Dimanche, 29 mars 2026
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    Un tueur en série fictif secoue la communauté gaie montréalaise dans «Indéfendable»

    La série télé judiciaire Indéfendable, diffusée à TVA, introduisait la semaine dernière une intrigue sombre qui résonne douloureusement avec un pan récent de l’histoire criminelle canadienne. Un présumé tueur en série ciblant des hommes gais sème la terreur à Montréal — une trame librement inspirée de l’affaire Bruce McArthur, qui avait bouleversé la communauté LGBTQ+ de Toronto, (mais en extrapolant aux années 90, une série de meurtres homophobies avaient aussi ébranlée la communauté gaie de Montréal).

    Les téléspectateurs les plus attentifs auront rapidement reconnu les parallèles. La showrunner et autrice principale, Izabel Chevrier, confirme s’être inspirée du cas McArthur — tout en précisant qu’elle puise souvent dans plusieurs faits divers pour construire ses intrigues.

    « C’est effectivement inspiré de Bruce McArthur, mais aussi d’une autre histoire de bouts de cadavres dissimulés sur des terrains en Europe. Je m’inspire souvent de deux ou trois causes qui ont des points communs pour en créer une », a-t-elle expliqué à l’Agence QMI.

    Un écho troublant à une tragédie bien réelle
    Entre 2010 et 2018, Bruce McArthur, un paysagiste torontois, a assassiné huit hommes, pour la plupart issus de la communauté gaie et souvent racisés. Il rencontrait ses victimes, entretenait des relations sexuelles avec elles, puis les tuait avant de démembrer leurs corps et d’enterrer les restes dans les plates-bandes de ses clients.

    Son arrestation, le 18 janvier 2018, est survenue alors que la police craignait pour la vie d’un homme aperçu entrant chez lui. Les agents ont découvert cette personne attachée à un lit. Un an plus tard, McArthur plaidait coupable à huit chefs de meurtre au premier degré et était condamné à la prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.

    L’affaire avait aussi provoqué une onde de choc au sein du Service de police de Toronto, critiqué pour avoir tardé à reconnaître l’existence d’un tueur en série ciblant des hommes gais. Plusieurs enquêtes internes et externes avaient été déclenchées à la suite des disparitions.

    Une fiction ancrée dans la peur collective
    Dans Indéfendable, le personnage de Paul Beaulac, interprété par David Savard, semble suivre un modus operandi similaire. Homme à tout faire discret, il est soupçonné d’avoir assassiné des hommes gais et d’avoir dissimulé leurs restes dans les jardins de ses clientes.

    Lundi, l’étau se resserre lorsque des restes humains sont découverts sur le terrain de Mariana Pharand (Julie Carrier-Prévost). Beaulac lui avait été recommandé par son amie Cynthia Fortier (Anie Pascale), au grand dam du conjoint de cette dernière, Jean Dutil (Éric Hoziel), qui se méfiait de lui.

    Ignorant d’abord que la police a fait cette macabre découverte, Beaulac sent néanmoins la pression monter et consulte l’avocat criminaliste Léo MacDonald (Sébastien Delorme). Plus tard dans la semaine, l’avocat Sacha Therrien — incarné par Michel Charette — entre en scène pour épauler la défense. Charette retrouve ainsi Delorme, son ancien collègue de District 31. Selon nos informations, son personnage devrait revenir à d’autres moments de la saison, à l’instar de Me Boileau (Peter Miller).

    Rita Baga dans l’univers de la série
    La série accueille également Jean-François Guevremont, alias Rita Baga, dans le rôle de Madamoiseau, une drag queen qui connaît bien Paul Beaulac. Dans la fiction, Beaulac aime se travestir et aurait entretenu une relation avec Élie Lajoie (Michaël Dubé), un homme disparu peu après leur rencontre. Il pourrait aussi être lié à la disparition non résolue de Sam Lachapelle.

    La présence d’un personnage issu de la scène drag montréalaise ajoute une dimension particulière à cette intrigue, qui met en lumière la vulnérabilité persistante de certains membres de la communauté LGBTQ+ face à la violence.

    Une autre menace en toile de fond
    En parallèle, la série développe une seconde trame inquiétante : celle de Marc Durand (Olivier Lamarche), propriétaire d’une boucherie et figure masculiniste hypermisogyne, accusé d’avoir poignardé la chroniqueuse féministe Barbara Morel (Marie-Josée Tremblay). Cette intrigue, bien que distincte, s’inscrit elle aussi dans une réflexion sur les violences motivées par la haine et l’idéologie.

    Fiction et mémoire collective
    En s’inspirant de l’affaire McArthur, Indéfendable ravive un traumatisme encore récent pour de nombreux gais canadiens. Si la série demeure une œuvre de fiction, elle s’appuie sur une réalité qui a profondément marqué la communauté LGBTQ+ et mis en lumière les failles institutionnelles dans la protection des minorités.

    Reste à voir comment la production naviguera cet équilibre délicat entre suspense télévisuel et mémoire d’une tragédie bien réelle.

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