. » D’où l’importance d’une scénographie, de la lumière, du son, qui créent un écrin propre à la frontalité avec la violence. 

    Si Extérieur/Nuit ne joue pas avec les codes habituels sur scène, c’est pour déstabiliser, bien évidemment, le public, et le conduire à affronter des zones plus sombres des êtres et des contextes dans lesquels ils évoluent. Les personnages cherchent à se déprendre de leur vie, quitte à se créer un personnage plus proche de ce qu’ils seraient. 

    Extérieur/Nuit, c’est aussi l’éloge d’une certaine lenteur, alors que tout nous incite à la rapidité. Les silences maintenus sur scène deviennent des actes subversifs, comme de longues respirations, ouvrant la porte à un voyage intérieur pour le public. Dérangeant, mais profondément bouleversant. 

    Et c’est bien cette expérience physique et collective que recherche le Théâtre indépendant dans ses créations. Nous mettre en porte-à-faux et susciter des réactions. Revenir peut-être à l’essence du théâtre. 

    INFOS | Extérieur/Nuit Texte : JJ Houle. Mise en scène : Charles Voyer. Du 17 mars au 28 mars 2026, au Théâtre Prospero. Coproduction Festival TransAmériques, Infrarouge et le Prospero

    theatreprosero.com

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