Samedi, 25 juin 2022
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    La Berlinale qui s’est ouvert avec le film gai «Peter von Kant» se décline en tous genres

    Le 72e festival du film de Berlin, qui remettra encore cette année un prix d’interprétation non genré, offre une programmation emplie de questionnements sur ce que signifie être une femme ou un homme.

    Le premier grand festival du film européen de l’année s’est ouvert jeudi dernier avec Peter von Kant de François Ozon, adaptation du film de Rainer Werner Fassbinder de 1972 Les larmes amères de Petra von Kant. Mais dans sa version Petra von Kant, le personnage principal, est remplacée par son alter ego masculin, Peter, interprété intensément par l’un de ses acteurs fétiche, Denis Ménochet.

    Le thème du gender-bending (inversion des sexes) connaîtra des variations tout au long du festival, organisé cette année dans un format réduit à cause de la pandémie.

    Lentilles binaires

    Dans le documentaire italien Nel mio Nome, projeté dans la section Panorama de la Berlinale, le réalisateur Nicolo Bassetti suit ainsi la vie de quatre amis de Bologne à différents stades de leur transition de femmes en hommes. Nicolo, Leonardo, Andrea et Raffaele parlent intimement de leurs vies, de leurs expériences d’enfance, de leurs partenaires et du processus de transition.

    Le producteur exécutif du film n’est autre qu’Elliot Page, la star oscarisée de Juno, qui a fait son coming-out transgenre en 2020. Nicolo Bassetti, inspiré par son propre fils transgenre Matteo, 27 ans, a déclaré que son objectif était de rendre compte de la «richesse de l’humanité», perceptible sans «lentilles binaires».

    Faire ce film lui a fait réaliser qu’il «devait vraiment arrêter d’essayer de faire des hypothèses sur ce que c’est qu’être un homme ou une femme et ce que c’est qu’être hétérosexuel ou homosexuel», explique le réalisateur. «Ces distinctions sont vraiment dépassées et ne sont plus applicables. J’ai plutôt essayé de voir la beauté de ces personnes, de ces êtres humains».

    Avec Nel mio Nome, M. Bassetti veut montrer aux spectateurs qu’ils n’ont pas à se soumettre à «la performance de la masculinité ou de la féminité», des codes selon lui «devenus discutables pour beaucoup». Sont également présentés dans la section Panorama Swing Ride et Beautiful Beings, deux autres films qui offrent de nouvelles perspectives sur les normes de genre.

    Désir et insécurité 

    Dans Swing Ride, film italien de Chiara Bellosi, une jeune fille de 15 ans voit ses horizons s’élargir lorsqu’elle rencontre Amanda, une foraine qui refuse de se conformer aux stéréotypes de genre. Beautiful Beings, film islandais écrit et réalisé par Gudmundur Arnar Gudmundsson, explore lui les tourments de Balli, un jeune inadapté de 14 ans, qui rencontre trois garçons de son âge. Mais leur nouvelle amitié menace de tourner au vinaigre alors qu’ils sont entraînés sur une route sombre dans un monde saturé de masculinité toxique.

    Dans la section Forum de la Berlinale, le film brésilien Three Tidy Tigers Tied a Tie Tighter suit la vie de trois jeunes amis queer pendant une future pandémie fictive à Sao Paolo.

    Et dans la section Génération 14plus, le court métrage portugais At Sixteen explore le désir et l’insécurité que suscite chez une adolescente le fait de voir deux filles s’embrasser. Ultime clin d’oeil à un avenir non binaire, le festival décernera cette année, pour la deuxième fois, un prix d’interprétation neutre, supprimant ainsi la distinction entre acteurs et actrices.

    Pour M. Bassetti, la division des personnes en genres fixes n’est «qu’une période de l’histoire de l’humanité» une période transitoire et «en aucun cas ce qu’il en a toujours été».

    Rédaction avec AFP

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