Dimanche, 17 octobre 2021
• • •
    Publicité

    Tendances à surveiller… ou les principales découvertes de l’enquête FUGUES – CMI 2021

    Depuis maintenant 15 ans, Fugues participe à chaque année à l’enquête longitudinale de Community Marketing and Insight (CMI), une agence de recherche communautaire basée à San Francisco. Les données collectées auprès du lectorat de Fugues nous permettent d’en obtenir un portrait instantané qui, à l’image de la communauté LGBTQ+ du Québec, se transforme peu à peu. Notez que les données mentionnées dans cet article correspondent à l’ensemble du lectorat combiné du magazine, du site Web et de l’infolettre. Les principales découvertes de l’enquête 2021 sont nombreuses…

    Pour connaitre les données précises concernant le profil spécifique à chacune de ces plateformes, il faudra attendre la mise à jour de la trousse média 2022, qui se fera d’ici novembre 2021.

    Terminologie de l’identité 

    • Pour qualifier l’ensemble de la communauté, les termes «gai» et «queer» ne remportent l’adhésion que d’une portion réduite de la communauté, même parmi ceux dont c’est l’identité principale… 

    • Notre précédent sondage annuel révélait que «LGBTQ» avait dépassé «LGBT» comme terme préféré pour décrire notre communauté. Xette année, «LGBTQ», «LGBT» et «LGBTQ+» sont plutôt perçus de la même manière. Cependant, la note globale positive pour «LGBTQ» et «LGBT» a baissé dans la réponse de 2021, tandis que «LGBTQ+» est le terme qui a le plus augmenté. C’est une indication que «LGBTQ+» a pris un élan positif. Notez que le nouveau sigle «2SLGBTQ2» (qui intègre les Premières Nations et les personnes en questionnement) n’avait pas été soumis à l’évaluation par la maison de recherche.

    • Pour la première fois, l’enquête 2021 portait sur l’utilisation des pronoms personnels («il», «elle», «iel» et «ilelle», etc). Alors que les différences dans l’utilisation des pronoms étaient plus prononcées selon l’identité de genre, l’âge importait également, sinon plus. Seize pour cent (16%) des participants de moins de 35 ans avaient utilisé «ils/eux/leurs» ou «iel» comparativement à moins de 3 % des participants de plus de 55 ans.

    Programmes de sensibilisation LGBTQ+, soutien aux médias et aux entreprises ouvertes aux LGBTQ+

    92 % des participants conviennent qu’ils considèrent plus positivement les entreprises qui font de la publicité dans les médias LGBTQ+. Et à peu près le même nombre (91 %) ont convenu qu’ils lisaient ou regardaient régulièrement les médias LGBTQ+, sous une forme imprimée ou numérique.

    87 % des participants conviennent qu’ils considèrent plus positivement les entreprises qui sensibilisent et font de la publicité intégrant la communauté LGBTQ+.

    81 % des participants s’entendent pour dire qu’ils considèrent plus positivement les entreprises qui parrainent des organisations et des évènements communautaires LGBTQ+.

    79 % des participants conviennent que les entreprises qui soutiennent les LGBTQ+ ont fait une différence positive pour leurs employés LGBTQ+.

    61 % des participants affirment que la présence des entreprises aux évènements de la Fierté LGBTQ+ est positive pour la communauté, 23 % étaient neutres et 16 % ne pensent pas que cette présence soit positive. Bien que la majorité voient cette présence comme très ou assez positive, le pourcentage moindre que pour les points précédents peut refléter le fait que certains membres de la communauté réévaluent le niveau d’implication des entreprises dans les célébrations de la Fierté. Les organisations de la Fierté et les sociétés qui les soutiennent gagneraient donc à l’avenir à mieux communiquer la manière dont les sociétés commanditaires soutiennent authentiquement la communauté LGBTQ+.

    Célibat, couples LGBTQ et enfants

    • Le statut de relation LGBTQ+ et le pourcentage de personnes mariées n’ont pas changé de manière significative depuis l’année dernière. D’ailleurs, en examinant les données liées à Fugues de l’enquête communautaire LGBTQ+ au cours des 4 dernières années, les taux de mariage LGBTQ+ semblent stables, augmentant de quelques points de pourcentage seulement. Tout porte à croire que nous sommes dans une période où le nombre de nouveaux mariages par rapport aux nouveaux divorces ou au décès d’un partenaire est proche de l’équilibre.

    • Par rapport au type de relation : 4 % des couples disent être dans une relation polyamoureuse, avec peu de différence selon le genre.

    • Bien que la majorité soit en couple (53%), les hommes gais et bisexuels cisgenres sont un peu plus susceptibles d’être célibataires que les femmes lesbiennes et bisexuelles cisgenres. Et les femmes lesbiennes et bisexuelles cisgenres sont plus susceptibles d’être mariées ou conjointes de fait. Cela a des implications importantes car le statut relationnel influence fortement la vie quotidienne et les décisions connexes, y compris la santé, le bienêtre et les achats.

    69 % ont au moins un animal de compagnie.

    • Il y a plus de parents LGBTQ+ que beaucoup le pensent. Dans cette étude, 19 % des participants LGBTQ+ ont un enfant de tout âge. Les femmes lesbiennes et bisexuelles sont les membres de la communauté LGBTQ+ les plus susceptibles d’avoir des enfants de moins de 18 ans. Il existe également un pourcentage non négligeable de parents transgenres et non binaires. Cela dit, depuis le rapport de 2017, nous n’avons pas encore constaté d’augmentation significative des pourcentages de parents LGBTQ+. Mais dans ce rapport, plus de 40% des millénariaux LGBTQ+ ont exprimé le souhait de devenir parents dans un horizon de moins de 10 ans. Si ce souhait devient réalité (ce qui n’est pas certain), il faudra davantage de programmes pour soutenir les objectifs familiaux de ces membres de la communauté en termes de procréation assistée ou d’adoption.

