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    Le Titanic et la Joconde

    Premier roman de Denis Payette qui nous plonge dans le quotidien sans histoire d’un
    couple d’hommes, Marc et Mathieu, qui sont brusquement confrontés à la mort du père de Marc. Un drame qui ébranle ses repères et l’oblige à repenser sa vision du monde.

    Avec une telle prémisse, on serait en droit d’attendre un récit qui empoigne avec lourdeur le thème du questionnement existentiel. Or, il n’en est rien. L’auteur emprunte au contraire les détours de la mémoire – la sienne, mais aussi celle de son père – et propose un texte qui oscille constamment entre gravité et légèreté, avec une certaine dose d’humour.

    C’est donc au rythme de souvenirs, qui surgissent un peu au hasard, que l’on découvre les deux hommes. La mémoire, par nature imparfaite et sujette aux distorsions du temps, donne lieu à un florilège d’anecdotes qui flirtent parfois avec l’invraisemblable sans jamais cependant dépasser les frontières du vraisemblable. L’ensemble met en lumière une volonté de se reconstruire et de se redéfinir dans un récit où le drame côtoie le rire et où l’absurde trouve naturellement sa place.
    Le titre du roman illustre avec justesse cette dichotomie entre une catastrophe ayant brisé des vies — à l’image du naufrage du Titanic — et une œuvre célébrée pour sa beauté intemporelle, tel la Joconde. Ces deux pôles, et la tension qui les relie cohabitent dans l’esprit de Marc.

    L’auteur adopte un ton à la fois tendre et lucide, faisant preuve d’une grande adresse dans son écriture, tant sur le plan formel que dans la sincérité des émotions exprimées.

    Il convient d’ailleurs de souligner la finesse avec laquelle Denis Payette parvient à saisir ces petits riens du quotidien, qui se transforment en moments marquants, à la fois intimes et émouvants, sans jamais sombrer dans le pathos.

    « Tous les esseulés de la planète qui se retrouvent dans les bars n’attendent que ça : que quelqu’un les embrasse. Des animaux tristes, il y en a plein les bars. »

    « C’est fou tout ce qu’on peut raconter à quelqu’un qu’on vient à peine de rencontrer. Je crois que le fait de se retrouver tout nu avec un étranger dans un lit à quatre heures du matin incite à la confidence ».

    Un premier roman qui réussit le pari d’aborder la perte et le questionnement existentiel sans jamais s’alourdir et qui touche par sa capacité à faire dialoguer drame et beauté.

    INFOS | Le Titanic et la Joconde / Denis Payette. Lévis : Abduco, 2026. 171 p.

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