Mercredi, 18 mai 2022
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    La vérité ou presque

    Les romans de Stephen McCauley remportent toujours un vif succès. Avec L’objet de mon affection, L’art de la fugue, Et qui va promener le chien, il s’est gagné un public de plus en plus vaste et un respect appréciable de la part des critiques, grands et petits. 

    Ce qui suscite aussitôt l’intérêt dans ses romans, c’est la riche galerie de personnages qu’il y met en scène. Ceux-ci ne sont jamais coulés dans le béton : leurs facettes sont multiples, ils évoluent constamment et sont agités de questionnements perpétuels.

    Dans ce dernier roman, l’action gravite autour de deux personnages. Tout d’abord, Jane Cody, productrice à Boston d’une émission de télévision à la Parler pour parler, qui est diffusée depuis maintenant plus de six ans et qui commence sérieusement à s’essouffler.

    Faisant face à la concurrence farouche d’une jeune pouliche aux dents longues, prête à tout pour occuper son poste, elle craint de rester sur la touche. Prise avec un mari, au mieux ennuyant, et avec un fils de six ans qui s’oriente assurément vers une carrière de psychopathe, elle se surprend à planifier en catimini des rendez-vous avec son ex-mari.

    Desmond Sullivan, de son côté, s’interroge quant à sa relation avec Russell : est-il bien ou s’ennuie-t-il? La biographie qu’il rédige sur une chanteuse oubliée, Pauline Anderton, piétine lamentablement et il prend alors la décision de passer un été à Boston pour y enseigner dans un collège. Loin de son copain, il espère y voir plus clair et, éventuellement, terminer sa biographie.

    Évidemment, Jane et Desmond vont se croiser et concocteront un projet commun afin de se sortir de leur marasme émotionnel : produire une série sur les has-been, les personnalités médiocres de l’histoire.

    L’auteur réussit plus souvent qu’à son tour à mettre le doigt sur tous ses petits travers qui nous agitent et à en démontrer l’absurdité par l’intermédiaire de commentaires pince-sans-rire qui sont le plus souvent hilarants.

    La peinture sociale qu’il brosse en ravira plusieurs puisqu’elle ne fait pas qu’être mordante, elle touche également au côté émotionnel des personnages et nous met directement en contact avec leur fragilité et leur aspiration.

    Un roman qui se dévore d’une traite et laisse un souvenir durable et pénétrant.

    La vérité ou presque / Stephen McCauley. Paris : Buchet/Chastel, 2002. 425p.

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