Samedi, 24 septembre 2022
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    Un artiste iranien utilise l’emblématique voiture Paykan comme canevas pour lutter contre la persécution

    Depuis la fin des années 1960, la Paykan, la première automobile produite en Iran, est un symbole fort et une fierté nationale. Et bien que la voiture ne soit plus en production depuis des années, on peut encore voir aujourd’hui des Paykans rouler dans les rues de Téhéran et certaines font partie de collections privées ailleurs dans le monde. C’est précisément parce que cette voiture est si emblématique que l’artiste d’origine iranienne Alireza Shojaian a choisi une Paykan comme toile pour une œuvre destinée à protester contre les violations des droits de l’homme dans son pays d’origine. Il sera possible de voir cette PaykanArtCar à Montréal, du 10 au 12 mars.


    En fait, pas n’importe quelle Paykan… celle qu’il a peinte est celle-là même qui a été offerte au dictateur Nicolae Ceausescu par le Shah d’Iran lorsque Ceausescu a pris la présidence de la Roumanie en 1974.

    Sur les panneaux métalliques de la voiture, Shojaian a peint l’histoire d’Ali Fazeli Monfared, qui n’avait que 20 ans lorsqu’il a été décapité par sa famille dans un prétendu «crime d’honneur» parce qu’il était gai. En tant qu’homosexuel lui-même, Shojaian a été contraint de quitter son pays d’origine il y a des années; et il y en a beaucoup d’autres comme lui. Comme il le déclare, «(v)ivre dans une société qui empêche ses citoyens de présenter ce qu’il sont naturellement — et même qui nie carrément leur existence —, a poussé de nombreux membres de notre communauté queer au Moyen-Orient à vivre en exil».

    C’est à cette culture de la répression que Shojaian lui-même a dû échapper et qu’il aborde désormais à travers son art. En peignant le Paykan, Shojaian a récupéré un symbole national, le transformant en un panneau d’affichage affichant son propre message puissant : que l’Iran, comme tout autre pays, a des problèmes de droits humains profondément enracinés auxquels il doit faire face. «Avec la PaykanArtCar, j’espère rendre visible la beauté et l’émotion de la culture queer qui a longtemps été cachée dans la région»,  explique Shojaian, «et, ce faisant, ouvrir la voie à un monde plus ouvert à l’acceptation [ et] tolérance».

    Le travail de Shojaian est le premier d’une série commandée par PaykanArtCar LLC, une organisation à but non lucratif qui demande à des artistes iraniens comme Shojaian d’utiliser ce véhicule légendaire comme canevas pour créer des projets qui traitent des questions de droits humains. Mark D. Wallace, ancien ambassadeur auprès des Nations Unies et directeur général de PaykanArtCar, est convaincu que la combinaison du symbole du Paykan avec les thèmes radicaux qui peuvent être communiqués par l’art enverra un message puissant. «Dans toutes les cultures, l’art a longtemps été un moyen efficace pour les gens de s’unir contre et de faire face à l’oppression, qu’ils vivent sous un régime tyrannique ou opèrent de loin», a déclaré Wallace dans un communiqué de presse. «Le PaykanArtCar est un véhicule que les artistes iraniens utiliseront pour littéralement transmettre des messages de protestation et d’espoir à l’échelle internationale, inspirant les gens tout en sensibilisant à la manière dont les Iraniens sont réduits au silence et persécutés.»

    La Paykan peinte a été dévoilé au Oslo Freedom Forum de la Human Rights Foundation à Miami, au début octobre 2021. Il devait être exposé à la foire d’art contemporain Asia Now à Paris plus tard ce mois-là, mais les organisateurs ont révoqué leur invitation. La foire de cette année se concentre sur les artistes iraniens, et après que les galeries basées à Téhéran aient refusé d’exposer à côté de cette œuvre pro-LGBT, les organisateurs ont cédé à leurs demandes de retirer leur invitation à Shojaian.

    «Il est choquant que le régime iranien ait trouvé un autre moyen de faire taire un artiste engagé, en France, soi-disant un bastion de la liberté d’expression et du libéralisme», a déclaré par voie de communiqué le directeur exécutif et cofondateur de PaykanArtCar, le Dr Hiva Feizi.

    En effet, l’Iran détient un bilan lamentable en ce qui concerne les droits humains des membres de la communauté LGBT. S’engager dans des relations homosexuelles peut être passible d’amendes, de peines de prison, de flagellation et même d’exécution.

    Il sera possible de voir cette œuvre d’art à Montréal au Salon Richmond (une ancienne église qui sert de salle à vocation multiple), les 10, 11 et 12 mars, grâce à la collaboration de la Fondation 3.19.27(2).

    INFOS | La PaykanArtCar sera exposée à Montréal les 10, 11 et 12 mars

    Le Salon Richmond, 550 Av Richmond, Montréal, Québec

    Visitez le site paykanartcar.com ou suivez la PaykanArtCar sur Twitter, Instagram et Youtube

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