Lundi, 27 juin 2022
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    L’abbé Raymond Gravel nous quitte…

    Prêtre atypique, l’abbé Raymond Gravel s’est éteint le 11 août dernier après un long combat contre le cancer des poumons.


    Longtemps, à sa manière, il a défendu la cause LGBT par ses prises de positions et ses déclarations qui, souvent, allaient à l’encontre des principes et des règles de la haute hiérarchie de l’Église catholique romaine. Né en 1952 à Saint-Damien de Brandon, il était le quatrième de six enfants. En raison d’un père autoritaire, il quitte la maison familiale à l’âge de 16 ans. Il se retrouve vite à Montréal à faire de la prostitution en répondant à une annonce de recherche d’escortes dans un journal. Raymond Gravel plonge alors dans la prostitution et la drogue. Mais un soir tout bascule, il est violenté et abusé par un client et se retrouve aux soins intensifs à l’hôpital. Il décide de se sortir du milieu de la prostitution et deviendra barman dans les bars Lime Light et Bud’s (un bar de cuir) de 1976 à 1982.

    Après six ans à être «servant de bar», il réalise un rêve d’enfance : étudier en théologie au Grand Séminaire. Ordonné prêtre, il devient curé dans le diocèse de Joliette et aumônier des pompiers. De 2006 à 2008, il est élu député fédéral de la circonscription de Repentigny sous la bannière du Bloc québécois. Mais sous peine d’être «laïcisé» par les autorités de l’Église à Rome, Raymond Gravel quittera ses fonctions de député et reprendra celles de prêtre et d’aumônier. Le 20 août 2013, l’abbé Gravel apprend qu’il est atteint du cancer des poumons et entreprend un long combat contre cette maladie.

    Entre temps, il se dit soulagé qu’après la course à la papauté, ce soit un archevêque argentin qui soit élu pape et non le cardinal Ouellet (de Québec) qui aurait été dans la continuité ultra conservatrice du pape Benoît XVI. Il salue l’arrivée du nouveau Pape, François 1er, qu’il qua-lifie de «révolutionnaire de velours», et lui lève son chapeau quand celui-ci adopte un ton plus conciliant envers les homosexuels. Invité souvent dans les médias, il le sera de nouveau lorsqu’il apprend qu’il est condamné pour parler justement de la maladie, de la foi et de ses pensées face à la mort. Jusqu’au bout, il portera un message d’espoir, de tolérance. Il laisse le souvenir d’un prêtre progressiste, ouvert aux différences et au service de la communauté.

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