Une modification récente des règles d’immigration aux États-Unis suscite de vives inquiétudes parmi les communautés LGBTQ+, en particulier chez les personnes trans. Cette nouvelle mesure, qui doit entrer en vigueur le 10 avril, pourrait entraîner des refus de visas, voire des révocations de statuts migratoires, en cas de « fausse déclaration ».
Selon une mise à jour publiée dans le Federal Register, cette réforme touche notamment le programme de visas de diversité. Les autorités américaines affirment vouloir « renforcer l’intégrité » du système et lutter contre la fraude. Toutefois, plusieurs observateurs estiment que les nouvelles exigences pourraient avoir des conséquences disproportionnées pour les personnes transgenres.
Concrètement, les demandeurs devront désormais fournir des documents d’identité, incluant une copie des pages biographiques et de signature de leur passeport. Mais le changement le plus significatif réside dans la terminologie utilisée : le terme « genre » a été remplacé par « sexe », et les candidats devront indiquer leur « sexe biologique à la naissance », même si celui-ci diffère des informations figurant sur leurs documents actuels.
Cette évolution s’inscrit dans la foulée d’un décret de l’administration de Donald Trump, visant à redéfinir les critères utilisés par les institutions fédérales en matière d’identité de genre. Le texte précise que le terme « sexe » renvoie exclusivement au sexe assigné à la naissance et limite les options disponibles à « masculin » ou « féminin ».
Le règlement stipule également que les informations fournies dans une demande de visa doivent correspondre au sexe assigné à la naissance, même si celui-ci diffère de celui inscrit sur le passeport ou d’autres documents officiels du pays d’origine. Une incohérence pourrait ainsi être interprétée comme une fausse déclaration.
Pour les personnes trans, cette exigence soulève des préoccupations majeures. Des experts et groupes de défense craignent que le fait de ne pas indiquer le sexe assigné à la naissance — ou de présenter des documents discordants — puisse entraîner un refus de visa, voire une révocation du statut migratoire pour les personnes déjà présentes sur le territoire américain.
Au-delà des nouvelles demandes, certains s’inquiètent également des répercussions pour les résidents actuels. Dans certains cas, une telle divergence d’information pourrait être utilisée pour justifier des procédures d’expulsion, bien que l’application concrète de ces mesures reste à préciser.
Cette réforme intervient dans un contexte plus large de débats sur les droits des personnes trans aux États-Unis. Elle illustre les tensions persistantes entre les politiques migratoires, les définitions administratives de l’identité et les réalités vécues par les personnes concernées.
Si les autorités invoquent la nécessité de mieux encadrer les processus d’immigration, plusieurs voix appellent à une approche plus nuancée, qui tienne compte des parcours et des identités des personnes trans, afin d’éviter des conséquences jugées discriminatoires.