    17% de la génération des babyboomeurs et de celle qui les précède (donc les personnes nées en 1964 ou avant) ont des petits-enfants.

    Vivre dans des communautés ouvertes aux LGBTQ+

    • Les participants à l’enquête LGBTQ+ vivent dans une grande variété de types de communautés. Cela dit, il faut noter que les hommes cisgenres gais et bisexuels ont une probabilité plus élevée de vivre dans des milieux urbains : 70 % vivent dans les grandes villes et plus de la moitié du reste (17 %) dans les couronnes de Montréal, Québec et Ottawa. Du côté des femmes cisgenres lesbiennes et bisexuelles, les participantes transgenres et non binaires étaient plus dispersées, vivant dans de nombreux types de communautés différents : 55 % en ville, 30 % en banlieue, 15 % en zone rurale.

    98 % considèrent vivre dans un pays (le Canada) ouvert aux LGBTQ+. À des fins de comparaison, seulement 56 % des répondants étatsuniens de cette enquête ont cette perception des États-Unis. C’est la question sur laquelle on trouve la plus grande différence entre les réponses des deux pays.

    • Plus la zone est urbaine, plus la communauté est considérée comme favorable aux LGBTQ. Quatre-vingt-seize pour cent (96 %) des participants LGBTQ+ — qu’ils vivent ou non en ville — pensent que l’environnement urbain des grandes villes est favorable aux LGBTQ+, contre 49 % de ceux qui vivent dans les zones rurales. On pose cette question depuis plusieurs années et le plus grand changement que nous avons vu au fil du temps est que les membres de la communauté LGBTQ+ trouvent les banlieues de plus en plus favorables aux LGBTQ+. Des augmentations plus faibles sont tout de même notées pour les petites villes et les zones rurales.

    • Nous avons pu examiner les données passées pour voir si la COVID-19 avait provoqué un changement majeur dans les environnements de vie. Les données comparées de 2020 et 2017 se situaient dans une fourchette d’un ou deux points de pourcentage. Nous ne voyons donc pas, jusqu’à présent, une grande migration LGBTQ+ vers des communautés de plus petite taille, contrairement à l’impression que certains médias donnent à propos de la population en général depuis quelques mois.

    Santé, VIH, handicaps et COVID-19 

    • Le sondage posait une question générale sur 16 problèmes de santé potentiels. Il convient de noter la préoccupation considérable concernant les problèmes de santé mentale chez les LGBTQ+. Les problèmes de sommeil et de poids sont également fréquemment mentionnés, autant sinon plus que les questions des ITSS et du VIH (si on considère les données tous genres confondus). 95% des répondants qui se savaient séropositifs au moment de l’enquête disaient être traités ET indétectables.

    • Pour des raisons évidentes, la COVID-19 était une grande préoccupation pour au moment de l’enquête (mai et juin 2021). COVID-19 a eu un impact négatif sur tout le monde. Pour certains, l’impact était dû à la maladie ou au décès d’un être cher. Cependant, pour la plupart des membres de la communauté LGBTQ+, l’isolement et les problèmes de santé mentale ont été des impacts négatifs importants. Ils pourraient être particulièrement graves au sein de la communauté LGBTQ+, car beaucoup étaient déjà isolés avant la pandémie.

    16% des répondants ont indiqué vivre avec une forme ou une autre d’handicap (mémoire, audition, mobilité, apprentissage, etc.).

    Perception de l’ouverture des milieux de travail aux réalités LGBTQ+

    • En général, les membres de la communauté LGBTQ+ estiment que leur employeur est favorable aux LGBTQ+ (81 % de soutien). Ce pourcentage toujours plus élevé à chaque année peut être dû autant à une réelle ouverture de la majorité des employeurs qu’au fait que les employés LGBTQ+ cherchent plus activement du travail auprès d’entreprises connues pour être favorables aux LGBTQ+. Avec la pénurie de main-d’oeuvre qui se pointe à l’horizon, on envisage que les entreprises qui démontreront une réelle ouverture tireront probablement mieux leur épingle du jeu.

    • Cependant, lorsqu’on demande si l’entreprise soutient ses employés transgenres et non binaires, le pourcentage diminue (à un peu moins que 55 % de soutien). Il est à noter que 17 % de tous les participants LGBTQ+ n’étaient pas surs de savoir si leur employeur soutenait les personnes trans. Et lorsque les employés transgenres et non binaires ont été interrogés sur leur employeur, 62 % ont indiqué qu’ils travaillaient pour une entreprise solidaire, 24 % étaient neutres ou incertains, et 14 % considéraient que leur employeur n’était pas favorable ou était franchement réfractaire.

    Économie

    • En général, la communauté LGBTQ+ est optimiste à l’effet que l’année à venir sera meilleure en termes d’activité économique que l’année précédente. Par rapport à l’enquête de l’année dernière, l’optimisme pour l’année à venir a augmenté de 16%.


    898 répondant.e.s via Fugues, dont 803 ont répondu au questionnaire en français.

    Du même auteur

    SUR LE MÊME SUJET

    LAISSER UN COMMENTAIRE

    S'il vous plaît entrez votre commentaire!
    S'il vous plaît entrez votre nom ici

    Publicité

    Actualités

    Les plus consultés cette semaine

    Publicité