Un élu républicain de l’Ohio a déposé un nouveau projet de loi qui pourrait limiter considérablement l’accès aux soins affirmant le genre pour les adultes trans dans l’État. Présentée le 30 avril dernier, la mesure s’inscrit dans une série d’initiatives législatives ciblant les communautés LGBTQ+ au cours de la présente session parlementaire.
Le projet de loi HB 838, porté par le représentant républicain Josh Williams, prévoit notamment d’interdire à Medicaid — le programme public d’assurance maladie destiné aux personnes à faible revenu — de couvrir plusieurs formes de soins liés à l’affirmation de genre.
Le texte vise également les municipalités et administrations locales qui offriraient des assurances santé inclusives envers les personnes trans à leurs employé·e·s. Selon la proposition, les coûts associés à ces soins pourraient être retranchés des sommes versées aux municipalités par le fonds général de revenus de l’Ohio.
Pour les groupes de défense des droits LGBTQ+, cette mesure représente une nouvelle attaque contre l’accès à des soins jugés médicalement nécessaires par plusieurs organisations professionnelles de la santé.
« L’augmentation constante des restrictions et des limitations en matière de soins de santé compromet la sécurité, la santé et le bien-être non seulement des personnes trans en Ohio, mais de toute la population », a déclaré Dara Adkison, directrice de l’organisme TransOhio, au média The Advocate. Elle a qualifié le projet de loi de « répréhensible ».
Josh Williams, qui brigue actuellement un siège à la Chambre des représentants des États-Unis, a déjà présenté six autres projets de loi jugés nuisibles aux communautés LGBTQ+ depuis le début de la session législative.
Malgré ce climat politique tendu, certaines villes de l’Ohio tentent de résister. À Lakewood, une banlieue de Cleveland, les autorités locales ont récemment adopté une « politique de liberté de genre » visant à protéger les employé·e·s LGBTQ+ et à maintenir l’accès aux soins affirmant le genre, même si ces traitements doivent être obtenus à l’extérieur de l’État.
La conseillère municipale Cindy Strebig, ouvertement LGBTQ+, a dénoncé l’obsession de certains élus républicains envers les personnes trans plutôt que les enjeux touchant l’ensemble de la population. « Je continuerai de me battre pour ma communauté ainsi que pour la dignité et le respect de toutes les personnes », a-t-elle affirmé.
Ce nouveau projet de loi illustre la poursuite des offensives politiques contre les droits trans aux États-Unis, particulièrement dans plusieurs États conservateurs où l’accès aux soins de santé affirmant le genre demeure de plus en plus contesté.

