Nouvelle avancée majeure pour les droits LGBTQ+ en Europe : le Conseil d’État grec a confirmé, vendredi, la légalité du mariage entre personnes de même sexe ainsi que le droit à l’adoption pour les couples mariés.
Dans une décision très attendue, la plus haute juridiction administrative du pays estime que ces droits, adoptés par le Parlement en février 2024, respectent pleinement la Constitution grecque et les engagements internationaux du pays, notamment la Convention européenne des droits de l’homme.
Au cœur du jugement : la question de l’intérêt de l’enfant. Les juges sont clairs. Permettre à des couples de même sexe d’adopter « ne viole pas la protection constitutionnelle de l’enfance ni l’intérêt supérieur de l’enfant ». Ils rejettent également l’idée selon laquelle ces familles seraient, par nature, différentes ou inférieures : aucune discrimination ne peut être retenue entre les enfants élevés par des couples de même sexe et ceux élevés par des parents hétérosexuels.
Cette décision met fin à une contestation judiciaire portée par des groupes conservateurs, qui s’opposaient notamment à l’adaptation des actes officiels — certificats de naissance et de mariage — pour reconnaître les parents de même sexe.
Adoptée sous le gouvernement de centre droit de Kyriakos Mitsotakis, avec l’appui de partis de gauche, la réforme de 2024 avait marqué un tournant dans un pays où l’influence de l’Église orthodoxe demeure importante. Le Conseil d’État vient aujourd’hui consolider cette avancée, en rappelant que les institutions évoluent avec la société.
« Le mariage et la famille ne sont pas des réalités figées », souligne la cour, qui insiste sur le pouvoir du législateur d’adapter le droit aux transformations sociales. Une position qui s’inscrit dans une tendance plus large observée à travers l’Europe, où la reconnaissance des familles LGBTQ+ progresse, malgré des résistances persistantes.
Dans un contexte international où les droits LGBTQ+ — et en particulier ceux des personnes trans — sont de plus en plus instrumentalisés à des fins politiques, cette décision grecque envoie un signal fort. Elle rappelle que l’égalité juridique ne relève pas d’un débat idéologique, mais d’un principe fondamental : celui de la dignité et de l’égalité de toutes les personnes devant la loi.
ariageEn validant sans ambiguïté le mariage et l’adoption pour les couples de même sexe, la Grèce rejoint ainsi le groupe croissant des démocraties qui reconnaissent pleinement la diversité des familles — et refuse de céder aux discours qui cherchent à en limiter la légitimité.

