Mercredi, 8 février 2023
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    Vita Love: la responsabilité de faire la différence

    Le danseur, chorégraphe et acrobate torontois Joey Arrigo avait tout pour lui et tous ses rêves se réalisaient les uns après les autres. À 19 ans, il avait déjà remporté trois championnats Dance Masters of America et avait fait un malheur à la télévision nationale lors de son passage à So You Think You Can Dance Canada. Son plus grand rêve était aussi devenu réalité : il parcourait le monde dans la peau du personnage principal du spectacle KOOZA, du Cirque du Soleil. Tout allait parfaitement et Joey suivait la destinée étoilée qui lui était promise jusqu’à ce jour de 2016, où il reçoit une nouvelle qui allait redéfinir sa personne et son art pour toujours. Celui qui incarne aujourd’hui la délicieuse Vita Love, sœur de Priyanka, partage son récit afin d’envoyer un message de résilience aux personnes touchées par le VIH.


    Vita Love est sexy et fracassante, mais elle a un message fort à partager. Comment est-elle née ?
    Vita Love : Je réfléchissais à l’idée de performer en tant que drag queen depuis longtemps. Les drags ont eu un impact important sur le moral collectif en continuant de faire rire et danser les communautés lors de la crise du VIH des années 80. C’est un rôle qui me rejoint et j’avais envie d’utiliser mon art pour dire aux gens touchés par le VIH qu’ils peuvent avoir une vie heureuse et excitante malgré la maladie. Je voulais que Vita Love soit un symbole pour la communauté séropositive, c’est pourquoi la couleur rouge, qui représente la vie, fait beaucoup partie de son univers et pourquoi le « T » de son nom est présenté sous forme « + ». Par ailleurs, comme je connais bien Xtacy Love, c’était naturel que Vita devienne sa fille, rejoignant la « Haus of love » aux côtés de Priyanka et de Veruschka.

    Crédit photo: Fabian di Corcia

    Tu as appris que tu avais contracté le VIH dans un contexte difficile. Comment se sont passées les choses ?
    Vita Love : C’était en 2016. J’étais à ce moment-là en tournée en Amérique latine et j’avais à peine 24 ans. J’étais malade, mais la barrière de la langue et le manque probable de ressources spécialisées dans le pays où j’étais ont fait que je suis reparti de l’hôpital sans diagnostic ou médication précise. Je me suis rétabli, mais je suis immédiatement retombé malade quand la tournée est arrivée en Australie après l’Amérique du Sud. C’est là qu’on m’a annoncé que j’avais contracté le VIH, à l’autre bout du monde, tout seul, sans famille ni proches. Je suis donc revenu au Canada, où j’ai pu recevoir
    l’accompagnement nécessaire.

    Comment t’es-tu senti quand tu as reçu la nouvelle ?
    Vita Love : Je pensais que j’allais mourir, mais étonnamment je suis passé à l’acceptation immédiatement. Je pensais que j’allais sombrer dans une telenovela dramatique et éclater en sanglots, mais non (Rires.) ! Je me disais que j’avais fait le tour du monde, que j’avais réalisé mon rêve en décrochant le rôle de ma vie, donc je pouvais mourir en paix. Quand j’ai rencontré ma médecin en revenant au Canada, je lui ai fait part de ma conclusion.

    C’est là qu’elle m’a appris que je ne m’en allais nulle part et que j’allais mener une vie à peu près normale. Je n’en croyais pas mes oreilles ! J’étais soulagé, mais tout de même très triste durant cette période. Ma mère, qui est pharmacienne, est assez familière avec la maladie. Elle est donc venue me voir un jour en disant : « Assez la déprime ! Lève-toi, et va faire des shows ! ». Elle faisait référence au Cirque du Soleil, qui commençait la création d’un nouveau spectacle au même moment. Je suis donc revenu à Montréal et j’ai pu développer et incarner le personnage principal de VOLTA.

    Pourquoi est-ce important pour toi de parler de ton histoire ?
    Vita Love : Un jour, j’étais à Montréal et un garçon est venu se confier à moi parce qu’il a vu mon statut sérologique en ligne. Il venait de recevoir la même nouvelle et il pensait au suicide. J’ai alors compris qu’il était crucial de parler publiquement. En tant qu’artiste, si on nous donne un micro ou une scène, c’est notre responsabilité de tenter de faire une différence. Si Vita Love peut se botter les fesses et enflammer une scène malgré la maladie, il y a de l’espoir pour vous tous aussi ! Les humains sont résilients, on peut faire le choix de vivre une journée de plus, on doit le faire !

    As-tu un message à partager avec les jeunes ?
    Vita Love : Peu de jeunes connaissent quelqu’un qui est mort du sida, ils peuvent donc avoir l’impression que la maladie est moins présente. Il faut s’informer ! On ne peut jamais être trop cool s’éduquer. Au contraire ! Plus on connait les risques reliés aux ITSS, par exemple, plus on peut avoir du plaisir en toute sécurité.

    As-tu des projets à partager avec tes fans montréalais ?
    Vita Love : Je suis en prestation un peu partout à Toronto, mais j’ai très hâte de revenir à Montréal ! J’ai récemment remporté le prix de la meilleure vidéo pour mon premier clip lors du Toronto Arthouse Film Festival, donc il y aura d’autres surprises à venir de ce côté !

    On peut suivre mes nouvelles sur Instagram (@TheStarVitaLove) !

    Steven Ross [email protected] 


    INFOS | instagram.com/thestarvitalove

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