Le balado «Ensemble pour toustes», de quoi être fier.e.s

Fierté Montréal lançait, le 28 novembre dernier, une série de dix balados appelée «Ensemble pour toustes». Animés par l’humoriste politico-sociale Coco Belliveau et réalisés par Marie-Hélène Frenette-Assad, ces épisodes tentent de couvrir une multitude de sujets LGBTQ+, mais en insistant sur les réalités à l’extérieur des grandes villes telles que Montréal ou Québec. Quelle est la vie queer dans une région, quand on est fermier ou fermière, qu’on est propriétaire d’un bar, etc. ? Quels sont les préjugés que l’on rencontre encore ? Mais aussi quelles sont les avancées, les ouvertures ? C’est l’objectif de Fierté Montréal avec «Ensemble pour toustes» !

Fierté Montréal avec «Ensemble pour toustes» !    
Au moment de rédiger cet article, Fierté Montréal avait déjà diffusé les sept premiers épisodes qui abordent «les soins trans-affirmatifs en région, les bars queer, des espaces de rencontre pour nos communautés, être queer au travail ainsi que dans le milieu agricole, la scène artistique et la santé sexuelle, le tout dans le contexte régional hors les grands centres urbains», souligne Oswaldo Gutiérrez Bayardi, le responsable des communications et marketing chez Fierté Montréal. «Les prochains épisodes portent sur les familles 2SLGBTQIA+, les festivals de la fierté en région et finalement il y a un épisode dédié à Fierté Kuujjuaq !».

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Lorsqu’on écoute quelques épisodes, on est captivé par les interventions des diverses personnes, par leur sincérité, leur ouverture à discuter de certains sujets qui leur sont parfois très personnels et même parfois intimes. On est touché par leurs combats mais aussi par leur volonté, leurs désirs de rendre se monde meilleure pour toutes les communautés LGBTQ+. 

«J’ai vraiment adoré de faire cette série de balados», dit Coco Belliveau, qui était en nomination au Gala des Olivier, en 2021. Premièrement, c’était un bon défi, mais c’était tellement le fun de se faire approcher par Fierté Montréal, pour un tel projet qui représente nos valeurs. Ensuite, j’ai trouvé que les invité.e.s étaient drôles, intéressant.e.s et touchant.e.s. J’ai vraiment beaucoup aimé et adoré chacun de ces épisodes et l’équipe est réellement incroyable, Marie-Hélène Frenette-Assad possède une grande sensibilité et pour trouver les bons mots pour que tout soit dit dans un langage inclusif. »

De ce que l’on a déjà pu entendre, y a-t-il quelque chose qui a surprise Coco Belliveau? «Je m’intéresse pas mal aux histoires de nos communautés, mais ce qui m’a surpris c’est lorsque j’ai fait l’épisode sur Fierté agricole», évoque-t-elle. «Je ne m’attendais pas à ce que Fierté agricole ai été créée à cause d’un besoin, en raison de l’isolement de ses membres. Je vis en ville, je ne sais pas comment cela se passe en campagne. Mais ça, c’est vraiment un épisode que j’ai adoré faire. Il y a aussi la fois qu’on a abordé les bars queers en régions et ce que cela entraîne encore de nos jours pour certaines personnes [et la crainte de celles-ci d’aller dans un bar LGBTQ+]. Je pense que ce podcast est venu palier à un manque d’informations qu’on a en ville. On oublie très souvent cette réalité-là, en particulier. »

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Tous les balados sont offerts gratuitement sur le site de Fierté Montréal. Puisque ceux-ci sont diffusés presque aux deux semaines, il reste donc encore «Minivan familiale 2SLGBTQIA+», le 5 mars, «Sur la route des Fiertés», le 19 mars et, enfin, «Destination Kuujjuaq» (en versions française et anglaise), le 29 mars.

«Dans le segment pour la famille, on voit comment le noyau familial change, évolue, se transforme, mais qu’il y a encore beaucoup d’hétéronormativité au moment d’inscrire ses enfants à l’école, par exemple, et qu’on retrouve dans les formulaires «père» ou «mère», c’est très hétéronormé, explique Coco Belliveau, diplômée de l’École nationale de l’humour . On voit aussi comment la famille [traditionnelle] se déconstruit mais, également, comment elle se reconstitue avec ces deux papas gais qui adoptent un enfant. C’est très touchant d’entendre ça. Cela faisait chaud au cœur.»

«Il y a tellement de beaux festivals de la Fierté qui s’organisent dans les régions, on s’est promené pour voir comment ces nouvelles Fiertés pouvaient surprendre leurs communautés par leur créativité. On se rend compte qu’il y a des Fiertés partout et que partout on rencontre des gens LGBTQ+. La Fierté de Kuujjuaq a son propre épisode, parce que c’est aussi une belle histoire à raconter. Les jeunes de cette ville se sont battus pour avoir le financement pour la Fierté. Cela leur avait d’abord été refusé par les elders (anciens) de la communauté, mais les gens se sont ralliés à eux et ont fait pression pour qu’ils puissent avoir de l’argent. Ça fait maintenant trois ans qu’ils célèbrent la Fierté là-bas. On voit, encore-là, comment les choses ont bougé, c’est très intéressant », souligne avec passion Coco. 

Pense-t-elle qu’il y aura une suite ? «Je ne sais pas. Cela a vraiment été construit pour être une seule série au cours de laquelle on peut ratisser assez large, avec de grandes catégories, de discuter de choses dont on a rarement parlé. Évidemment ce serait intéressant de pouvoir creuser plus, de voir encore plus loin. C’est certain que j’adorerai travailler là-dessus encore et continuer… »

INFOS | https://fiertemontreal.com

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Coco…
Si vous désirez voir Coco Belliveau sur scène, sachez que vous pouvez la trouver les mercredis soir, dès 19h30, à la Soirée idéale, au bar l’Idéal (sur Saint-Denis, à Montréal). Bien entendu, il y a plusieurs invité.e.s et la coanimation est assurée par Anne-Sarah Charbonneau. «Anne-Sarah est très drôle et elle est aussi sensible comme moi ! C’est essentiellement un show féministe avec des invité.e.s qui sont issu.e.s de la diversité. C’est un show qui devient un safe space queer et féministe. On a vraiment beaucoup de fun !», dit Coco Belliveau en rigolant.

Dans un tout autre régistre, on peut apercevoir Coco Belliveau et d’autres humoristes (comme Jean-François Mercier, Mario Jean ou encore Cathy Gauthier), dans le documentaire Le clown est triste, réalisé par Emmanuelle Plante et Giuliano Bossa (pour le compte de Bell Cause pour la cause). Il s’agit d’un documentaire qui tente de comprendre et de démystifier les enjeux de santé mentale dans le milieu de l’humour. «On parle vraiment de la santé mentale chez les humoristes. C’est à voir…»

INFOS | https://www.cocobelliveau.com

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