Mercredi, 24 juillet 2024
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    Onze cyberharceleurs d’Eddy de Pretto condamnés à la prison

    Onze personnes ayant harcelé en ligne le chanteur français Eddy de Pretto, après un concert en juin 2021 dans une église parisienne, ont été condamnées lundi à Paris à des peines allant de trois à six mois de prison avec sursis.

    Ces jeunes hommes ont été condamnés pour des messages qualifiant notamment l’artiste de gigantesque fiotte et l’accusant d’avoir souillé leur foi catholique en interprétant une chanson évoquant l’homosexualité dans l’église Saint-Eustache, au cœur de la capitale française.

    Lors du procès, au début de novembre, le chanteur de 29 ans était venu témoigner de l’impact dévastateur des quelque 3000 messages qui l’avaient ciblé sur les réseaux sociaux après son concert.

    Nous serons là à chaque date pour te rappeler que l’armée de Dieu ne laisse pas ce genre de blasphème impuni, gros sac à merde à souiller notre religion, à bas la République qui nous fabrique des sous-hommes de cette espèce, clamaient quelques-unes de ces publications sur Instagram.

    J’ai eu très peur de sortir de chez moi, des troubles du sommeil […] des troubles dépressifs, je n’arrivais pas à comprendre cette violence, avait déclaré Eddy de Pretto.

    Présentant des profils très divers, mais revendiquant, pour la plupart, leur attachement au catholicisme, les prévenus avaient affirmé s’être sentis «humiliés» par le terme de «sodomite» utilisé par Eddy de Pretto à l’église Saint-Eustache.

    Certains avaient également tenté de se justifier en récusant toute intention violente et en mettant «en avant» leur volonté de poser «un cadre juridique pour la défense de notre société».

    Lors de l’audience, la procureure avait qualifié leurs messages «d’abus à la liberté d’expression» et rappelé que «le blasphème et les atteintes à la religion ne sont pas réprimés par le droit».

    Eddy de Pretto s’est dit très satisfait de la décision du tribunal, a déclaré lundi à la presse un de ses avocats, Me Martin Lémery.

    «Le tribunal rappelle qu’on ne peut pas impunément se livrer au lynchage numérique d’une personne dont les engagements publics, l’orientation sexuelle ou la personnalité ont eu le malheur de heurter certains extrémistes», a-t-il ajouté.

    L’avocat a émis le souhait que cette décision puisse «être une nouvelle pierre à l’édifice jurisprudentielle dans la lutte contre les discriminations et le harcèlement de meute sur Internet».

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