Vendredi, 9 Décembre 2022
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    De la substance derrière le masque d’Orville Peck

    Presque à chaque interview on lui demande pourquoi il porte un masque. À cette question récurrente, Orville Peck a fait certainement la meilleure réponse qui soit, cette phrase géniale empruntée à Dolly Parton : « D’abord tu dois te démarquer, puis après tu leur donnes la substance. » Mais qui est ce chanteur qui redonne ses lettres de modernité à la country ? Alors qu’il sortira en avril un nouvel album très attendu, on vous propose un portrait de l’artiste masqué.


    Son premier album Pony est sorti au printemps 2019. Cet opus intrigant et assez jubilatoire est porté par le très beau titre Hope to Die sur lequel la voix de crooner de Peck prend toute sa consistance. Franchement, ça vaut le coup d’écouter, mais aussi de regarder la vidéo parce que c’est vraiment très beau et l’interprétation personnelle de la danse country par Orville Peck, mi-cowboy mi-torero, laisse bouche bée !

    Plus encore, Orville Peck pulvérise les genres. Il fait de sa country un genre bien plus accessible, si vous n’avez pas l’habitude de vous balader avec un Stetson sur la tête et un bolo autour du cou toute la journée.

    Les arrangements sont largement inspirés du rock indépendant, on pense un peu à la musique de Lana del Rey, mais avec la voix de Chris Isaak et le côté théâtral de Morissey. Surtout Peck, c’est un cowboy d’un genre un peu particulier, attirail de rancher sur le dos certes, mais avec des paillettes. Ouvertement homosexuel, il raconte dans ses balades des histoires plus proches de Brokeback Mountain que de Stagecoach. Ses prises de position ont mis un grand coup de botte de cowboy dans le milieu toujours un peu conservateur de la musique country, musique qui chante le plus souvent le point de vue du mâle blanc américain hétérosexuel.

    Dans ses interviews, il cite comme électrochoc le groupe country Lavender Country. Premier groupe gai de country américain dont la musique hyper classique, alliée aux paroles extrêmement subversives, l’ont littéralement médusé quand il était plus jeune.

    Il chante aujourd’hui, lui aussi, ses troubles et ses démons, ses désirs, ses sentiments avec emphase et profondeur, en conservant une large part de mystère autour de sa personne, son apparence, qui il est. Se dévoiler sans se montrer, en dire beaucoup de manière détournée, ça interpelle, ça peut déranger, mais ça fascine aussi.

    Dans Drive Me, Crazy — une ballade de camionneur, portée par la voix aux tons de miel et de whisky du chanteur —, Orville Peck propose une réflexion sur les leçons tirées d’une vie passée sur la route, parodiant les clichés sentimentaux du genre. Il y raconte la rencontre entre deux routiers dont les regards se croisent dans le rétroviseur, partageant alors un court moment venant troubler la solitude de leur quotidien : « Je t’ai vu me doubler dans la double file tout à l’heure, et j’ai aperçu ton regard dans le miroir. Je pensais que tu m’avais peut-être également vu. Tu pourrais tirer un coup. Mais tes phares s’éloignent, rouges, rouges comme les yeux dans la distance, malheureusement ces doubles files ne sont pas si fréquentes. »


    Les clips d’Orville Peck sont également de vrais petits bijoux cinéma-tographiques. On peut les regarder tous un par un tellement ils sont bien. Mention spéciale à celui de la chanson Queen of the Rodeo : du rodéo, des taureaux et des drag queens. C’est super beau et super émouvant. L’actrice principale de ce clip est Jem, une drag queen amie d’Orville qui nous montre dans une métaphore subtile la difficulté de se faire une place dans un monde très codifié pour devenir la « Drag Queen of the Rodeo ».


    En février, Orville Peck a partagé les détails de son prochain album, Bronco, qui devrait arriver par chapitres avant la sortie intégrale le 8 avril. Le cowboy masqué a déjà partagé le chapitre 1, qui comprend Daytona Sand, Outta Time, Any Turn et C’mon Baby, Cry, cette dernière chanson arrivant avec un nouveau clip vidéo.


    « C’est mon album le plus passionné et le plus authentique à ce jour », a déclaré Peck à propos de son nouveau disque. « J’ai été inspiré par le country rock, le psychédélique des années 60 et 70, la Californie et même le bluegrass, tout étant ancré dans la country », poursuit-il.

    « Bronco est au sujet d’être soi-même sans retenue et c’est le point culminant d’une année de tournée, d’écriture dans l’isolement et de traverser et finalement de sortir d’une période personnelle difficile. »

    Dans le cadre de sa tournée, Orville Peck sera de passage à Montréal le 7 août, soit le dernier jour des célébrations de la Fierté à Montréal (juste au cas où ça donnerait des idées à l’équipe de Fierté Montréal…).

    ORVILLE PECK AU THÉÂTRE CORONA – DIMANCHE 7 AOÛT 2022
    BILLETS SUR WWW.EVENKO.CA

    INFOS | www.orvillepeck.com

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