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Mardi 21 septembre 2021
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    Espace, Lumière et Architecture

    Véritable vent de fraicheur pour son quartier, cette toute nouvelle maison se démarque de son entourage par sa présence lumineuse. Elle s’inscrit dans un doux mouvement qui s’affaire, discrètement, à transformer le visage de Montréal dont les rues et quartiers remontent souvent à près d’un siècle. Aujourd’hui, grâce à l’arrivée de jeunes ménages à la recherche de milieux de vie chaleureux, ces rues et quartiers retrouvent un second souffle.

    Nommée La DUETTE, cette demeure a été conçue pour un duo d’une même fratrie, un frère et une sœur, et leurs deux familles. L’une occupe les deux étages du haut et l’autre, l’étage du rez-de-jardin. Amener de la lumière naturelle à l’intérieur de cette maison, toute en longueur et soumise à un cadre réglementaire strict, représentait un véritable tour de force, pour l’équipe de Natalie Dionne Architecture.

    Le concept architectural
    La DUETTE a été littéralement sculptée sur écran, grâce à un travail de modélisation 3D. Ceci devait permettre aux architectes d’explorer toutes les possibilités du site, tenant compte de son étroitesse et des règlements en vigueur. Ce travail virtuel a entre autres servi à faire émerger des vues intéressantes et des espaces extérieurs inattendus. Le nouveau duplex, qui se déploie sur trois étages, est accessible d’une porte avant et d’un second accès, sur le côté. Chacune des deux entrées est discrètement soulignée par une marquise, servant à la fois d’abri et de signal sur rue. Leur emplacement favorise l’intimité des familles occupantes et dynamise le volume du bâtiment. 

    Le logement du bas, au rez-de-jardin, occupe la totalité de la surface autorisée. Très compact, il comporte deux chambres bien éclairées et une aire de vie, donnant sur une cour anglaise paysagée.  L’appartement bénéficie de la totalité de la surface vitrée permise en marge latérale.  L’appartement du haut, sur deux niveaux, est légèrement surélevé par rapport au niveau de la rue. Les espaces de vie du rez-de-chaussée donnent sur une vaste terrasse extérieure, avec vue sur la ruelle. La chambre principale, deux chambres d’enfants de même qu’un espace de jeu se trouvent au dernier étage. 

    Pour ce bâtiment dont la largeur ne pouvait dépasser six mètres (20 pieds), il était impératif de trouver une façon de laisser pénétrer la lumière du jour. La solution des architectes a été de « replier » la façade latérale vers l’intérieur du volume et d’y installer quatre fenêtres sans contrevenir à la réglementation en vigueur. Ces ouvertures, d’importance cruciale pour l’éclairage naturel, ont également révélé des vues inattendues, tant vers l’intérieur que l’extérieur du bâtiment.

    Intérieurs et matériaux
    Un jeu de transparence est perceptible partout dans l’unité du haut, de la porte d’entrée à la terrasse arrière, et de haut en bas. Des vues, en plongée et contre-plongée, étonnent. De petits gestes anodins deviennent des moments de pure grâce. Un escalier suspendu ajoute à la magie des lieux. Le besoin d’avoir des chambres fermées a donné lieu à des solutions inventives. L’utilisation de murs de verre et de longs rideaux, pour assurer l’intimité des chambres, crée des effets de transparence saisissants. 

    Des parois de bois d’érable se déploient d’un étage à l’autre, dissimulant les espaces de services. La chaleur de l’érable répond à la présence de matériaux plus neutres, tels le béton poli des planchers et l’aluminium anodisé des fenêtres. L’escalier, noir, se découpe sur fond de murs blancs. Suspendu à une paroi d’acier, son effet sculptural est accentué par les ombres que crée une source de lumière zénithale. Au dessus, un généreux puits de lumière illumine les deux étages de l’appartement.

    Extérieurs et matériaux
    Avec ses trois façades, revêtues de brique d’argile, couleur sable, cet étroit volume en longueur arbore une expression monolithique. La maçonnerie, très présente, s’insère partout, dans les pleins et les creux du bâtiment. La sélection de ce matériau pérenne qu’est la brique, et son utilisation, tant sur rue que sur ruelle, se voulait un geste qui ait valeur d’exemple dans le paysage urbain de Montréal. La façade principale, très sobre, forme une composition minimaliste ton sur ton, animée par un petit perron fantaisiste. L’alignement et les proportions des fenêtres, en aluminium anodisé naturel, ont été soigneusement étudiés. L’escalier extérieur et les marquises, en feuilles d’acier, peint gris, ainsi que le garde-corps perforé de petites croix, se répondent. Les marches et soffites des marquises, construites de bois de cèdre de l’Est naturel, apportent chaleur à l’ensemble. 
     
    Le défi de ce projet pourrait se résumer ainsi : comment loger deux familles dans des espaces restreints et leur offrir une qualité de vie agréable et des lieux de vie poétiques. La solution mise de l’avant, lors de l’important travail de conception, a été de transformer les contraintes en atouts créatifs.

    La DUETTE est l’expression d’une nouvelle typologie d’habitation urbaine offrant aux familles la possibilité d’HABITER EN VILLE, dans un paysage imprégné de la présence de la nature. 


    INFOS : ndarchitecture.net

    Fiche technique
    Nom du projet : La DUETTE

    Localisation : 12eme avenue, Rosemont, Montréal, QC, Canada
    Superficie du projet : 3 237 pi2 / 300.7 m2
    Fin du projet : Automne 2019

    Architectes : Natalie Dionne Architecture
    Équipe de conception : Natalie Dionne, Corinne Deleers, Rosemarie Faille-Faubert et Martin Laneuville
    Clients : Sophia Lormeus et Patrice Éthier, Annie Éthier
    Entrepreneur : OVI construction

    Ingénieur : Latéral
    Ébéniste : OVI ébénisterie

    Photographe : Raphaël Thibodeau

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