Oubliez le comte ténébreux tapi dans l’ombre des châteaux gothiques. À partir du 11 septembre 2025, Dracula, une comédie des horreurs débarque à La TOHU pour sa première mondiale en français — et il ne ressemble en rien au vampire que vous croyez connaître. Flamboyant, sexy, excessif et irrésistiblement drôle, le Dracula incarné par Éric Robidoux s’annonce comme une véritable icône camp, prête à mordre la rentrée montréalaise à pleines dents.
Inspirée du succès new-yorkais de 2023, la pièce écrite par Gordon Greenberg et Steve Rosen réinvente l’œuvre Bram Stoker dans une version où la terreur gothique se mêle à l’humour noir. Traduit par Maryse Warda, ce texte devient en français un terrain de jeu où l’excès est roi et où l’horreur flirte avec le burlesque.
Le vampire aristocratique devient ici une créature flamboyante qui se rapproche davantage d’une diva que du monstre sombre de nos classiques. Costume rouge sang, poses théâtrales, regards de braise : Dracula quitte la crypte pour entrer dans une dimension plus proche d’une maison hantée sensuelle que des Carpates lugubres. Et si le roman parlait déjà d’obsession et de désir interdit, cette adaptation ose l’assumer pleinement, sans détour.
Hugo Bélanger, le maître de l’excès
Pour orchestrer ce festin théâtral, il fallait un metteur en scène prêt à embrasser l’extravagance. Le choix de Hugo Bélanger s’impose comme une évidence. Visionnaire reconnu, il a déjà métamorphosé Alice au pays des merveilles et Pinocchio en voyages sensoriels qui ont conquis les scènes d’Amérique, d’Asie et du Moyen-Orient. Bélanger a toujours eu un flair particulier pour les univers où l’imaginaire déborde, où la frontière entre le merveilleux et le grotesque se brouille. Avec Dracula, une comédie des horreurs, il se permet une plongée dans un théâtre assumé comme « trop » : trop drôle, trop sanglant, trop excessif… bref, résolument queer dans sa manière de refuser la sobriété.
Éric Robidoux, un vampire irrésistible
La pièce repose en grande partie sur la performance d’Éric Robidoux, acteur et danseur qui a déjà marqué les scènes montréalaises avec des rôles physiques et habités. Ici, il devient Dracula — non pas en créature froide, mais en bête de scène. Dans les premières images diffusées, Robidoux incarne un vampire sexy et décadent, quelque part entre Molière drag-queen et prince gothique sorti d’une rave berlinoise.
« J’attendais un rôle comme ça sans le savoir », confie-t-il. « Dracula, c’est le plaisir de plonger dans un personnage qui se nourrit d’excès, de désir et de théâtralité. »
On pense immédiatement aux codes du camp : le détournement de l’horreur en comédie, la glorification du kitsch, l’exagération comme art. Dans cette lecture, Dracula devient moins un monstre qu’une diva — un personnage qui séduit autant par son ridicule que par sa dangerosité.
Le vampire, toujours queer
Depuis ses origines, le mythe du vampire a toujours porté une charge queer. En 1897, le roman de Bram Stoker évoquait déjà le désir interdit, la transgression des normes sexuelles et l’angoisse de l’invasion. Au cinéma et au théâtre, Dracula est tour à tour androgyne, sensuel, ambigu, flirtant constamment avec l’homoérotisme. Cette nouvelle adaptation embrasse pleinement cette dimension. En présentant un Dracula flamboyant et ouvertement camp, la pièce transforme ce symbole de l’horreur victorienne en miroir des désirs queer contemporains. L’amour, l’obsession et la peur se mélangent dans une atmosphère qui rappelle autant les bals masqués queer que les classiques films de série B.
Une fête théâtrale pour la rentrée
Et la musique n’échappera pas à cette démesure. Préparez-vous à un voyage sonore qui glisse sans complexe du romantisme victorien aux pulsations électro-pop dignes d’un dance floor queer. Chaque scène s’accompagne d’un univers musical qui oscille entre l’élégance gothique et l’énergie des nuits festives, transformant l’horreur en véritable party théâtral. Comme Dracula lui-même, la partition se nourrit de contrastes : classique et kitsch, sombre et lumineux, nostalgique et résolument moderne. Au-delà de sa dimension politique et symbolique, Dracula, une comédie des horreurs est aussi une grande fête théâtrale.
Les spectateurs seront transportés des châteaux hantés aux cabarets endiablés, dans une ambiance où le macabre se marie au festif. L’espace immersif de La TOHU devient un cabaret sanglant où l’on rit, où l’on sursaute et où l’on se laisse séduire. Le public montréalais a déjà répondu présent : devant l’engouement, plusieurs représentations supplémentaires ont été ajoutées. Après son passage à Montréal, le spectacle fera aussi escale à Québec, prolongeant ainsi son étreinte vampirique.
Un projet porté par l’audace
La production est signée par Les Productions Bon jusqu’à la dernière goutte, nouvelle compagnie fondée par Mike Mendell et Paul Flicker. Leur mission : secouer la scène théâtrale montréalaise avec des spectacles spectaculaires et innovants. « On voulait créer une expérience où l’humour noir, la sensualité et l’horreur se rencontrent », explique Mendell. « Avec Hugo Bélanger et une distribution de ce calibre, on savait que Dracula pouvait devenir un événement qui dépasse le simple divertissement. »
Une invitation à mordre à pleines dents
Qu’on aime les histoires de vampires, les comédies noires ou simplement les expériences théâtrales qui sortent de l’ordinaire, Dracula, une comédie des horreurs promet une rentrée électrisante. Plus qu’une parodie, c’est une véritable réinvention qui célèbre la liberté queer : celle de transformer la peur en rire, l’horreur en fête, le monstre en diva. À La TOHU, en septembre prochain, Dracula ne cherchera pas seulement à boire votre sang : il vous invitera aussi à danser, à rire et peut-être à tomber amoureux… de lui.
INFOS | Dracula, une comédie des horreurs à la TOHU, Montréal, du 11 au 26 septembre 2025, dans une mise en scène d’Hugo Bélanger, avec Éric Robidoux (Dracula).
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– Article publié le 28 août 2025

